Mes Chroniques »

Stop à l’incivisme !

Stop à l’incivisme !

18/08/2018 – 3:35 | No Comment | 441 views

Dans l’éditorial de la revue municipale « Bastiamag’ » de juillet-août, Pierre Savelli, Maire de Bastia, jette un gros pavé dans la mare. Il a osé s’en prendre à l’incivisme ambiant qui détruit notre environnement quotidien et …

Read the full story »
Actualités
Histoire
Actualités
Tourisme
Corsica

Actualités »

Le Congo Kinshasa, le pays où les lendemains ne chantent jamais !

16/08/2018 – 4:05 | No Comment | 177 views

L’auteur à Uvira en 2014

La République dite « démocratique » du Congo est un pays que je connais bien. J’y ai vécu et travaillé plusieurs années. Des gens qui me sont chers y vivent et m’envoient régulièrement des nouvelles, bonnes parfois, mauvaises dans la plupart des cas. J’ai souvent écrit sur ce pays. Souvent, j’ai dénoncé ce qui s’y passait. C’est d’ailleurs l’ancien Zaïre qui m’a amené à écrire mon premier livre[1], dans lequel je témoignais, entre autres, de mon expérience relative à la démobilisation d’enfants soldats. Depuis lors, je n’ai jamais cessé de dénoncer et de témoigner. Je n’ai pas eu de mots assez durs pour décrire l’occupation rwando-ougandaise trop longtemps subie par la partie orientale du pays et les massacres et pillages systématiques que cela a entraîné des années durant. J’ai souvent dénoncé les seigneurs de la guerre (souvent encouragés et soutenus par les occupants) qui ont mis ce pays à sac, même celui qui tente une nouvelle fois de se présenter aux suffrages des Congolais afin de se faire élire président de la République. Cela fait quinze ans que j’essaye, à mon modeste niveau, de me faire le portevoix des sans voix congolais : enfants soldats, enfants de la rue, enfants accusés de sorcellerie, enfants emprisonnés, enfants contraints de creuser dans des mines artisanales, illégales et dangereuses, personnes déplacées par les exactions de la soldatesque, qu’elles soient congolaises ou étrangères, survivants de massacres. Il m’est même arrivé d’évoquer le braconnage et les tueries d’animaux sauvages tels que les magnifiques okapis, une espèce en voie de rapide disparition que l’on trouve, encore pour combien de temps, au Congo seulement.

Depuis quinze ans, j’espère en un renouveau congolais. Mais chaque fois, mes espoirs sons déçus car, au Congo, les lendemains ne chantent jamais. La classe politique depuis la fin de la dictature cleptocratique du maréchal Mobutu, n’a jamais été en mesure de répondre aux attentes de la population. Ces politiciens démagogues qui promettent monts et merveilles et qui achètent les voix lors des campagnes électorales et qui, une fois élus, détournent l’argent public et prennent de généreuses commissions sur les contrats eux aussi publics, sans doute afin de se rembourser de l’argent gaspillé durant la campagne et de s’enrichir le plus rapidement possible. Ces politiciens qui aiment tant se faire appeler « Excellence » alors qu’ils n’excellent en rien.

Parfois, j’aimerais pourtant écrire positivement au sujet du Congo/Zaïre. Je voudrais évoquer la beauté de ce vaste pays grand comme près de cinq fois la France. Je souhaiterais décrire les riches potentialités de ce territoire situé des deux côtés de l’équateur, où, au même moment, il est possible de semer au nord tandis que l’on récolte au sud. Je pourrais aussi rappeler ce qui est parfois qualifié de « scandale géologique », tant le sous-sol congolais recèle de richesses dont la longue liste deviendrait vite fastidieuse à établir : diamants, cuivre, cassitérite, coltan, pétrole, gaz, uranium, etc. Il me faudrait aussi signaler que la grande forêt primaire du bassin du Congo, pourtant si malmenée par des investisseurs sans scrupule, est l’un des principaux « poumons » de notre planète. Je devrais également mentionner que c’est au Congo que coule l’interminable fleuve qui a donné son nom au pays, et qu’avec ses affluents il constitue une superbe voie de communication procurant en outre une manne permettant à des millions de gens de survivre, grâce à la pêche et au commerce. Ce réseau hydrographique incomparable offre aussi d’immenses possibilités de développement hydroélectrique qui pourraient transformer le pays en gigantesque batterie fournissant en électricité tout le cône sud du continent. Enfin, je n’oublierais jamais de nommer la principale richesse du pays : sa population ! Ce peuple industrieux qui, grâce à son dynamisme, à son inventivité et à sa créativité est parvenu à surmonter toutes épreuves sous tous les régimes et sous l’occupation. Comment ne pas être surpris par la variété de « systèmes D » qui permettent aux hommes et aux femmes de ce pays de survivre, malgré les salaires dérisoires de surcroît souvent impayés et la rapacité des militaires et des policiers, sans oublier celle de certains fonctionnaires. Chacun a recours à mille et un petits boulots des plus inimaginables.

