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Stop à l’incivisme !

18/08/2018 – 3:35 | No Comment | 439 views

Dans l’éditorial de la revue municipale « Bastiamag’ » de juillet-août, Pierre Savelli, Maire de Bastia, jette un gros pavé dans la mare. Il a osé s’en prendre à l’incivisme ambiant qui détruit notre environnement quotidien et …

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De la Corse à la Barbade – From Corsica to Barbados

Submitted by on 15/05/2018 – 4:41 No Comment | 675 views

(English version below)

En ce dernier dimanche de janvier, le soleil était radieux. Le temps idéal pour effectuer une belle promenade dans le Cap Corse, une région si belle et si particulière, véritable « île dans l’île ». Les tombeaux monumentaux sont un aspect architectural du Cap qui ne peut pas passer inaperçu. Certes, il n’est pas rare d’en trouver ailleurs en Corse. Mais dans cette péninsule septentrionale de l’île, ils sont littéralement omniprésents. Certains sont cachés au milieu d’une végétation parfois envahissante. D’autres sont bien en évidence, sur un promontoire rocheux, occupant souvent un point de vue unique sur la mer en contrebas. Quelques-uns sont très bien entretenus, d’autres sont à l’abandon, porte béante, parfois même en ruine. Ils sont autant de témoignages d’un passé où les vieilles familles ou celles qui avaient réussi, se plaisaient à afficher leur gloire ou leur fortune. Laquelle fortune avait été faite, bien souvent aux Amériques, que ce soit à Porto Rico, à la Trinité ou au Venezuela.

Je passais donc cette journée hivernale bien ensoleillée à photographier ces tombeaux, m’arrêtant çà et là, au hasard et sans itinéraire bien précis. En descendant du col de Santa Lucia vers le superbe village de Pinu, accroché à la montagne et surplombant l’infini marin, mon attention fut attirée par un joli tombeau bien blanc, non loin de l’entrée du village. Je laissais la voiture sur le bas-côté pour aller le photographier. Puis, l’envie me prit de suivre un petit sentier qui descendait à gauche de la route, au milieu de la végétation. Il me mena jusqu’à l’entrée d’un enclos presque circulaire que j’identifiais comme étant un petit cimetière familial. J’y pénétrais après avoir poussé le portail métallique. Je découvris alors des dizaines de tombes entourant une statue de la Vierge. Il ne s’agissait pas de tombeaux monumentaux mais de simples tombes, certaines sur le sol tout autour de la statue, d’autres encastrées dans le mur entourant l’enclos. Je découvris ainsi la tombe de Michel Carlini, qui fut maire et député de Marseille dans les années 50. Juste au pied de la statue, je trouvais la sépulture d’une dame née en 1884 à Ciudad Bolivar, au Venezuela, et décédée à Marrakech, au Maroc, en 1914. À sa mort, elle n’avait donc que 28 ans. Mais quelles aventures a-t-elle dû vivre, entre l’Amérique du Sud, l’Afrique du Nord et la Corse, où elle repose pour l’éternité ? Outre son nom et ses dates de naissance et de décès, ces trois noms de lieux, Ciudad Bolivar, Marrakech et Pinu étaient les seules informations livrées au promeneur que j’étais, mais elles me laissaient imaginer ce qu’avait pu être son destin. Je trouvais aussi, non pas une pierre tombale, mais plutôt une petite stèle, encastrée dans le mur, à la mémoire d’un autre membre de la famille Carlini, victime, le 16 août 1918, du terrible torpillage du « Balkan » par un sous-marin allemand, au large de Calvi, qui fit 417 morts, principalement des soldats qui rentraient en permission chez eux, en Corse. Une stèle voisine était à la mémoire d’un homme né en 1860 à Ersa, la commune voisine, et mort à Ciudad Bolivar en 1926. Tant de Capcorsins avaient fait de cette cité vénézuélienne leur patrie d’adoption !  À côté, je vis la pierre tombale d’une femme née à Tumereno, en Colombie, en 1859 et décédée à Pinu en 1931, sur laquelle je pus lire cette épitaphe : « Elle connut les plus dures épreuves mais elle sut toujours les mettre au pied de la croix sa résignation et sa douceur inaltérable la firent chérir de tous – Priez pour elle ».

