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Le centenaire de l’Armistice et la Corse

08/11/2018 – 7:37 | One Comment | 338 views

Il existe à Bastia une immense place où les Bastiais aiment flâner ou se retrouver à la terrasse de l’un des nombreux établissements qui la bordent, pour le café ou l’apéritif, tandis que les touristes …

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Espoirs coréens

Submitted by on 26/09/2018 – 6:58 No Comment | 336 views

Accueil du Président Moon Jae-in et de son épouse à l’aéroport de Pyongyang (photo: KCNA)

Grâce aux reportages de différentes agences de presse trouvés sur internet, j’ai pu suivre presque en direct le voyage que le président sud-coréen a effectué en Corée du Nord du 17 au 19 septembre dernier. Cette visite, ô combien historique, n’a pratiquement pas été mentionnée par les grands médias français, et les journaux télévisés des principales chaînes ne l’ont pas évoquée, préférant sans doute revenir une fois de plus sur une ridicule affaire de garde du corps présidentiel qui, en fait, n’en était pas un, ou sur les températures anormalement élevées de la fin de l’été.

Les images que j’ai pu voir étaient pourtant saisissantes : le Président Moon Jae-in, tout sourire, suivi de son épouse, apparaissait à la coupée du Boeing 747 arborant, sur sa carlingue, le drapeau de la République de Corée, à l’aéroport de Pyongyang, capitale de la République Populaire Démocratique de Corée, quelques instants avant de descendre les marches et d’étreindre le leader nord-coréen Kim Jong-un qui, très souriant lui aussi, attendait au pied de la passerelle, sur le tapis rouge ! Le leader nord-coréen, vêtu de son habituelle tenue noire et austère, à col ouvert, était accompagné de son épouse, lui aussi. À l’arrière-plan, une foule d’hommes, de femmes et d’enfants revêtus de leurs plus beaux atours manifestait bruyamment sa joie, brandissant des drapeaux, trépignant et dansant frénétiquement ! Une telle scène eut été inconcevable il y a encore quelques mois. La charge émotionnelle de ces images a éveillé en moi le souvenir de celles d’une autre descente d’avion, vue à la télévision voici plus de quarante ans : celle du Président égyptien Anouar el-Sadate à l’aéroport de Tel Aviv, en Israël, en 1977. Comparaison n’est pas raison, dit-on. À l’époque, il s’agissait de la première rencontre officielle et publique entre les dirigeants de deux pays qui s’étaient livrés plusieurs guerres et dont l’un, l’Égypte, ne reconnaissait pas encore l’autre, Israël. Le 17 septembre dernier, ce sont aussi des dirigeants d’États ennemis qui se sont rencontrés. Mais ces deux États ne forment que les deux moitiés d’un seul et même pays, la Corée, arbitrairement divisée par les grandes puissances à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale et qui fut le théâtre d’une terrible guerre entre 1949 et 1953. Ce conflit s’internationalisa avec l’intervention occidentale aux côtés des troupes du Sud et celle de la Chine communiste en soutien au régime du Nord qui bénéficia également de l’appui soviétique. Depuis, aucun traité de paix n’a jamais formalisé la fin de cette guerre destructrice qui s’est soldée par un simple armistice, toujours en vigueur soixante-cinq années plus tard. Une zone démilitarisée fut établie de chaque côté de la ligne de cessez-le-feu, le long du 38ème parallèle. C’est cette ligne qui continue encore à servir de frontière entre la République Populaire Démocratique de Corée, au nord, et la République de Corée, au sud. À la différence de Sadate en 1977, Moon Jae-in n’a donc pas débarqué en terre étrangère. Il est le président d’une moitié de la péninsule coréenne et, à Pyongyang, il a foulé le sol de son propre pays, où il a été accueilli par le dirigeant de l’autre moitié de cette même péninsule. Contrairement au président Sadate et au premier ministre Begin, Moon Jae-in et Kim Jong-un n’ont pas eu besoin d’interprètes pour s’entretenir : ils ont discuté ensemble dans leur langue maternelle, le Coréen ! Nul doute que cela a grandement facilité les choses. En fait, pendant trois jours, ils ne se sont pratiquement pas quittés et ont eu plusieurs entretiens, parfois en tête-à-tête.

Après avoir quitté l’aéroport, les deux dirigeants coréens ont parcouru debout, à bord d’une limousine découverte, la route menant au centre de Pyongyang. De part et d’autre des larges avenues de la capitale nord-coréenne se pressaient des milliers d’habitants, eux aussi dansant et agitant des drapeaux. Précisons que le drapeau sud-coréen n’apparaissait nulle part, on ne pouvait voir que le drapeau nord-coréen et celui de l’unité coréenne (représentant la silhouette bleue de la péninsule sur fond blanc). Durant les trois jours que le Président Moon Jae-in a passé en Corée du Nord, les mêmes scènes de liesse populaire se sont répétées. Un moment m’a particulièrement frappé : celui où, au soir de la seconde journée de sa visite, le 18 septembre, le président sud-coréen a prononcé un discours au grand stade de Pyongyang, devant une foule enthousiaste estimée à 150 000 personnes.  Le seul fait qu’il ait pu prononcer ce discours était en soi un évènement historique. C’était en effet la première fois qu’un leader non Nord-Coréen s’adressait à une foule nord-coréenne. Après avoir remercié Kim Jong-un, le président sud-coréen a annoncé le début d’une ère de paix dans la péninsule coréenne. Puis il a détaillé les points principaux de l’accord conclu durant le sommet. Il a déclaré qu’il n’y aurait plus jamais de guerre sur la péninsule, indiquant que les deux parties étaient tombées d’accord sur la mise en œuvre de mesures spécifiques afin d’éliminer complètement la peur de la guerre et le danger de conflits armés entre les deux Corées. Il a ajouté que, « Pendant plus de cinq mille ans, nous avons vécu ensemble et durant 70 ans, nous avons été séparés. Je propose aujourd’hui d’en finir complètement avec cette séparation de 70 années et d’effectuer un grand pas vers la paix ».  Moon Jae-in a ensuite conclu son discours par ces mots : « Le président Kim Jong-un et moi nous serons la main dans la main avec les 80 millions d’habitants de la péninsule et nous construirons un nouveau pays. