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Sauvons les couvents de Corse !

26/07/2017 – 2:36 | No Comment | 90 views

Le couvent d’Orezza se trouve non loin de l’entrée du village de Piedicroce, lorsque l’on arrive d’A Porta d’Ampugnani par la Départementale 71. On le découvre au détour d’un virage, sur le côté gauche de …

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Antisémitisme : réveillons-nous !

Submitted by on 11/07/2017 – 12:03 No Comment | 125 views

Il y a environ deux semaines, j’ai regardé un documentaire, diffusé en catimini sur ARTE, à 23 heures. Il ne s’agissait pas de n’importe quel documentaire, mais de « Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe », écrit et réalisé par deux cinéastes allemands Joachim Schroeder et Sophia Hosfner. Ce documentaire a bien failli ne jamais passer sur ARTE, du moins sur le versant français d’ARTE. Car en Allemagne, il avait déjà été diffusé. La direction française s’opposait en effet à sa diffusion, alors que ce documentaire avait été commandé par ARTE et qu’il avait été validé en avril 2015. Lorsqu’il est finalement passé, après qu’une pétition ait recueilli des milliers de signatures, ce fut très tard dans la soirée et à une faible heure d’écoute, et avec un message en sous-titre, avertissant le téléspectateur que ce documentaire ne reflétait pas les vues de la direction et qu’il était excessif.

Que contenait donc ce documentaire de si « excessif » pour qu’ARTE France juge sa programmation indésirable et qu’il s’entoure de tant de précautions pour « avertir » le téléspectateur ? Les journalistes allemands ont eu le courage de démontrer une évidence que nos « bien-pensants » se refusent à admettre. Celle d’une montée de l’antijudaïsme en France et en Europe. Montée encouragée par des groupes militant pour le boycott d’Israël, sous couvert de dénonciation mensongère du sort des Palestiniens. La bande de Gaza serait un camp de concentration à ciel ouvert, Israël serait un Etat d’apartheid, le Hamas serait un authentique mouvement de résistance, etc… Le documentaire commençait d’ailleurs avec un discours du président Mahmoud Abbas à l’Assemblée Européenne, discours dans lequel il affirmait que des rabbins israéliens avaient ordonné l’empoisonnement de puits utilisés par les Palestiniens. Ce discours fut chaleureusement applaudi par les députés européens, le président du Parlement n’hésitant pas à le qualifier d’« inspirant ». Or cette affirmation d’Abbas concernant les puits empoisonnés était un mensonge éhonté, lointain écho des mythes moyenâgeux qui accusaient régulièrement les Juifs d’avoir empoisonné des puits, prétexte utilisé pour commettre les pires exactions à l’encontre des communautés juives d’Europe. Aucun parlementaire européen n’a cru devoir dénoncer le mensonge d’Abbas ; il fut repris comme un fait établi par nombre d’agences de presse et d’organisations propalestiniennes, à des fins de propagande anti-israélienne. Le documentaire a également évoqué un sujet historique tabou : celui de la collaboration du grand mufti de Jérusalem Amin al Husseini avec l’Allemagne nazie et la participation de ce dignitaire à la Shoah. Ce mufti est toujours considéré comme un héros national par les Palestiniens (Yasser Arafat lui est d’ailleurs apparenté, ainsi que Leïla al-Husseini Shahid, celle qui fut longtemps la représentante de l’ « Etat de Palestine » à Paris et à Bruxelles). En ce qui concerne l’Europe et la France en particulier, dans ce documentaire, les deux journalistes ont montré comment la vie, pour de nombreux Juifs, était devenue tout simplement impossible dans certains quartiers, dans certaines banlieues. Car si, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, on croyait l’antijudaïsme disparu, le documentaire nous a montré comment il a fait son grand retour avec une virulence extrême du fait de la haine du Juif ouvertement propagée par les Musulmans radicaux et comment cette haine est relayée par des groupes de solidarité avec les Palestiniens. J’ajouterais que le travail des deux journalistes allemands m’a quelque peu conforté, puisqu’il va dans le même sens que mon dernier livre « Prêches dans le désert », paru en mars dernier aux Editions Riqueti. Dans ce livre, je démontrais en effet la convergence actuelle entre trois antisémitismes : l’antisémitisme historique, d’extrême droite, qui connut son apogée à la fin du XIXe siècle lors de l’affaire Dreyfuss. L’antisémitisme de gauche qui se développe depuis les années 70 sous couvert d’antisionisme. Et enfin le traditionnel antisémitisme islamique, importé en France et en Europe avec la venue de populations maghrébines et turques ; en effet une partie non négligeable de la nouvelle génération, en perte de repères et d’identité, se laisse de plus en plus séduire par les sirènes de l’islamisme politique et du radicalisme.