L’auteur devant la tombe d’Alice Armstrong

Mais la sépulture qui attira le plus mon attention fut une tombe placée derrière la statue de Marie. Je fus intrigué par le fait que l’inscription de la pierre tombale, presque illisible car rongée par l’humidité et la mousse, était rédigée en anglais ! En Corse, les épitaphes en italien ou en latin ne sont pas rares. À Pinu, j’aurais pu m’attendre à trouver des inscriptions en espagnol. Mais certainement pas en anglais ! Voici ce que je parvins à déchiffrer : « In the memory of Alice Armstrong born at the Barbade in 1865 died at Bastia the 7th of June 1938 in the witness of affection for his entire devotion and his loyal attachment during a half century ». Certaines fautes grammaticales et même un gallicisme me firent comprendre que ce petit texte malhabile avait été rédigé par un ou une francophone ne maîtrisant pas parfaitement la langue anglaise. Je pourrais cependant traduire cette inscription ainsi : « En mémoire d’Alice Armstrong née à la Barbade en 1865 et morte à Bastia le 7 juin 1938 en témoignage d’affection pour son entier dévouement et son attachement pendant un demi-siècle ». Un véritable anglophone aurait écrit « Barbados » et non « la Barbade ». De même, il aurait utilisé le pronom possessif « her » et non « his », puisque le prénom Alice indiquait, à l’évidence, qu’il s’agissait d’une femme. Enfin, il n’aurait pas utilisé les mots « in the witness of », sans doute une transcription littérale maladroite de l’expression française « en témoignage de », mais plutôt « as a testimony of ». Toujours est-il que je ne pouvais qu’être intrigué par le destin de cette femme née dans une île des Antilles britanniques, décédée à Bastia et enterrée dans ce petit coin boisé au-dessus du village de Pinu ! Qui était-elle ? Comment était-elle arrivée en Corse ? Qu’est-ce qui la liait avec une famille corse de Pinu, au point d’être inhumée dans son cimetière familial ? Telles étaient les questions qui me taraudaient et qui m’incitèrent à publier les photos de la sépulture d’Alice Armstrong sur un réseau social bien connu, intitulant ma publication « Mystère dans le Cap Corse », une publication qui fut largement reprise, partagée et commentée par de nombreuses personnes, de Corse et d’ailleurs. C’est ce qui permit de réussir à lever une partie du voile sur cette mystérieuse affaire. La copie d’une page de recensement, fournie par l’un des contributeurs, me permit de découvrir qu’Alice Armstrong demeurait dans le hameau de Lavonese, l’un des hameaux de Pinu, celui-là même qui est situé tout près de l’endroit où elle repose pour l’éternité. Sur ce document, je vis qu’elle était enregistrée comme « domestique », au milieu de la liste des membres des familles Mattei et Carlini, dont j’avais trouvé les tombes au même endroit. Détail amusant, la nationalité indiquée sur cette feuille était « américaine ». Après tout, pourquoi pas, la Barbade n’est-elle pas située dans la mer des Caraïbes, à l’est de… l’Amérique ? Alice Armstrong avait donc suivi la famille de ses employeurs lorsque celle-ci rentra définitivement en Corse. Cette famille avait longtemps vécu à la Trinité, une autre île anglophone située non loin des côtes vénézuéliennes.

Portail du cimetière de Scalu (Pinu)

