Mes Chroniques »

Antisémitisme : réveillons-nous !

11/07/2017 – 12:03 | No Comment | 111 views

Il y a environ deux semaines, j’ai regardé un documentaire, diffusé en catimini sur ARTE, à 23 heures. Il ne s’agissait pas de n’importe quel documentaire, mais de « Un peuple élu et mis à part : …

Read the full story »
Actualités
Histoire
Actualités
Tourisme
Corsica
Home » Actualités, Histoire

Colonialisme et crimes contre l’humanité

Submitted by on 03/04/2017 – 10:51 No Comment | 221 views

L’un des principaux candidats à l’élection présidentielle français a cru bon de qualifier, lors d’un déplacement en Algérie, de « crime contre l’humanité » le colonialisme français. Cette déclaration, faite dans un pays qui ne reconnaît qu’une seule « Histoire », celle simpliste et manichéenne des pseudos historiens aux ordres du pouvoir en place, était maladroite et blessante. Maladroite, car le candidat n’aurait pas dû s’exprimer ainsi en terre algérienne. Ou alors, il aurait dû, dans la même intervention, évoquer les crimes contre l’humanité commis par le FLN contre les Français d’Algérie et contre le peuple algérien, avant et après l’indépendance. L’Histoire ne doit pas être instrumentalisée par les uns ou par les autres. Elle doit être laissée aux historiens d’Algérie, de France et d’ailleurs et ne devrait pas être utilisée comme un outil de propagande nationaliste visant à perpétuer le pouvoir d’une clique de généraux et d’apparatchiks corrompus se cachant derrière la silhouette défaillante d’un vieux président grabataire, survivant des luttes fratricides du FLN.

La France a-t-elle commis des crimes de guerre en Algérie ? Oui, bien sûr. Mais, durant les années 1954-62, le FLN en a commis bien davantage, en particulier contre les civils, européens comme musulmans. Cela n’excuse en rien les crimes français, bien sûr. Mais on ne devrait pas condamner les uns tout en occultant les autres. Or, c’est précisément ce que le pouvoir algérien tente de faire depuis 55 ans, relayé dans cette tâche de réécriture de l’Histoire par les idiots de service que sont certains idéologues et politiciens français, ces derniers cherchant à obtenir le vote musulman lors des échéances électorales françaises.

Dans ce qui est aujourd’hui l’Algérie, des crimes contre l’humanité ont été commis à toutes les époques de l’histoire. Les Romains en ont certainement commis, ainsi que les Vandales. Les conquérants arabes en ont assurément perpétré pendant des décennies, lorsque, venus de la lointaine Arabie, ils ont envahi cette vieille terre chrétienne et l’ont islamisée. En Kabylie, le souvenir de la résistance, incarnée par la Kahina, est toujours vivace. Les Ottomans ont eux aussi commis des massacres afin d’assurer leur domination. Il ne faut pas non plus oublier les exactions des pirates barbaresques qui razzièrent pillèrent, massacrèrent, brûlèrent les populations des côtes méditerranéennes d’Europe des siècles durant, tout en s’attaquant aux navires de commerce, transformant hommes, femmes et enfants en esclaves qu’ils vendaient dans les ports d’Afrique du Nord. C’est d’ailleurs ce problème qui amena Charles X à monter une expédition militaire contre le nid de pirates qu’était Alger, en 1830.  Le souverain français n’ambitionnait certainement pas, à l’époque, de conquérir un territoire en Afrique du Nord et encore  moins d’y établir une colonie. Les troupes françaises se sont-elles rendues coupables de crimes de guerre lors de la conquête de ce qu’on n’appelait pas encore l’Algérie ? Certainement. Mais pas plus que les précédents envahisseurs et peut-être même moins. Pas moins non plus que les hommes d’Abdelkader qui les combattirent. Mais les 132 années de présence française ne sauraient se résumer aux violences du début, lors de la conquête, ou à celles de la fin, durant la lutte contre le FLN. La pax gallica, comme la pax romana 1500 ans plus tôt, apporta beaucoup à l’Algérie. Terres mises en valeur, routes, écoles, dispensaires et hôpitaux construits, lutte contre les maladies endémiques, assainissement, réalisations de ports et d’infrastructures modernes, modernisation de l’agriculture, création de manufactures, l’œuvre accomplie en commun par les Français et les Algériens durant cette période est immense et l’État algérien en a hérité en 1962. La notion même de nation algérienne résulte de cette période. Cette nation n’existait pas avant l’arrivée de la France. L’actuel territoire algérien était composé d’entités diverses, dont les principales étaient sous domination étrangère (ottomane) et l’immense Sahara n’en faisait pas partie. Le nom même d’ « Algérie » n’était pas encore apparu, il fut « inventé » sous le règne de Louis-Philippe Ier. L’Algérie telle que nous la connaissons aujourd’hui s’est donc formée durant ces 132 années et le sentiment national algérien a peu à peu pris forme, souvent issu de frustrations à l’égard de la France. L’Algérie du FLN est donc la fille de celle de Louis-Philippe et de Napoléon III.

La France d’aujourd’hui n’a donc pas à se « repentir » comme certains beaux esprits voudraient qu’elle le fasse. Elle peut cependant reconnaître, voire regretter, certains excès, comme elle l’a déjà fait, notamment au sujet de la répression qui suivit les émeutes du 8 mai 1945, à Sétif et à Guelma. Mais reconnaissance et regrets ne doivent pas venir de la seule France. L’Algérie s’honorerait à admettre les horreurs qui précédèrent ou qui suivirent l’indépendance, en particulier celles d’Oran le 5 juillet 1962. Est-il admissible que, près de 55 ans après les faits, des familles soient encore dans l’incertitude au sujet de ce qui advint à leurs proches, en cette fatidique journée ? Les archives, des deux côtés de la Méditerranée, devraient être enfin ouvertes et les historiens algériens et français devraient avoir la possibilité d’effectuer leurs recherches sans entraves ni conditions. Et surtout, les hommes politiques, tant à Alger qu’à Paris, devraient se garder de tout commentaire hasardeux. Surtout lorsque les auteurs de tels commentaires ont avant tout des visées électoralistes alors qu’ils n’ont même pas connu la Guerre d’Algérie. De cette ouverture, de ces recherches dépassionnées et de cette dépolitisation des débats naîtront sans doute les conditions d’une réconciliation véritable entre Algériens et Français et une meilleure compréhension des malheurs passés des uns et des autres.

Si nul n’a le monopole de la vérité, personne ne peut prétendre être la sempiternelle victime des drames de l’Histoire, ou affirmer que l’autre est l’éternel bourreau !

Hervé Cheuzeville, 30 mars 2017

(Hervé Cheuzeville, est l’auteur de sept livres et de nombreux articles et chroniques. Son dernier ouvrage « Prêches dans le désert » est paru aux Editions Riqueti en mars 2017. Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina)

Leave a comment!

Add your comment below, or trackback from your own site. You can also subscribe to these comments via RSS.

Be nice. Keep it clean. Stay on topic. No spam.

You can use these tags:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

This is a Gravatar-enabled weblog. To get your own globally-recognized-avatar, please register at Gravatar.

JavaScript est actuellement désactivé. Afin de pouvoir poster un commentaire, s'il vous plaît contrôlez que les Cookies et JavaScript sont activés puis rechargez la page. Cliquez ici pour savoir comment activer JavaScript dans votre navigateur.