La partie orientale du Congo est une région martyre qui, depuis 1996, n’en finit pas de sortir de la guerre, imposée par deux de ses voisins. Lors de mes séjours dans l’est du pays, j’ai été témoin de l’occupation rwandaise et ougandaise, de l’oppression, des pillages et des atrocités. J’y ai aussi vécu une catastrophe naturelle. Comme si les affres de l’occupation et de la guerre ne suffisaient pas, une bonne partie de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu fut recouverte par la lave, lors de l’éruption du volcan Nyiragongo, en 2002. Le Nord-Kivu et l’Ituri ont été le théâtre des atrocités de « rébellions » successives, le plus souvent commanditées et soutenues par le Rwanda voisin.

Et puis, il y a cette terrible fièvre Ebola qui toujours réapparaît dans l’un ou l’autre des provinces du Congo. Ebola est d’ailleurs le nom d’une rivière congolaise autour de laquelle eut lieu une première épidémie, en 1976. Dernièrement, le monde s’est réjoui du communiqué officiel des autorités sanitaires annonçant la fin d’une énième épidémie, cette fois dans la province de l’Équateur, au nord-ouest du pays. Malheureusement, de nouveaux cas viennent d’être signalés, cette fois-ci dans une zone très peuplée et en proie à l’insécurité, la partie septentrionale de la province du Nord-Kivu. L’Organisation Mondiale de la Santé s’inquiète pour la sécurité des humanitaires et de la population. La zone constituant l’épicentre de l’épidémie est une zone de guerre. Dans un communiqué, l’OMS demande à avoir un accès sécurisé pour atteindre les malades. Son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu samedi dernier à Mangina, épicentre de cette nouvelle épidémie.   « Tous ceux qui participent à la riposte doivent pouvoir se déplacer librement et en toute sécurité dans les zones de conflit pour effectuer le travail nécessaire pour maîtriser l’épidémie », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus à l’issue de sa visite de deux jours dans le pays. Sans un accès libre et sécurisé, il sera en effet impossible de lutter efficacement contre la propagation l’épidémie, de la contenir et enfin de la réduire.  Dans cette partie du Nord-Kivu, les déplacements des humanitaires ne se peuvent se faire qu’avec des escortes militaires. L’OMS craint non seulement pour la sécurité du personnel humanitaire mais aussi pour celle des populations. L’insécurité ambiante risque de décourager les gens de fréquenter les centres de traitement pour s’y faire soigner. Le bilan provisoire de cette nouvelle épidémie est de trente-huit décès, selon le ministère de la Santé congolais. Le dernier décès a été enregistré à Beni, alors que quatre nouveaux cas confirmés ont été découverts à Mabalako, toujours dans la province du Nord-Kivu, d’après ce nouveau bilan du ministère. Selon les dernières nouvelles, l’épidémie pourrait gagner la province voisine de l’Ituri, elle aussi affectée par l’insécurité.

Je rappelle que c’est dans le secteur de Beni, au Nord-Kivu, que sévit un mystérieux groupe armé venu d’Ouganda, l’ADF/NALU. En toute impunité, cette rébellion s’est rendue coupable, depuis plusieurs années de nombreux massacres de populations civiles que les casques bleus de l’ONU et les forces armées congolaises ont été impuissants à protéger. En avril dernier, je m’étais déjà fait l’écho[2], de l’appel lancé par Mgr Melchisédech Sikuli Paluku, l’évêque du diocèse catholique de Butembo – Beni. Cet appel était contenu dans la lettre pastorale publiée à l’occasion des fêtes pascales. Elle constituait un véritable cri d’alarme et de détresse. J’imagine le désespoir actuel de ce prélat et de ses fidèles, alors qu’Ebola se répand dans le diocèse déjà endeuillé par les massacres d’une rébellion sans cause ni but précis !

