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De la repentance de la France en général, des Harkis en particulier…

De la repentance de la France en général, des Harkis en particulier…

08/10/2021 – 9:20 | No Comment | 32 views

D’une manière générale, je ne suis pas un adepte de la « repentance » des États. D’autant plus que, depuis quelques années, les demandes de repentance se sont multipliées et que, dans l’esprit de ceux qui les formulent, …

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La Zambie, un espoir pour la démocratie en Afrique?

02/09/2021 – 4:57 | No Comment | 186 views

S’il est un pays d’Afrique qui ne fait jamais la Une de nos grands médias francophones, c’est bien la Zambie. Ce pays n’est pas une dictature et, depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1964, il n’a jamais connu la guerre, son multi ethnisme n’a pas provoqué de guerre civile, de massacres ou de génocides et, si la malnutrition y prévaut encore, en particulier dans les zones rurales, il n’y a jamais eu d’épouvantables famines. Rien donc qui puisse intéresser nos grands médias qui, lorsqu’ils condescendent à évoquer le continent africain préfèrent la plupart du temps évoquer les guerres, les massacres, les famines et, surtout, parce que cela concerne directement l’Europe, les migrations. Je n’ai encore jamais rencontré un seul migrant zambien, en France. Il est vrai que les rives de la Méditerranée sont bien éloignées de celles du majestueux Zambèze, ce fleuve long de 2750 kilomètres qui a donné son nom au pays. Le Zambèze est, par sa longueur, le 4ème fleuve du continent, après le Nil, le Congo et le Niger. Sur une distance de 797 kilomètres, il forme la frontière entre la Zambie, sur sa rive nord, et le Zimbabwe, sur sa rive sud. Sur la partie centrale de cette frontière, il s’élargit pour devenir le lac Kariba, formé depuis la construction du barrage hydroélectrique du même nom, qui est l’un des plus grands barrages du monde. D’une hauteur de 128 m et d’une longueur de 579 m, il fut construit entre 1955 et 1959 et avait été conçu par l’ingénieur français André Coyne. À l’époque, la création du barrage avait entraîné le déplacement de près de 57 000 personnes. Je garde un souvenir impérissable de la traversée du lac Kariba sur toute sa longueur, d’ouest en est soit 220 kilomètres, que j’effectuai en 1992. Un petit ferry assurait la liaison entre le village zimbabwéen de Mlibizi, à l’extrémité ouest du lac, et la ville zimbabwéenne de Kariba, à l’extrémité est, à proximité de l’énorme barrage. Après avoir embarqué ma voiture à bord du ferry, j’étais monté m’installé sur le pont supérieur, d’où j’eus tout le loisir de contempler les éléphants venant boire au bord du lac, durant les 24 heures que dura la traversée.

La Zambie est un pays d’Afrique australe, sans accès à la mer. Sa population est estimée à plus de seize millions d’habitants pour une superficie de 752 614 km², soit une fois et demie la France. Il s’agit donc d’un vaste pays relativement sous-peuplé, sa densité s’élevant à 20 habitants au kilomètres carrés seulement. La capitale, Lusaka, est cependant une ville dont la population a été plusieurs fois multipliée depuis l’indépendance, du fait de la migration des campagnes vers les zones urbaines. Elle compte de nos jours plus de 1,7 millions d’habitants.

Je me suis rendu à plusieurs reprises en Zambie, dans les années 90 et 2000, à l’époque où je vivais et travaillais dans le pays voisin, le Malaŵi, pays avec laquelle elle partage nombre de caractéristiques communes. Ces deux pays enclavés ont le même passé colonial et ils sont devenus indépendants la même année, 1964. Les ethnies bantoues qui peuplent l’est de la Zambie sont les mêmes que celles qui vivent au centre et au nord du Malaŵi. Les mêmes langues tribales se retrouvent des deux côtés de la frontière. Les deux peuples ont la nsima (ou nshima, comme elle est appelée en Zambie) comme nourriture de base : il s’agit d’une sorte de polenta de maïs blanc, qui est abondamment cultivé dans les deux pays. Le père de l’indépendance de la Zambie, Kenneth Kaunda, décédé paisiblement en juin dernier à l’âge respectable de 97 ans, était le fils d’un pasteur presbytérien venu du Nyassaland, c’est-à-dire de l’actuel Malaŵi. Enfin, après l’indépendance, les deux pays ont choisi le même nom pour leurs monnaies respectives, le kwacha (même s’il ne s’agit pas d’une unité monétaire commune et si leur valeur est très différente). Kwacha, en langues locales, signifie « aube ». C’était un cri de ralliement des militants anticolonialistes, durant la lutte pour l’indépendance, tant en Zambie qu’au Malaŵi.

J’aimais à me rendre en Zambie durant de longs week-ends ou de brefs congés. Je garde un souvenir inoubliable de l’immense parc national de la Luangwa du sud, où abondent les éléphants, les buffles et les girafes, les antilopes et les gazelles et dont la rivière Luangwa, qui a donné son nom au parc et qui est un affluent du Zambèze, regorge d’hippopotames et de crocodiles. D’une superficie de plus de 9000 km ², ce parc est plus vaste que la Corse. C’est en Zambie que je découvris les majestueuses et incomparables chutes Victoria, qui sont des chutes d’eau situées sur le fleuve Zambèze (qui constitue à cet endroit la frontière entre la Zambie, à proximité de la ville de Livingstone, et le Zimbabwe). Le fleuve se jette dans la cataracte sur environ 1 700 mètres de largeur et d’une hauteur qui pouvant atteindre 108 mètres. Elles donnent un spectacle très impressionnant de par leur disposition particulière : l’eau du fleuve se jette dans une longue et profonde faille du plateau, pour s’échapper ensuite par un étroit canyon. A cet endroit, en bas des chutes, le Zambèze est devenu un tumultueux et puissant torrent. En prenant en compte leur largeur, leur hauteur et leur débit, les chutes de Victoria font partie des cataractes les plus importantes au monde, avec les chutes du Niagara, entre le Canada et les États-Unis, et de celles d’Iguazú, situées entre l’Argentine et le Brésil.

Depuis la ville zambienne de Livingstone, je fus surpris de les découvrir de profile, ce qui ne correspond pas à l’image traditionnelle que le grand public en a. En effet, on ne peut les admirer de face qu’à une distance d’une centaine de mètres seulement, du côté zimbabwéen de la frontière, à proximité de la ville qui porte le nom anglais des chutes, Victoria Falls. Je devais d’ailleurs ensuite traverser la frontière par le pont Eiffel qui enjambe le fleuve, afin de les voir de face, assourdi par le bruit énorme que font ces millions de mètres cubes tombant d’une véritable falaise, et recouvert de la vapeur produite par les chutes. D’ailleurs, en langue locale, des deux côtés de la frontière, ces chutes extraordinaires sont connues sous le nom ancestral de Mosi-oa-Tunya, la « fumée qui gronde ». C’est le célèbre missionnaire et explorateur écossais David Livingstone qui fut le premier voyageur européen à les contempler, en 1855, et qui leur donna, en hommage à sa souveraine, le nom de Victoria. La ville zambienne située à proximité, sur la rive nord du Zambèze porte quant à elle le nom du fameux explorateur, Livingstone.