De nombreux liens liaient Pinu à la Trinité, au XIXe siècle comme le prouve l’inscription figurant sur le portail du petit cimetière de Scalu, le minuscule port de Pinu qui fait référence à un dénommé A. Blasini, de Pino, qui, en 1839, demeurait à la Trinité. Alice Armstrong avait sans doute quitté son île de la Barbade, située plus au nord, pour la Trinité, en quête d’emploi. C’est cet emploi au sein d’une famille corse de la Trinité qui changea le cours de son destin antillais et qui l’amena à finir ses jours, loin des siens, dans un petit hameau à l’extrémité nord d’une île fort éloignée de son île natale, une île méditerranéenne dont elle n’avait probablement jamais entendu parler avant de quitter la Barbade. Ma publication sur le réseau social me permit également d’entrer en contact avec des personnes que je ne connaissais pas, mais qui, toutes, étaient intéressées par le mystère Armstrong. Or, il se trouva que l’une de ces personnes demeurait à … la Barbade ! Je devais rapidement sympathiser avec Jenny, et je découvris qu’elle était la descendante d’un habitant de Pinu Supranu, le hameau le plus haut de Pinu, qui avait quitté la Corse en 1827 pour s’établir à la Trinité ! Je communiquais avec elle en anglais et elle m’expliqua qu’elle était venue en Corse l’été dernier, afin de retrouver la trace de ses aïeux. Elle avait d’ailleurs passé beaucoup de temps aux Archives départementales de Bastia et s’était même rendue à Pinu où elle avait rencontré l’adjointe au maire, Madame Camilli. Le fait qu’elle ne parlait ni le français ni l’italien ne lui avait certainement pas simplifié la tâche, mais elle se lia à des Corses qui lui permirent d’avancer un peu dans ses recherches. Elle fut surtout très heureuse de découvrir enfin la terre de ses ancêtres.

Cependant, quelques semaines plus tard, le hasard du destin et, surtout, ma participation à une croisière aux côtés de mes parents, fit que je pus à la fois rencontrer Jenny et découvrir la Barbade, l’île d’Alice Armstrong ! Tôt le matin du 10 avril dernier, l’énorme paquebot sur lequel nous nous étions embarqués à Pointe-à-Pitre accosta au port de Bridgetown, la capitale de cet État insulaire des Petites Antilles, indépendant depuis 1966. Jenny nous y attendait et nous fûmes très heureux de nous rencontrer. Elle nous fit faire un tour presque complet de l’île tout en nous expliquant l’histoire de sa famille et celle de son mari. Elle-même est native de la Trinité mais elle a aussi des racines barbadiennes, par sa mère. C’est donc par son père trinitéen qu’elle descend de ce Corse qui quitta Pinu voici 191 ans. De ses origines corses, elle sait peu de choses mais la tradition familiale lui avait transmis que sa famille, les Giuliani,  vivait à Pinu Supranu. Elle regrette de ne pas avoir davantage parlé, étant plus jeune, avec son père, avec son grand-père et sa grand-mère, afin d’en savoir plus. C’est d’ailleurs ce manque d’informations qui l’avait incitée à entreprendre ce voyage en terre inconnue, ou presque, l’an passé ! Quant à son mari, il descend d’une vieille famille de colons anglais, puisque son ancêtre arriva à la Barbade comme soldat du Roi, au tout début du XVIIe siècle. Après avoir quitté l’armée, ce lointain ancêtre avait acquis une terre au nord-est de l’île où il créa une plantation de canne à sucre. De nos jours, le « Mount Gay » est sans conteste le plus réputé et le meilleur rhum produit à la Barbade. Il est issu de la plantation fondée par l’ancêtre de l’époux de Jenny, voici plus de trois siècles.