Il est un « fait divers » qui illustre parfaitement cette situation intolérable et qui a été totalement occultée par nos grands médias. Dans la nuit du 3 au 4 avril dernier, un drame s’est déroulé tout près du marché de Belleville, rue Vaucouleurs, dans le XIe arrondissement de Paris. Une directrice de crêche à la retraite, de confession juive, Madame Lucie Sarah Attal-Halimi, âgée de 65 ans, a été défenestrée de son appartement par son voisin de 27 ans, un Franco-malien nommé Kobili Traoré, un multirécidiviste.  L’enquête a révélé qu’il était parvenu à s’introduire dans l’appartement de Madame Halimi en passant par le balcon de ses voisins, contigu de celui de la victime. Le délinquant aurait longuement frappé la pauvre femme, en psalmodiant des versets coraniques. Il semblerait que les cris de Sarah Halimi aient redoublé la rage de l’agresseur. Malgré ces hurlements de souffrance et de détresse, aucun voisin n’est intervenu. L’un d’eux a fini par appeler Police Secours, à 4 heures 25. Trois policiers de la BAC sont arrivés sur les lieux 3 minutes plus tard. Ils ont préféré appeler des renforts au lieu d’intervenir immédiatement. C’est à 4h55 que 22 hommes de la BRI sont arrivés au pied de l’immeuble. A ce moment-là, Madame Halimi aurait encore pu être sauvée. Pendant trois quarts d’heure, alors que la police était déjà sur les lieux, l’agresseur a pu continuer à torturer sa victime sans être interrompu. Ce n’est qu’à 5h35, après qu’il eut précipité la pauvre femme par-dessus le balcon en hurlant « Allah ou akhbar ! » sous les yeux des policiers et des voisins, que l’assaut de l’appartement a enfin été donné et qu’il a fini par être maîtrisé.

Depuis, alors que le drame n’a eu que peu d’échos dans les médias, la communauté juive de France s’est mobilisée pour dénoncer ce crime odieux. Le dimanche suivant, une grande marche blanche a eu lieu devant l’immeuble où vivait la victime. « Nous sommes venus exprimer notre émotion, notre choc face à un acte barbare, on demande que toute la vérité soit faite », a déclaré à l’AFP, Jil Taieb, vice-président du CRIF. Arrivés au pied de l’immeuble de la victime, un kaddish a été récité avant que la foule ne se disperse dans les rues de Belleville.