Kenneth Kaunda

Le séjour que je fis en Zambie en septembre 1991 me marqua particulièrement. J’avais traversé le pays en voiture de part en part, depuis la frontière du Malaŵi et la petite ville de Chipata, à l’est, et Livingstone, au sud-ouest, là où je devais découvrir les Chutes Victoria. La Zambie était alors en pleine campagne électorale. Les premières élections multipartites allaient avoir lieu, après 27 années de régime à parti unique, sous la férule socialisante du premier président de pays et père de l’indépendance, Kenneth Kaunda, qui était d’ailleurs candidat à sa propre succession. À chaque ville traversée, surtout à l’approche de la capitale, Lusaka, j’aperçus des cortèges de manifestants enthousiastes dansant et brandissant des pancartes, le long de la route. Ils chantaient les slogans de l’opposition et de son leader, lui aussi candidat, l’ancien syndicaliste Frederick Chiluba. Venant du Malaŵi qui connaissait encore la dictature absolue et le régime de plomb du président-à-vie Hastings Kamuzu Banda, lui aussi au pouvoir depuis l’indépendance, ce spectacle me semblait incroyablement rafraichissant. Jamais je n’aurais pu imaginer de telles scènes dans le pays où je vivais, où il n’existait aucun espace de liberté politique et où émettre la moindre critique à l’égard du président à vie pouvait signifier la disparition et la mort. Celui qui se serait rendu coupable d’un tel crime aurait immanquablement disparu après avoir été embarqué par la féroce police politique ou les jeunes pionniers, la branche paramilitaire du parti unique. Témoin de ces joyeuses manifestations zambiennes, je réalisais alors que le vent du changement avait commencé à souffler, non seulement sur la Zambie, mais sur le reste du continent africain. Ce qui devait se produire dans de nombreux pays d’Afrique durant les années suivantes, y compris au Malaŵi, allait confirmer mon impression de ce mois de septembre 1991. Le 31 octobre suivant, les élections eurent lieu et l’impensable se produisit : elles furent remportées par le Frederick Chiluba et son parti, le MMD, Mouvement for Multiparty Democracy. L’inamovible Kenneth Kaunda, l’un des pères du panafricanisme et le champion de la lutte contre le régime minoritaire blanc de Rhodésie, contre l’apartheid sud-africain et contre le colonialisme portugais en Angola et au Mozambique, avait été battu par le vote populaire. Kenneth Kaunda et son UNIP recueillirent moins d’un quart des suffrages, tant à l’élection présidentielle qu’aux élections législatives. Frederick Chiluba devenait, avec plus de 75 % des voix, le deuxième président de la République de Zambie et son parti, le MMD, qui n’existait même pas quelques mois plus tôt, obtenait 74 % des suffrages et 125 sièges au Parlement, contre 25 seulement pour l’ancien parti unique. Le président sortant, Kenneth Kaunda, accepta le résultat et se retira de la vie politique, donnant ainsi un exemple de dignité à l’ensemble de ses paires africains de l’époque qui, tous, civils ou militaires, s’accrochaient au pouvoir en faisant usage de la force, de l’intimidation et de la répression. Ce résultat et la transition démocratique qui s’ensuivit firent l’effet d’une bombe sur tout le continent, et son onde de choc se fit particulièrement sentir chez les voisins immédiats de la Zambie : le Zimbabwe de Robert Mugabe, le Malaŵi de Kamuzu Banda et le Zaïre du maréchal Mobutu. La Zambie donnait une leçon à l’Afrique entière et elle inaugurait un chemin qui allait se révéler souvent chaotique et tumultueux, celui de l’établissement de la démocratie sur le continent.

Depuis 1991, la Zambie a continué à donner l’exemple. Pas pour sa réussite économique, malheureusement. Frederick Chiluba et ses successeurs ont dû passer sous les fourches caudines du Fond Monétaire International. Les gouvernements zambiens successifs ont dû en effet suivre les recommandations du FMI et privatiser de nombreuses entreprises, dont celles du cuivre, principale ressource du pays, ainsi que Zambia Airways,  la compagnie aérienne nationale. Au début des années 2000, la poursuite du programme de privatisation et d’ajustements structurels a provoqué des licenciements massifs et une forte augmentation de la pauvreté. Certains Zambiens en vinrent même à idéaliser ou à regretter l’époque du parti unique, durant laquelle la vie était moins chère, les dispensaires et hôpitaux d’État étaient gratuits et la recherche d’un emploi moins difficile.