Pendant que ces drames se déroulent, à Kinshasa, la comédie préélectorale se poursuit. L’ancien chef de guerre Bemba a pu regagner son pays et faire enregistrer sa candidature tandis que le suspens, côté présidentiel, prenait fin : non, le président sortant, Joseph Kabila, ne se représentera finalement pas. Il a fini par jeter l’éponge, face aux pressions grandissantes de l’opposition, de l’Église catholique et de la communauté internationale. La constitution, qu’il avait lui-même promulgué, ne l’autorisait pas à se présenter à nouveau, et son mandat actuel avait pris fin depuis décembre 2016 ! Il était malgré tout parvenu à se maintenir illégalement au pouvoir en utilisant divers prétextes comme la nécessité de mettre à jour la liste des électeurs, processus qui aurait pourtant dû être accompli depuis longtemps, en prévision de l’échéance électorale ! C’est finalement Emmanuel Ramazani Shadari, ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et secrétaire permanent du PPRD, le parti présidentiel, qui a reçu l’onction de Joseph Kabila pour se présenter à sa place. Ce « Medvedev » congolais est originaire de la province du Maniema, dans l’est du pays. Très proche du président sortant, le candidat désigné n’est pas un nouveau venu sur la scène politique congolaise. Si la non candidature de Joseph Kabila a certainement soulagé nombre de dirigeants africains et occidentaux, le nom de Ramazani Shadari est loin de faire l’unanimité, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Congo-Kinshasa. En ses qualités de vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de décembre 2016 et jusqu’à son départ du gouvernement en février dernier, il a été responsable de la police et des services de sécurité. À ce titre, l’Union européenne, qui l’a inscrit sur une liste noire le 29 mai 2017, le considère comme responsable des arrestations de militants et de membres de l’opposition ainsi que de l’usage disproportionné de la force. On lui reproche en particulier l’action violente contre les membres du Nouveau Mouvement religieux Bundu dia Kongo, la répression à Kinshasa en janvier et février 2017 et la répression violente dans la province du Kasaï.  Les sanctions à son encontre incluent l’interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et un gel de ses avoirs.

Du côté de l’opposition, il convient de citer la candidature de Félix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique décédé en février 2017 à Bruxelles, Étienne Tshisekedi. Il se présente au nom de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti fondé par son père et dont il a pris la présidence depuis mars dernier. Un poids lourd de l’opposition n’est cependant pas parvenu à faire enregistrer sa candidature. Il s’agit de Moïse Katumbi, gouverneur de la province du Katanga de février 2007 à septembre 2015. Il quitta ses fonctions après avoir claqué la porte du PPRD, le parti présidentiel. Il fonda par la suite sa propre plateforme électorale baptisée « Ensemble pour le changement » et il n’a pas caché ses ambitions présidentielles. Très populaire, en particulier au Katanga, ce riche homme d’affaires est en outre, depuis 1997, président du « Tout Puissant Mazembe », le club de football de Lubumbashi, sacré cinq fois champion d’Afrique et finaliste de la Coupe du monde des clubs en 2010. En 2016, il a été contraint de quitter le pays pour l’Afrique du Sud puis l’Europe, après avoir été condamné par justice congolaise pour des affaires qu’il dénonce comme montées de toute pièce et relevant d’un véritable harcèlement judiciaire dans le but de l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle. Il avait cependant décidé de rentrer au pays afin de faire enregistrer sa candidature, mais il en a été empêché par les autorités de Kinshasa. Cette candidature devait donc sérieusement effrayer le camp présidentiel, qui a préféré laisser Bemba, acquitté par la CPI, rentrer librement au Congo et déposer sa candidature. Sans doute cette dernière a-t-elle été jugée moins dangereuse que celle de l’homme d’affaires katangais. Cependant, aux dernières nouvelles, reçues le 14 août, les dirigeants de l’opposition seraient tous tombés d’accord pour opposer une candidature unique au candidat du pouvoir. Voilà une nouvelle qui devrait fort inquiéter Joseph Kabila et son clan, si tant est que cette union de l’opposition puisse résister jusqu’au 23 décembre, date prévue pour le premier tour, aux manœuvres et aux ambitions personnelles !

Plusieurs mois vont encore s’écouler avant la tenue de cette élection présidentielle tant attendue. Je doute cependant fort que cette élection puisse se tenir dans un climat de paix, de sérénité et surtout de sécurité alors que le principal candidat d’opposition est empêché de se présenter et qu’Ebola et divers groupes armés continuent à ravager ce malheureux pays.

Hervé Cheuzeville, 13 août 2018.

