Mes Chroniques »

Pour une mise hors la loi de l’islamisme politique

20/08/2017 – 8:15 | No Comment | 215 views

Mon dernier livre, « Prêches dans le désert[1] », paru au début de cette d’année, n’est pas vraiment constitué de prêches. Les différentes chroniques qui le composent constituent plutôt un cri. Un cri d’alarme, un cri d’indignation …

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En temps de guerre, la vérité existe-t-elle ?

Submitted by on 05/08/2014 – 4:10 No Comment | 5 193 views

DSCF0007Le 20 juillet dernier, je rentrais d’un merveilleux voyage dans trois pays d’Afrique, trois pays qui me sont chers, trois pays où j’ai autrefois vécu et travaillé : le République Démocratique du Congo, le Malawi et l’Ouganda. J’avais la tête pleine de souvenirs, de nouvelles expériences, j’étais exalté par les rencontres faites, les lieux découverts ou, le plus souvent, redécouverts. Je rentrais chez moi bien décidé à raconter et à écrire.
C’était sans compter avec Gaza. Aussitôt arrivé en Europe, je fus submergé par les nouvelles venant de ce territoire. Chaque jour, mon indignation alla grandissant face aux mensonges et à la désinformation entourant ce conflit. Certes, mes 25 années d’Afrique m’ont appris que dans chaque conflit, la première victime est toujours la vérité. Mais dans ce domaine, il semblerait que de nouveaux records aient été battus, durant ce mois d’opérations militaires à Gaza. Des envoyés spéciaux qui se contentaient de reprendre les bilans et les communiqués du « ministère de la santé », c’est-à-dire des autorités du Hamas, sans jamais les questionner, sans jamais les mettre en doute. Ces bilans ne faisaient d’ailleurs jamais mention des pertes militaires du Hamas, se limitant à un chiffre global laissant entendre que la totalité des morts palestiniens étaient des civils innocents. Alors que, quand il s’agissait des pertes israéliennes, on en faisait toujours le décompte : un chiffre – minime – de civils tués et un chiffre beaucoup plus importants de tués au sein de Tsahal. Des images de mosquées, d’écoles ou d’hôpitaux touchés par des bombardements, sans que les commentaires ne fassent jamais mention des armes qui y étaient stockées, ou des missiles qui avaient été tirés depuis ces endroits (avant de subir les répliques israéliennes). Le vocabulaire utilisé n’était jamais anodin : massacre ou crimes de guerre ! Alors que les pires crimes de guerre n’étaient quant à eux jamais dénoncés : l’utilisation des populations civiles comme « boucliers humains », l’emploi d’enfants dans les combats et surtout, on l’a vu, l’utilisation des mosquées, hôpitaux et écoles à des fins militaires. Mais le pire a sans doute été atteint avec l’utilisation ad nauseam d’images d’enfants blessés ou morts, alors que, bien souvent, ces photos provenaient du conflit syrien.
Pourquoi les correspondants des grands médias n’ont-ils jamais fait état des pressions subies de la part du Hamas ? La seule exception à la règle fut celle du journaliste italien Gabriele Barbati qui, après avoir quitté l’enclave, a eu l’honnêteté de préfacer un « tweet » de la manière suivante : « Hors de Gaza, loin de toute possibilité de représailles du Hamas… » Il disculpait ensuite l’armée israélienne pour le tir contre l’hôpital Al-Shati (où des enfants ont été tués), indiquant avoir vu des miliciens du Hamas ramasser les débris d’une de leurs roquettes, retombée après un tir raté. Pourquoi ces envoyés spéciaux n’ont-ils jamais évoqué, ou montré, les mouvements des miliciens armés du Hamas alors qu’ils n’ont jamais hésité à couvrir ceux de l’armée israélienne ? Pourquoi n’a-t-on jamais vu d’images de ces miliciens tirant des missiles ? Comment se fait-il qu’aucune image n’ait été montrée de