Le récit de cette rencontre avec Jenny m’amène tout naturellement à évoquer la Barbade. Précédemment, j’ai décrit Sainte-Lucie, l’île voisine, située à 145 kilomètres au nord-ouest, où nous avions passé la journée la veille de notre arrivée à la Barbade. Ces deux îles anglophones, ex-colonies britanniques, sont fort dissemblables. La première est une véritable montagne dans la mer. Son relief très accidenté est couvert d’une  végétation dense et luxuriante. La seconde est presque plate et la nature y a été visiblement façonnée par l’Homme, durant les trois ou quatre derniers siècles, au vu des vastes plantations qui la parsèment. La première fut âprement disputée entre l’Angleterre et la France tandis que la seconde a été britannique pendant 339 années sans discontinuer, de 1627 à 1966. Le navigateur portugais Pedro Campos qui, en route pour le Brésil, la visita en 1536, lui donna le nom de « Os Barbudos » (les barbus), en voyant les longues racines aériennes de certains ficus qui lui faisaient penser à des « barbes ». Ce nom devint définitif, légèrement transformé en « Barbados » en anglais, et en « Barbade » en français. La Barbade est plus petite que Sainte-Lucie : 430 km² seulement, contre 617 km² pour sa voisine. Le Mont Hillaby, avec ses 336 mètres d’altitude, est le point cuminant de l’île, alors qu’à Sainte-Lucie la plus haute montagne s’élève à 950 mètres. Avec près de 300 000 habitants, la Barbade est cependant près de deux fois plus peuplée que Sainte-Lucie. Le relief moins accidenté a sans doute permis cette plus forte densité humaine. La Barbade partage cependant avec Sainte-Lucie et les Petites Antilles la même histoire en ce qui concerne son peuplement initial, amérindien, puis son peuplement forcé, africain, dû à l’esclavage. Les grandes plantations barbadiennes ont elles aussi eu recours à cette main d’œuvre arrachée au continent africain. La permanence et la durée de la présence anglaise a transformé l’île en petite Angleterre. Elle est divisée en onze paroisses qui toutes portent les noms de saints patrons : Saint Andrew, Saint George, Saint James, Saint John, Saint Joseph, Saint Lucy, Saint Michael, Saint Peter, Saint Philip et Saint Thomas. La onzième paroisse quant à elle se nomme Christ Church. Au centre de chacune de ces onze paroisses, on peut admirer de vénérables églises anglicanes de style typiquement anglais, dont les plus anciennes datent du XVIIe siècle. Les églises catholiques sont également assez nombreuses, même si, à l’origine, seul le protestantisme était autorisé par les Anglais.

Jenny nous a fait découvrir Animal Flower Bay, à la pointe nord de l’île, rocheuse et exposée à l’assaut des vagues, où nous nous sommes arrêtés à restaurant tenu par l’un de ses cousins. Une grotte marine, est située à proximité. Le fond sous-marin de cette grotte est tapissé d’anémones des mers, ce qui a donné son nom à la baie, puisque « animal flower » (fleur animal) signifie anémone des mers en anglais local. De vieux canons pointés vers le large et, sans doute, vers une éventuelle menace française, décoraient l’agréable véranda de l’établissement où nous prîmes des rafraîchissements tout en bavardant. Jenny nous a expliqué son histoire familiale et celle de son mari. Elle nous a aussi fait part de son désir de rétablir les liens trop longtemps interrompus avec Pinu Supranu et la patrie de son aïeul. Elle m’a chargé de rencontrer le maire de Pinu, à mon retour en Corse, afin d’essayer d’en savoir plus sur les Giuliani. Durant son bref séjour de l’an passé, elle n’est parvenue à retouver qu’un seul cousin, Monsieur Lucien Bertoni. De mon côté, je lui relatais tous mes efforts pour découvrir l’histoire de la mystérieuse Alice Armstrong, native de la Barbade et inhumée non loin du hameau de l’ancêtre Giuliani de Jenny. Malgré tous ses efforts, Jenny n’est pas encore parvenue à retrouver d’éventuels descendants ou parents d’Alice. Il est vrai que ce patronyme, Armstrong, est très courant aux Antilles ex-britanniques et même, comme on le sait grâce à un célèbre jazzman et à un non moins célèbre astronaute, aux États-Unis d’Amérique. Après cet agréable arrêt à Animal Flower Bay, nous avons repris la route et Jenny nous a fait découvrir la côte nord-est, très exposée au vent et aux gros rouleaux de l’océan Atlantique.  Nous avons été à même de constater l’énorme fléau constitué par les gigantesques tapis d’algues rejetés par l’océan sur le littoral nord-est, depuis quelques années.

