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La Corse, une île en voie d’émancipation

01/12/2017 – 3:31 | No Comment | 120 views

En cette froide soirée du 30 novembre 2017, des milliers de personnes s’étaient rassemblées sous un immense chapiteau blanc, près de la plage de l’Arinella, à Bastia. Oui, il faisait bien froid, mais l’ambiance y …

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Espoir à Raqqa, désespoir à Mogadiscio

Submitted by on 19/10/2017 – 7:40 No Comment | 137 views

Raqqa, cette cité syrienne fondée par Séleucos II au IIIe siècle est enfin libérée, après des mois de combats acharnés entre les forces arabo-kurdes et les djihadistes les plus jusqu’au-boutistes.  Cette ville et sa population sont enfin libres, après trois longues années d’enfer sous le joug terroriste.  C’est à Raqqa que le mégalomane criminel qui s’est autoproclamé « calife » se cachait, c’est là qu’était installé le centre de commandement du groupe terroriste qui s’est lui-même donné le nom d’« État Islamique ». C’est là qu’étaient retenus captifs de nombreux Yézidis, Chrétiens ou Kurdes, en particulier des centaines de femmes et de filles, transformées en esclaves sexuelles. C’est là que convergeaient des centaines, voire des milliers de jeunes et moins jeunes venus d’Occident, du Maghreb et d’ailleurs, pour la plupart des délinquants minables ou des jeunes incultes et sans repères, intoxiqués par une propagande nocive. C’est là que d’odieux meurtres furent commis : décapitations sur la place publique, assassinats de présumés homosexuels jetés du haut d’immeubles avant d’être lapidés. C’est là que furent enregistrées des vidéos de propagande haineuse d’une grande violence, avant d’être diffusées sur internet. C’est aussi là que furent préparés les attentats qui ensanglantèrent la capitale française en novembre 2015. Depuis des années, dans mes chroniques ainsi que dans mon dernier livre, je demandais que ce nid de frelons soit anéanti. C’est aujourd’hui chose faite, grâce aux Syriens eux-mêmes, appuyés, il convient de le rappeler, par des États occidentaux au premier rang desquels figurent les États-Unis.

Raqqa est donc enfin tombée, mardi, après une longue et cruelle bataille, commencée le 8 juin dernier. Les combats ont fait, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, 3250 morts, dont 1130 civils. Quelques 270 000 personnes ont fui la ville et sa région et elles se trouvent à présent dans le plus grand dénuement. Raqqa est libérée du joug des djihadistes mais l’avenir de la ville est plus incertain que jamais. Car cette ville, cible de nombreux bombardements occidentaux et théâtre de combats de rue, est détruite à 80%, toujours selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Presque aucun bâtiment n’a été épargné. Les infrastructures ont été détruites, il n’y a plus ni d’eau ni d’électricité.

Parmi les jusqu’au-boutistes les plus acharnés qui ont résisté jusqu’à ces derniers jours figurent des djihadistes étrangers, en particulier des détenteurs de la nationalité française. Oui, c’est vrai, j’hésite à les qualifier de « compatriotes », ces porteurs de passeports français qui vomissent la France et son mode de vie et qui ont voué leur vie à la destruction du pays qui pour certains d’entre eux les a vu naître et grandir. Interrogée dimanche sur Europe 1 la ministre des Armées, jusque-là fort discrète, n’a pas mâché ses mots. Florence Parly a tout simplement déclaré : « Ce que nous voulons, c’est aller au bout de ce combat. Et, bien sûr, s’il y a des djihadistes qui périssent dans ces combats, tant mieux. » Oui, je sais, de tels propos peuvent choquer. Il ne faut jamais souhaiter la mort d’autrui. Cependant, la ministre a eu raison de désigner clairement l’ennemi, contrairement à de nombreux responsables politiques qui continuent à utiliser un langage politiquement correct, évitant de dire clairement qui est l’ennemi, un langage dans lequel il est préférable d’utiliser hypocritement un acronyme arabe, DAESH, afin de ne pas avoir à qualifier l’ennemi d’ « État islamique », l’adjectif « islamique » pouvant « stigmatiser » une catégorie de la population française !  L’ennemi, c’est bel et bien cette idéologie de mort, ce djihadisme qui a déclaré la guerre à notre société et à nos valeurs. Dans toutes les guerres, il y a malheureusement des morts. Pour ma part, j’ai la faiblesse de penser, comme Florence Parly, qu’il vaut mieux voir périr quelques dizaines de djihadistes au combat, un combat qu’ils ont eux-mêmes choisi, plutôt que de les voir survivre et causer la mort de centaines ou de milliers d’autres innocents, en Syrie, en Irak ou en Europe s’ils parvenaient à y revenir. Car s’ils aiment la mort et la souhaitent afin d’être honorés comme des martyrs, ces individus ont prouvé ces dernières années qu’ils n’avaient aucun scrupule pour l’infliger aux autres, qu’ils soient « mécréants », comme ils disent, ou musulmans, comme cela a été le cas le samedi 14 octobre à Mogadiscio.

Selon les observateurs, l’attentat qui a frappé ce jour-là la capitale de la Somalie est le pire qu’ait connu ce pays, un pays qui a pourtant connu son lot d’horreurs innommables, en 26 années de guerre civile. En Somalie comme en Syrie ou en Irak, ce sont des djihadistes qui terrorisent la population et qui massacrent. Dans ce pays de la Corne de l’Afrique, ils sont appelés « Shebabs », c’est-à-dire « jeunes », en arabe. Mais, contrairement à leurs confrères du Moyen-Orient, les Shebabs somaliens tuent surtout des musulmans, puisque tous les Somaliens sont musulmans. Certes, ils ont également fait des victimes chrétiennes parmi les soldats de la force de maintien de la paix africaine, en particulier des Burundais. En dehors de ces malheureux soldats morts dans une guerre qui n’était pas la leur, les cibles des Shebabs sont des Somaliens, des humbles comme des ministres, des militaires comme des civils. C’est ce qui s’est produit lors de cet attentat du 14 octobre, causé par l’explosion d’un camion piégé qui avait forcé les barrages avant d’exploser, à une heure de pointe, dans un carrefour populeux de la capitale, faisant probablement 300 morts et des centaines de blessés.

À Nairobi, au Kenya, l’importante communauté somalienne s’est mobilisée pour venir en aide aux victimes. Du sang, des médicaments et de l’argent ont été collectés afin de répondre aux besoins des victimes de l’attentat. À Paris, symboliquement, la Tour Eiffel a été éteinte un soir, en hommage aux morts et aux blessés de cette tragédie. À Rome, ce mercredi, le pape François a imploré mercredi « la conversion des hommes violents » en exprimant sa « douleur ». Tout cela est bel et bon, mais il conviendrait de faire davantage pour la Somalie. Il est grand temps que ce pays retrouve la paix et la stabilité, afin de pouvoir se reconstruire. Ce qui s’est produit le 14 octobre semble avoir servi d’électrochoc, tant pour le peuple somalien que pour la communauté internationale. Puisse l’émotion intense suscitée par cet attentat aveugle permettre à la Somalie de sortir enfin de 26 longues années de guerre fratricide !

Hervé Cheuzeville, 18 octobre 2017.

(Hervé Cheuzeville est l’auteur de sept livres et de nombreux articles et chroniques. Son dernier ouvrage « Prêches dans le désert » est paru aux Editions Riqueti en mars 2017. Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina).

 

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