combattants du Hamas morts ou blessés, faisant ainsi croire au monde entier que seuls les civils innocents étaient victimes des tirs de Tsahal ? Pourquoi n’ont-ils jamais interrogé des habitants de Gaza au sujet de la présence d’armes ou de bases de lancement de missiles dans les mosquées, écoles ou hôpitaux ? Ou encore au sujet du creusement de tunnels sous leurs habitations ? Il eut été intéressant d’interviewer des responsables de l’UNRWA (1) au sujet de la présence de caches d’armes du Hamas dans leurs écoles ; malheureusement, cela n’a jamais été fait ! Pourquoi est-ce qu’aucun d’eux n’a fait état de l’exécution sommaire de dizaines de civils, par le Hamas, lors d’une courte trêve ? Sans doute ces malheureux Palestiniens ont-ils été comptabilisés dans la liste des victimes de l’armée israélienne, fournie par le « ministère de la santé » aux journalistes étrangers !
DSCF0001Mon indignation a été portée à son comble par la lâcheté de nos politiciens qui ont repris à leur compte les mensonges véhiculés. Eux aussi, à commencer par le président français, ont utilisé le mot « massacre ». Est-ce de l’ignorance, de la complaisance ou plutôt un souci d’aller dans le sens de la rue, occupée depuis des semaines par des manifestations, souvent violentes, de « solidarité avec le peuple palestinien ». Solidarité qui s’est exprimée avec la destruction d’abris-bus et de véhicules de la RATP, par des attaques de synagogues ou de commerces appartenant à des Juifs. Ce climat de mensonge ambiant à même permis à un ancien premier ministre de revenir sur le devant de la scène médiatique par le biais d’une « tribune » dans un quotidien national. Dominique de Villepin continue à surfer sur l’aura que lui avait valu son fameux discours de l’ONU, en 2003, lorsqu’il s’était opposé avec brio, au nom de la France, à la guerre que les Etats-Unis préparaient contre l’Irak. Déjà en janvier 2013, il avait tenté de se rappeler au bon souvenir des Français en étant l’un des rares politiciens à exprimer son opposition à l’Opération Serval, décidée par François Hollande pour libérer le nord du Mali de la mainmise d’Al Qaïda et de ses affiliés régionaux. A l’époque, je lui avais adressé une lettre ouverte dans laquelle je m’étonnais d’une telle prise de position. Dans sa dernière tribune, de Villepin ose dénoncer des « mensonges », au sujet de Gaza, alors qu’il est le premier à en propager, lorsqu’il affirme qu’à Gaza « on tue des enfants en connaissance de cause » ! A Gaza, l’armée israélienne a déployé des efforts prodigieux pour éviter les morts d’innocents, en particulier celles d’enfants. Mais que faire lorsque l’on doit faire face à un ennemi qui n’hésite pas à s’abriter derrière des enfants ou qui endoctrine les petits Gazaouis dès leur plus jeune âge afin qu’ils n’aient qu’un seul objectif dans la vie, celui de mourir en martyr ? Comment est-ce qu’un ancien chef de gouvernement de pays démocratique, la France, peut affirmer sans rire qu’Israël est un Etat « ségrégationniste, militariste et autoritaire » alors qu’il s’agit précisément du seul et unique Etat démocratique du Proche-Orient ? Un pays ou un magistrat arabe peut faire juger un président, un pays où les députés élus de la minorité arabe peuvent dire tout le mal qu’ils pensent d’Israël à la tribune du Parlement ? Comment ose-t-il comparer Israël à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ? A-t-il seulement jamais mis les pieds dans cet Afrique du Sud-là ? Autre mensonge de M. de Villepin : le blocus. Sait-il combien de camions chargés entrent à Gaza chaque jour en provenance d’Israël, alors que la frontière avec l’Egypte est hermétiquement close depuis le changement de régime dans ce pays ? Si vraiment le terme « blocus » devait