Un arrêt, ensuite, nous a permis d’admirer l’antique et majestueux moulin à vent Morgan Lewis, qui sert à broyer la canne à sucre et qui est l’un des deux derniers au monde encore en activité. Un peu plus loin, nous avons passé un moment à contempler les énormes vagues à la plage de Cattlewash, une plage parsemée de gigantesques rochers granitiques plus ou moins ronds. Ils résistent depuis des siècles, voire des millénaires, à la fureur de l’océan. Le nom de cette plage, que l’on pourrait traduire par « lavage du troupeau », évoque sans doute la forme de ces gros rochers, pouvant faire penser, de loin, à un troupeau de boeufs allant au bain. Regardant vers le grand large, il nous était difficile d’imaginer que la terre la plus proche était celle de l’île de Ténérife, aux Canaries, de l’autre côté de ce que Christophe Colomb et ses contemporains nommaient la « mer océane ». Après cela, nous avons pris une route légèrement ascendante, traversant l’île d’est en ouest. En montant, nous avons pu jeter un bref regard à la charmante église anglicane de Saint-Joseph qui offre une belle vue sur l’océan. Cette église a malheureusement été déconsacrée depuis plusieurs années car elle est située sur un terrain en pente qui est en train de glisser, condamnant ainsi, à terme, ce bel édifice à la façade toute blanche, consacré en 1839. La route redescendait ensuite vers la côte ouest, plus peuplée, traversant des localités parsemées de vieilles maisons, d’églises et de luxueux hôtels en bord de mer.

Nous avons pris notre déjeuner dans un agréable restaurant de Holetown[1], dont la vaste véranda donne sur une belle plage de sable dont la mer extrêmement limpide léchait la terrasse de l’établissement. Le contraste ne saurait être plus grand entre la côte caraïbe et la côte atlantique, que nous venions de quitter. Autant le littoral oriental était exposé aux vents puissants et soumis à l’assaut quasi permanent d’énormes vagues, autant la côte caraïbe nous a semblée paradisiaque avec son eau turquoise, étincelante sous le soleil, donnant envie de se baigner. C’est ce que je fis, d’ailleurs, après avoir bu le punch offert par le propriétaire de l’établissement et avant de nous régaler d’un excellent poisson grillé pêché le matin même.

C’est avec regret que nous regagnâmes ensuite le port de Bridgetown et notre gros navire, après avoir pris congé de Jenny et nous être mutuellement promis de rester en contact et de tout faire pour développer les relations entre nos deux îles. L’histoire de la famille de notre amie, les Giuliani, de Pinu Supranu, et celle d’Alice Armstrong, nous permettront peut-être de consolider le pont ainsi établi entre la Barbade et la Corse !

Hervé Cheuzeville, 9 mai 2018

(Hervé Cheuzeville est l’auteur de huit livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (Editions Vincentello d’Istria, 2018)  et « Prêches dans le désert » (Editions Riqueti,2017). Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: http://www.ecouterradioenligne.com/salve-bastia/ ). Depuis septembre 2017 il présente également une chronique mensuelle sur Radio Courtoisie).

[1] Zaccios Restaurant, Highway 1, Holetown, Barbados, tel +1 246-432-1319  http://www.barbadosbarbados.com/dining/zaccios-holetown/

English version:

Monumental tomb in Pinu (Corsica)

On this last Sunday of January, the sun was radiant. The ideal time to take a nice walk in the Cap Corse, a region so beautiful and so special, true « island in the island ». The monumental tombs are an architectural aspect of the northern tip of the island that cannot go unnoticed. Of course, it is not uncommon to find such tombs elsewhere in Corsica. But in this northern peninsula of the island, they are literally ubiquitous. Some are hidden in the midst of sometimes invasive vegetation. Others are prominently displayed on a rocky promontory, often occupying a unique view of the sea below. Some are very well maintained, others are abandoned, door gaping, sometimes even in ruins. They are all testimonies of a past where old families or those who had succeeded, enjoyed displaying their glory or their fortune. Which fortune was made, often in the Americas, whether in Puerto Rico, Trinidad or Venezuela.