Hervé Cheuzeville est l’auteur de huit livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (Editions Vincentello d’Istria, 2018)  et « Prêches dans le désert » (Editions Riqueti,2017). Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: http://www.ecouterradioenligne.com/salve-bastia/ ). Depuis septembre 2017 il présente également une chronique mensuelle sur Radio Courtoisie.

[1] « Kadogo, enfants des guerres d’Afrique centrale », L’Harmattan, 2003

[2] http://cheuzeville.net/1924-2/

Jean-Pierre Bemba, libéré, est-il un homme providentiel ?

14/06/2018 – 5:07 | No Comment | 398 views
Jean-Pierre Bemba, libéré, est-il un homme providentiel ?

On entend souvent dire que lorsqu’une décision de justice est rendue, il convient de la respecter. Il arrive cependant que certaines décisions soient plus difficiles à accepter – et donc à respecter – que d’autres. …

Taïwan face à la Chine populaire

31/05/2018 – 12:40 | No Comment | 423 views
Taïwan face à la Chine populaire

Dans les relations internationales, Taïwan, l’ancienne Formose, est un cas paradoxal. Cette grande île de 35 000 km2 (près de quatre fois la taille de la Corse) compte plus de 23 millions d’habitants. Elle est …

Rwanda : devrons-nous vraiment boire le calice jusqu’à la lie ?

23/05/2018 – 4:59 | One Comment | 2386 views
Rwanda :  devrons-nous vraiment boire le calice jusqu’à la lie ?

Ce mercredi 23 mai 2018, le président de la République française, Emmanuel Macron, reçoit au Palais de l’Élysée le plus grand criminel actuellement au pouvoir. Il est même prévu qu’il tienne une conférence de presse …

Il y a 20 ans disparaissait Pol Pot

02/05/2018 – 5:09 | No Comment | 838 views
Il y a 20 ans disparaissait Pol Pot

Le 17 avril dernier marquait le 43ème anniversaire de l’entrée des Khmers Rouges dans Phnom Penh, la capitale cambodgienne. Ce triste anniversaire n’a été célébré ni au Cambodge, où les festivités du Nouvel An Khmer …

L’appel de Mgr Melchisédech au sujet des massacres du Nord-Kivu

12/04/2018 – 12:29 | No Comment | 531 views
L’appel de Mgr Melchisédech au sujet des massacres du Nord-Kivu

Le 27 mars 2018, Mgr Melchisédech Sikuli Paluku, évêque du diocèse catholique de Butembo – Beni, a publié sa lettre pastorale à l’occasion des fêtes pascales. Cette lettre constitue un véritable cri d’alarme, un appel …

Non, le Rwanda de Kagame n’est pas une terre d’accueil !

04/03/2018 – 5:50 | No Comment | 689 views
Non, le Rwanda de Kagame n’est pas une terre d’accueil !

Le bilan, tel que confirmé par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, fait désormais état de onze morts. Onze réfugiés congolais tués à Kibuye par la police rwandaise, jeudi 22 février, devant …

Corse : l’immense gâchis !

10/02/2018 – 12:26 | No Comment | 6205 views
Corse : l’immense gâchis !

Ceux qui, dans vingt, trente ou quarante ans écriront l’Histoire de la Corse de la fin du XXe et du début du XXIe siècle décriront certainement le passage du président Emmanuel Macron dans l’île, en …

La question chypriote figurera-t-elle au menu des discussions Macron-Erdogan ?

05/01/2018 – 1:56 | No Comment | 664 views
La question chypriote figurera-t-elle au menu des discussions Macron-Erdogan ?

Ainsi donc le président Recep Tayyip Erdoğan est en visite en France, ce 5 janvier. Le chef de l’État turc souhaiterait rétablir des relations apaisées avec la France et l’Union Européenne, après les tensions des …

Le Libéria, pays atypique, se choisit un footballeur pour président !

04/01/2018 – 8:33 | No Comment | 537 views
Le Libéria, pays atypique, se choisit un footballeur pour président !

Le Libéria est vraiment un pays atypique ! Il vient encore de le prouver le 26 décembre dernier en élisant à la présidence de la République un ancien footballeur professionnel, une première mondiale. Mais avant de …

Oui, l’esclavagisme existe encore !

28/11/2017 – 7:45 | No Comment | 601 views
Oui, l’esclavagisme existe encore !

Le monde feint d’être horrifié par la vente d’êtres humains en Libye. Or, l’esclavagisme arabo-musulman n’est pas nouveau. Il débuta dès les premiers siècles de l’expansion islamique et s’est poursuivi jusqu’à nos jours dans des …