La Zambie a également montré l’exemple en ce qui concerne le fameux « troisième mandat » que tant de chefs d’États africains ont par la suite tenté d’imposer à leurs peuples au mépris de leur propre constitution. Après avoir essayé de faire amender la Constitution qu’il avait lui-même promulguée afin de briguer un troisième mandat, Chiluba, face aux protestations populaires, dut céder la place en janvier 2002 à son vice-président et successeur désigné, Levy Mwanawasa, qui fut ensuite élu président. Après les élections, le Parlement vota à l’unanimité la levée de l’immunité de l’ancien président Chiluba qui fut aussitôt mis en examen au titre d’une soixantaine d’inculpations concernant principalement des détournements de fonds. Les charges furent levées en 2009. À la suite de la dégradation de l’état de santé de Mwanawasa, le vice-président Rupiah Banda assura l’intérim. Après la mort du président en août 2008, Rupiah Banda fut élu pour terminer le mandat de son prédécesseur, qui devait s’achever en septembre 2011. Candidat à sa propre succession, il fut battu par le chef de l’opposition Michael Sata, qui devint le cinquième président de la Zambie. Il s’agissait là de la seconde alternance démocratique que vivait la Zambie, après celle de 1991. Le 28 octobre 2014, Michael Sata décéda à Londres, où il avait été hospitalisé. Le vice-président Guy Scott devint président par intérim jusqu’à la nouvelle élection présidentielle organisée en janvier 2015. Là encore, la Zambie se singularisait en affichant sa tolérance et son ouverture : Guy Scott est en effet un Zambien d’origine européenne, natif de Livingstone. Son père était un Écossais arrivé en Rhodésie du Nord en 1927, et sa mère une Anglaise arrivée en 1940.  Edgar Lungu, ministre de Michael Sata, remporta l’élection de janvier 2015 pour un bref mandat : il devait terminer le mandat présidentiel de son prédécesseur décédé, qui devait s’achever en 2016. Il fut réélu lors de l’élection de 2016, dans un scrutin serré, face au chef de l’opposition Hakainde Hichilema. C’est ce dernier qui devait entrer dans l’histoire en offrant à la Zambie sa troisième alternance démocratique et pacifique, qui eut lieu à la suite de l’élection présidentielle du 12 août dernier. En effet, Hakainde Hichilema parvint à battre le président Edgar Lungu, avec 59 % des suffrages contre 38,71 % seulement pour le sortant.  Son parti, l’UPND (Parti unifié pour le développement national) gagna les élections législatives organisées le même jour, emportant 82 sièges alors que le parti du président sortant en obtenait 59 seulement. Le 16 août, la victoire d’Hichilema a été officiellement annoncée par le président de la commission électorale. Edgar Lungu reconnut sa défaite le jour même en félicitant son concurrent, ouvrant ainsi la voie à une alternance en douceur. Hakainde Hichilema entra en fonction le 24 août après sa prestation de serment au Stade des Héros de Lusaka, devant une foule de partisans en liesse vêtus de la couleur rouge de l’UPND, ainsi que de plusieurs chefs d’États de la région venus saluer une transition opérée sans violences. Fait notable, le nouveau président avait tenu à inviter à sa cérémonie d’investiture, en plus des chefs d’États et de gouvernements, des chefs de l’opposition de plusieurs pays africains.

Hakainde Hichilema

Qui est Hakainde Hichilema, le 7ème président de la République de Zambie ? C’est un homme d’affaire né en 1962 à Hachipona, un village du sud de la Zambie, à environ 180 kilomètres au sud-ouest de la capitale. Il est issu de l’ethnie Tonga, l’une des principales ethnies du pays. Il a étudié l’économie et la gestion à l’Université de Zambie à Lusaka avant de poursuivre ses études à l’Université de Birmingham, en Angleterre, où il a obtenu une maîtrise en économie et gestion d’affaires. De retour au pays, un il a dirigé un certain nombre de sociétés privées. Parallèlement, il est devenu le deuxième éleveur bovin de Zambie, secteur dans lequel il a fait fortune. Hichilema a pris la tête de l’UPND en 2006. Ses activités de dirigeant de l’opposition l’ont conduit en prison. En effet, il a été arrêté le 11 avril 2017 après avoir été accusé de trahison et de complot contre le gouvernement. Cette accusation avait pour origine le fait que, alors qu’il circulait en voiture, il avait refusé de céder la priorité au convoi présidentiel, mettant ainsi en danger, selon la police, la vie du président Edgar Lungu.  Pour cela, il passa quatre mois en prison avant de bénéficier d’un non-lieu. Dans une interview qu’il donna par la suite à la BBC, Hichilema révéla que, huit jours durant, il avait été détenu en confinement solitaire, sans manger et sans boire, et qu’il avait été torturé. Sa libération intervint après une forte mobilisation de la communauté internationale, qui avait condamné cette arrestation injustifiée. Il semblerait que le nouveau président ne soit pas rancunier, puisque la télévision zambienne l’a montré, après l’annonce des résultats de l’élection, reçu au palais présidentiel, discutant et échangeant des plaisanteries avec le président sortant, celui-là même qui l’avait fait jeter en prison quatre ans plus tôt.