So I spent this sunny winter day photographing these tombs, stopping here and there, randomly and without a specific route. Coming down from the Santa Lucia pass to the beautiful village of Pinu, clinging to the mountain and overlooking the infinity of the sea. My attention was attracted by a pretty white tomb, not far from the entrance of the village. I left the car on the roadside to go and photograph it. Then, I felt like following a small path that went down to the left of the road, in the middle of the vegetation. It led me to the entrance of an almost circular enclosure that I identified as a small family cemetery. I entered after pushing the metal gate. I discovered dozens of tombs surrounding a statue of the Virgin. They were not monumental tombs but simple tombs, some on the ground all around the statue, others embedded in the wall surrounding the enclosure. I discovered the grave of Michel Carlini, who was mayor and of Marseille and Member of Parliament in the 50s. Just at the foot of the statue, I found the burial of a lady born in 1884 in Ciudad Bolivar, Venezuela, and died in Marrakech, in Morocco, in 1914. At her death, she was only 28 years old. But what adventures must she have lived, between South America, North Africa and Corsica, where she rests for eternity? In addition to her name and dates of birth and death, these three place names, Ciudad Bolivar, Marrakech and Pinu were the only information given to the walker that I was, but they let me imagine what could have been her destiny. I also found, not a gravestone, but rather a small stele, embedded in the wall, in memory of another member of the Carlini family, victim, on August 16, 1918, of the terrible torpedoing of the « Balkan » by a German submarine, off Calvi, which killed 417 people, mainly soldiers returning home on leave, in Corsica. A neighboring stele was in memory of a man born in 1860 in Ersa, the neighboring village, and died in Ciudad Bolivar in 1926. So many Capcorsins had made of this Venezuelan city their adopted homeland! Next door, I saw the tombstone of a woman born in Tumereno, Colombia, in 1859 and died in Pinu in 1931, on which I could read this epitaph: « She knew the hardest trials but she always knew how to put them at the foot of the Cross, her resignation and unalterable sweetness made her be cherished by everyone – Pray for her « .

Alice Armstrong’s grave in Pinu (Corsica)

But the burial that really caught my attention was a tomb placed behind the statue of Mary. I was intrigued by the fact that the inscription of the tombstone, almost illegible because it was eaten away by humidity and moss, was written in English! In Corsica, epitaphs in Italian or Latin are not uncommon. In Pinu, I could have expected to find inscriptions in Spanish. But certainly not in English! Here is what I managed to decipher: « In the memory of Alice Armstrong born at the Barbade in 1865 died at Bastia the 7th of June 1938 in the witness of affection for his entire devotion and his loyal attachment during a half century « Some grammatical mistakes and even a gallicism made me understand that this little clumsy text had been written by a French speaker who did not have a perfect command of the English language. A true anglophone would have written « Barbados » and not « Barbade ». Similarly, he would have used the possessive pronoun « her » and not « his », since the first name Alice indicated, obviously, that it was a woman. Finally, he would not have used the words « in the witness of », no doubt a clumsy literal transcription of the French expression  » en témoignage de « , but rather « as a testimony of « . Still, I could only be intrigued by the fate of this woman born on an island in the British West Indies, died in Bastia and buried in this little wooded area above the village of Pinu! Who was she? How did she come to Corsica? What linked her with a Corsican family from Pinu, to the point of being buried in her family cemetery? These were the questions that teased me and prompted me to publish the photos of Alice Armstrong’s grave on a well-known social network. I entitled my publication « Mystery in Cape Corse », a publication that was widely shared and commented by many people, from Corsica and elsewhere. This made it possible to lift a part of the veil on this mysterious affair. The copy of a census page, provided by one of the contributors, allowed me to discover that Alice Armstrong lived in the hamlet of Lavonese, one of the hamlets of Pinu, the very one which is near the place where she rests for eternity. On this document, I saw that she was registered as a « servant », in the middle of the list of Mattei and Carlini family members, whose graves I found at the same place. Funny detail, the nationality indicated on this sheet was « American ». After all, why not, is not Barbados located in the Caribbean Sea, near the American continent? Alice Armstrong had followed the family of her employers when they finally returned to Corsica. This family had long lived in Trinidad, another English-speaking island not far from the Venezuelan coast.