Au fil de semaines, face au persistant silence médiatique et à celui des autorités, l’indignation a fait place à la colère. Le 26 juin, le Figaro publiait une tribune du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). En préambule, Francis Kalifat affirmait que « pour Sarah Halimi, je ne me tairai pas ». Dans ce texte, il replaçait le meurtre de Sarah Halimi dans le contexte général prévalant depuis le début des années 2000, contexte dans lequel l’antisémitisme grandissant ne trouve aucun écho dans les médias. « De délinquants ordinaires en loups solitaires ou malades psychiatriques tout a été tenté pour ne pas reconnaître qu’à nouveau en France des juifs étaient agressés et même tués uniquement parce qu’ils étaient juifs » a écrit le président du Crif dans sa tribune, avant d’ajouter que les préjugés antisémites et l’antisémitisme sont devenus un marqueur « d’une partie croissante des Français musulmans qui, encore plus inquiétant, réunit 50 % des 15 à 25 ans, » d’après les chiffres donnés par l’Institut Montaigne en septembre 2016. « Notre société peine à affronter cette nouvelle réalité et à reconnaître l’évidence de nommer le mal lorsqu’il s’agit d’une victime juive. » Francis Kalifat est revenu sur les raisons qui poussent les avocats de la famille et le CRIF à demander la requalification du meurtre, avec la circonstance aggravante d’antisémitisme. « Torturée au rythme de sourates du Coran, Sarah Attal-Halimi, a été défenestrée vivante par le balcon de son propre appartement aux cris de Allah ou akhbar par un jeune Français de 27 ans d’origine malienne, délinquant multirécidiviste, récemment radicalisé probablement lors d’un séjour en prison et fréquentant une mosquée salafiste » précise enfin Kalifat. « Alors, plus qu’une évidence, il s’agit là d’un cas d’école pour décrire un meurtre antisémite sur lequel pèse une véritable omerta et ce crime ignoble n’est toujours pas reconnu comme tel ».

A ce jour, l’instruction stagne car, fin juin, le rapport de l’expertise psychiatrique de Kobili Traoré n’avait toujours pas été remis. Après son interpellation, l’homme a été interné à la suite d’une apparente crise de démence lors de la garde à vue. Avocat d’une partie de la famille de la victime, Maître Gilles-William Goldnadel dénonce « une manière de déni de l’antisémitisme » et pose « le problème de l’inaction de la police ». Afin que la vérité puisse être établie, il a déposé une plainte pour « non-assistance à personne en danger ».​

Il est bon de s’émouvoir des actes islamophobes commis à travers le pays. En France, ces actes se limitent fort heureusement à des tags insultants sur les murs de salles de prières ou à des têtes de cochon déposées devant des mosquées. Malgré le lourd contexte actuel, on ne peut que se réjouir du fait qu’aucun Musulman de France n’ait été assassiné parce que Musulman. Il faut cependant avoir le courage de dénoncer les actes commis contre les Juifs de France qui, eux, ne sont pas de simples tags sur des murs de synagogues ou de commerces appartenant à des Juifs. Les actes antijuifs vont jusqu’au meurtre, comme on a pu le constater depuis le début des années 2000 : la séquestration, les tortures et le meurtre d’Illan Halimi, les assassinats d’enfants d’une école juive de Toulouse, l’attentat contre l’Hyper Casher, et bien d’autres encore. Va-t-on enfin, avec l’assassinat de Madame Attal-Halimi, accepter de voir la réalité en face et dénoncer cette situation ? Ce sera difficile, comme la saga du documentaire d’Arte l’a encore démontré. Les pouvoir publics et les médias continuent à mener la politique de l’autruche. Afin de ne pas « stigmatiser » quiconque, ils préfèrent, comme dans le cas de l’assassinat de Sarah Halimi, évoquer des actes commis par des « déséquilibrés ». Dans un avenir proche, le réveil risque d’être très pénible.

Est-il surprenant que, dans de telles circonstances, face à un tel déni de la réalité de la part des pouvoir publics et des médias, de plus en plus de Juifs de France fassent le choix de quitter la patrie de leurs aïeux pour faire leur alyah, malgré toutes les incertitudes et souvent les déconvenues qu’une telle aventure peut receler ? Ce lundi 10 juillet, ce sont deux cents d’entre eux qui ont été accueillis en Israël. Cet évènement n’a pas été rapporté par nos grands médias…

Hervé Cheuzeville, 10 juillet 2017.

(Hervé Cheuzeville, est l’auteur de sept livres et de nombreux articles et chroniques. Son dernier ouvrage « Prêches dans le désert » est paru aux Editions Riqueti en mars 2017. Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina)

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