La Zambie doit faire face à de nombreux défis. Le pays est un grand exportateur de cuivre et de cobalt, mais les gisements sont de plus en plus inaccessibles et moins riches. Depuis le début de cette année, les autorités zambiennes tentent de développer les extractions de cuivre afin de répondre à une demande mondiale croissante, car la transition énergétique est gourmande en cuivre. L’idée est de faire du cuivre « le pétrole du futur ». La Zambie est d’ailleurs le second producteur de cuivre d’Afrique et le septième du monde. En janvier 2021, les mines de Mopani, lourdement déficitaires, qui appartenaient depuis 2000 au géant suisse Glencore, furent à nouveau nationalisées par le gouvernement zambien en échange d’un dollar symbolique ainsi que d’une reprise des dettes, estimées à 1,5 millions de dollars. L’objectif du gouvernement zambien est à présent de retrouver de nouveaux investisseurs.

La Zambie est un gros producteur de maïs, céréale indispensable à l’alimentation quotidienne des Zambiens. Cependant, les autorités ont essayé de développer l’agriculture d’exportation avec les arachides et le tabac. Le pays fait en outre partie des gros producteurs africains de coton.

Par ailleurs, les autorités tentent de développer le tourisme, un secteur très prometteur dans ce pays qui compte de nombreux vastes parcs nationaux et autres espaces protégés riches en faune sauvage et en flore et qui partage avec le Zimbabwe une attraction mondiale, les Chutes Victoria. Des pays voisins tels que la Tanzanie, le Botswana et la Namibie attiraient, avant la crise du covid-19, des millions de touristes amateurs de grands espaces et de dépaysement. Sans doute est-il temps pour la Zambie de se faire une place dans ce marché prometteur, du moins lorsque la pandémie du covid ne fera plus obstacle aux voyages.

Fin 2020, la Zambie avait accumulé une dette extérieure de 12 milliards de dollars, dont la moitié vient de créanciers privés. Presque un quart est dû à des prêteurs étatiques chinois. En 2019, la Banque Africaine de Développement a évalué la dette publique zambienne à 80% de son PIB , contre 35% à la fin 2014. Selon une estimation de 2010, 60,5 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté et la Zambie demeure l’un des 25 pays les plus pauvres de la planète. Même si la scolarisation a beaucoup progressé depuis l’indépendance, le taux d’alphabétisation n’atteignait que 75 % en 2005. La majorité des analphabètes est féminine du fait des difficultés rencontrées par les filles dans leur scolarité, principalement les mariages précoces et les grossesses non désirées. En 2015, l’espérance de vie n’était que de 61,3 ans. Comme dans toute l’Afrique australe, le taux de prévalence du VIH/SIDA est très élevé: en 2016, il s’élevait à 12,4 % des adultes entre 15 et 49 ans. En 2015, le taux de mortalité infantile était de 64 morts pour 1 000 naissances.

On le voit, la Zambie a de très nombreux défis à relever, et ce ne sont pas des élections réussies et pacifiques qui régleront tous les problèmes. « You can’t eat democracy » (la démocratie ne se mange pas), entend-on souvent dans les rues de Lusaka. Cependant, cette troisième alternance démocratique qu’a connu le pays depuis 1991 est un signe d’espoir pour l’Afrique, un signe qui prouve à tous les afro pessimistes que la démocratie peut prendre racine sur ce continent. Espérons que l’exemple zambien fasse tâche d’huile, une tâche d’huile qui pourrait se répandre chez le voisin zimbabwéen et qui pourrait même atteindre des contrées plus éloignées telles que le Rwanda, l’Ouganda ou le Tchad, pour n’en citer que quelques-unes.

Hervé Cheuzeville, 1er septembre 2021.

Hervé Cheuzeville est l’auteur de neuf livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Nouveaux Prêches dans le désert » (2020), « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (2018), deux livres publiés aux Éditions Vincentello d’Istria, )  et « Prêches dans le désert » (2017), publié aux Editions Riqueti, et réédité en 2020 par Vincentello d’Istria. Il a en outre contribué à l’ouvrage collectif « Corses de la Diaspora », dirigé par le Professeur JP Castellani (Scudo Édition, 2018). En 2018, il a fondé les Edizione Vincentello d’Istria à Bastia. Il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: Radio Salve Regina). Il est également possible de retrouver Hervé Cheuzeville sur sa chaîne YouTube, HervéTV:  https://www.youtube.com/channel/UCUbuhUdlJ5I2k5DfLVW73PA/videos

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