There were many links between Pinu and Trinidad in the nineteenth century, as evidenced by the inscription on the portal of Scalu’s small cemetery, the tiny port of Pinu, which refers to a gentleman called A. Blasini, who in 1839 resided in Trinidad. Alice Armstrong had probably left her island of Barbados, further north, to Trinidad, looking for work. It was this job with a Corsican family settled in Trinidad that changed the course of her West Indian destiny and led her to end her days in a small hamlet at the northern end of an island very far from her native island, a Mediterranean island she had probably never heard of before leaving Barbados. My posting on the social network also allowed me to get in touch with people I did not know, but who were all interested in the Armstrong mystery. Now it turned out that one of these people was living in Barbados! I quickly sympathized with Jenny, and I discovered that she was the descendant of a Pinu Supranu resident. Pinu Supranu is the highest hamlet of Pinu. Her ancestor had left Corsica in 1827 to settle in Trinidad! I communicated with her in English and she explained to me that she had come to Corsica last summer, in order to trace her ancestors. She had also spent a lot of time in the Bastia Departmental Archives and even went to Pinu where she had met the Deputy Mayor of the village, Madame Camilli. The fact that she spoke neither French nor Italian certainly did not simplify her task, but she linked herself to Corsicans who allowed her to advance a little in her research. She was especially happy to finally discover the land of her ancestors.

H. Cheuzeville in Bridgetown (Barbados)

However, a few weeks later, the chance of fate and, above all, my participation in a cruise with my parents, made me meet Jenny and discover Barbados, Alice Armstrong’s island! Early in the morning of April 10th, the enormous liner on which we had embarked at Pointe-à-Pitre landed at the port of Bridgetown, the capital of this island State of the Lesser Antilles, independent since 1966. Jenny was waiting for us and we were very happy to meet. She gave us an almost complete tour of the island while explaining the story of her family and that of her husband. She herself is native of Trinidad but she also has Barbadian roots, by her mother. From her Corsican origins, she knows little but the family tradition had transmitted to her that her family, the Giuliani, lived in Pinu Supranu. She regrets not having spoken more, being younger, with her father and grandmother, to find out more. It is also this lack of information that had prompted her to undertake this trip to land unknown, or almost, last year! As for her husband, he comes from an old family of English settlers, since his ancestor arrived in Barbados as a soldier of the King, at the very beginning of the seventeenth century. After leaving the army, this distant ancestor had acquired a land in the northeast of the island where he created a sugarcane plantation. Today, Mount Gay is unquestionably the most famous and best rum produced in Barbados. It comes from the plantation founded by the ancestor of Jenny’s husband, more than three centuries ago.

The story of this meeting with Jenny brings me naturally to evoke Barbados. Previously, I described St. Lucia, the neighboring island, 145 kilometers to the northwest, where we had spent the day before we arrived in Barbados. These two English-speaking islands, former British colonies, are very dissimilar. The first is a real mountain in the sea. Its very rugged terrain is covered with dense and lush vegetation. The second is almost flat and nature has been visibly shaped by man during the last three or four centuries, given the vast plantations that dot it. The first was fiercely disputed between England and France while the second was British for 339 years without interruption, from 1627 to 1966. The Portuguese navigator Pedro Campos who, on his way to Brazil, visited it in 1536, gave the island the name of « Os Barbudos » (the bearded ones), seeing the long aerial roots of certain ficus that made him think of « beards ». This name became definitive, slightly transformed into « Barbados » in English, and « Barbade » in French. Barbados is smaller than Saint Lucia: 430 square kilometers only, compared to 617 square kilometers for its neighbor. Mount Hillaby, with its 336 meters of altitude, is the highest point of the island, while in Saint Lucia the highest mountain is 950 meters. With nearly 300,000 inhabitants, Barbados is, however, nearly twice as populous as Saint Lucia. The less rugged terrain has undoubtedly allowed this higher human density. Barbados, however, shares with Saint Lucia and the Lesser Antilles the same history regarding its initial settlement, Amerindian, then its forced settlement, African, due to slavery. The big Barbadian plantations have also resorted to this labor torn from the African continent. The permanence and duration of the English presence transformed the island into a little England. It is divided into eleven parishes that all bear the names of patron saints: Saint Andrew, Saint George, Saint James, Saint John, Saint Joseph, Saint Lucy, Saint Michael, Saint Peter, Saint Philip and Saint Thomas. The eleventh parish is called Christ Church. In the center of each of these eleven parishes, one can admire venerable Anglican churches of typical English style, the oldest of which date from the seventeenth century. Catholic churches are also quite numerous, although originally only Protestantism was allowed by the English.