être utilisé, peut-être conviendrait-il de spécifier qu’il s’agit d’un blocus égyptien et non israélien. L’ancien premier ministre n’hésite pas à évoquer, lui aussi, des « crimes de guerre ». Sans doute aurait-il dû clarifier son propos en précisant qu’il pensait aux crimes de guerre du Hamas, au lieu de laisser croire qu’Israël est responsable de tels crimes. Ce n’est pas Israël qui a stocké des armes de mort dans des écoles, même dans celles de l’ONU, comme l’UNRWA, peu suspecte de sympathie pour Israël, l’a révélé. Le pire se trouve dans la conclusion de la tribune, où M. de Villepin exige des sanctions contre Israël, alors qu’il n’envisage pas la moindre action contre le groupe terroriste Hamas. Il achève son papier en demandant le déploiement de casques bleus des Nations Unies non seulement à Gaza (pourquoi pas ?), mais aussi en « Cisjordanie » et à Jérusalem-Est. Il est donc partisan d’un retour d’Israël dans ses limites d’avant la guerre des Six-Jours, alors qu’il sait très bien que de telles « frontières » ne seraient viables ni pour Israël ni pour un hypothétique Etat palestinien, et qu’elles exposeraient l’Etat hébreu à un péril mortel, comme l’exemple de Gaza l’a largement prouvé. De plus, elles impliqueraient une nouvelle division de Jérusalem, ce qui serait un épouvantable retour en arrière (2). Pourquoi ne pas proposer un nouveau partage de Berlin, tant qu’il y est ? Il ferait mieux de militer pour la réunification de Nicosie, dernière capitale européenne à être encore divisée, du fait de l’occupation turque qui perdure depuis 1974 ! Mais sans doute est-il plus facile, plus « consensuel » de s’en prendre à Israël qu’à la Turquie… Dois-je rappeler à M. de Villepin qu’avant 1967 les Juifs n’avaient pas accès au Kotel, ou Mur Occidental, le lieu le plus saint du judaïsme, alors que depuis leur victoire de cette année-là, les Israéliens ont maintenu la gestion du Mont du Temple (ou esplanade des mosquées) sous la responsabilité d’un organisme musulman, le WAFQ ? Avec sa dernière tribune, l’ancien premier ministre devenu avocat d’affaires international s’est pour longtemps décrédibilisé. Le mythe de l’homme qui sut dire non aux Etasuniens s’est écroulé. Il pourra donc poursuivre en paix, et pour longtemps, ses lucratives affaires avec l’Emirat fort peu démocratique du Qatar, par ailleurs principal financier du Hamas…
Depuis mon retour d’Afrique, je n’ai cessé de recevoir des messages désespérants de mes amis d’Ashdod et d’ailleurs, narrant leur quotidien fait d’alertes et de courses aux abris. Mais cela, bien sûr, nos grands médias et nos politiciens ne l’ont jamais évoqué, préférant rejeter le blâme, tout le blâme, sur Israël.
Oui, je suis à présent fatigué de devoir, à longueurs de journées, tenter de rétablir certaines vérités. Fort heureusement, la bonne nouvelle du jour est qu’une trêve de trois jours a été conclue au Caire, et que l’armée israélienne s’est redéployée en dehors de la bande de Gaza. Je vais pouvoir à nouveau me consacrer, dans mes écrits, au Malawi, au Congo et à l’Ouganda. Il était temps !

Puisse le peuple de Gaza et celui d’Israël retrouver enfin la paix et la sécurité, une fois débarrassés de la terreur du Hamas!

Hervé Cheuzeville, 5 août 2014

(1) United Nations Refugees of War Agency, l’agence de l’ONU créée en 1948 afin de venir en aide aux réfugiés du premier conflit israélo-arabe.

(2) La seconde photo de cet article illustre à merveille l’impossibilité pratique d’un éventuel « partage » de Jérusalem: on y voit le Kotel, lieu saint du judaïsme et, juste au-dessus, le Dôme du Rocher, lieu saint de l’islam (lui même construit à l’emplacement des Temples de Salomon et d’Hérode!)

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