Animal Flower Cave

Jenny introduced us to Animal Flower Cave, at the northern tip of the island, rocky and exposed to the onslaught of waves, where we stopped at the restaurant run by one of her cousins. A marine grotto, is located nearby. The underwater bottom of this cave is lined with sea anemones, which gave its name to the bay, since « animal flower » means sea anemone in local English. Old guns pointed out to sea and, no doubt, to a possible French threat, decorated the pleasant veranda of the establishment where we took refreshments while chatting. Jenny explained her family story and that of her husband. She also told us of her desire to restore the links that had been interrupted for too long with Pinu Supranu and her ancestor’s homeland. She charged me to meet the mayor of Pinu, on my return to Corsica, to try to find out more about the Giuliani. During her short stay last year, she managed to find a cousin, Lucien Bertoni. For my part, I told her all my efforts to discover the story of the mysterious Alice Armstrong, a native of Barbados and buried near the hamlet of Jenny’s ancestor Giuliani. Despite all her efforts, Jenny has not yet managed to find any descendants or relatives of Alice. It is true that this surname, Armstrong, is very common in the West Indies and even, as is known thanks to a famous jazz man and a no less famous astronaut, in the United States of America. After this pleasant stop at Animal Flower Cave, we took the road again and Jenny made us discover the north-east coast, very exposed to the wind and big rollers of the Atlantic Ocean. We have been able to see the enormous plague of giant seaweed carpets that have been thrown back by the ocean on the northeast coast for a few years now.

A stop, then, allowed us to admire the ancient and majestic windmill Morgan Lewis, which is used to grind sugar cane and which is one of the last two in the world still in activity. A little further, we spent a moment contemplating the huge waves at Cattlewash Beach, a beach dotted with gigantic granite rocks more or less round. They resist for centuries, even millennia, to the fury of the ocean. The name of this beach probably evokes the shape of these large rocks, reminiscent of a herd of oxen going to the bath. Looking out to sea, it was difficult for us to imagine that the nearest land was that of the island of Tenerife, in the Canaries, on the other side of what Christopher Columbus and his contemporaries called the « ocean sea » . After that, we took a slightly uphill route, crossing the island from east to west. While climbing, we were able to take a brief look at the charming Anglican church of St. Joseph which offers a beautiful view of the ocean. This church has unfortunately been deconsecrated for several years because it is located on a sloping ground that is slipping, condemning well, in the long run, this beautiful building with the all white facade, consecrated in 1839. The road then descended to the West Coast, more populated, crossing localities dotted with old houses, churches and luxurious hotels by the sea.

View from Zaccios’ veranda

We had our lunch in a nice restaurant in Holetown[1], whose large veranda overlooks a beautiful sandy beach whose extremely clear sea licked the terrace of the establishment. The contrast could not be greater between the Caribbean coast and the Atlantic coast, which we had just left. As much as the eastern seaboard was exposed to powerful winds and subject to the constant assault of huge waves, the Caribbean coast seemed to us heavenly with its turquoise water, sparkling under the sun, making you want to swim. This is what I did, after having drunk the punch offered by the owner of the establishment and before we feast on an excellent grilled fish caught that morning.  It was with regret that we then returned to Bridgetown Harbor and our big ship, after taking leave of Jenny and mutually promising to keep in touch and do everything to develop relations between our two islands. The story of the family of our friend, the Giuliani, Pinu Supranu, and that of Alice Armstrong, will perhaps allow us to consolidate the bridge established between Barbados and Corsica!

Hervé Cheuzeville, 9th May 2018

[1] Zaccios Restaurant, Highway 1, Holetown, Barbados, tel +1 246-432-1319  http://www.barbadosbarbados.com/dining/zaccios-holetown/

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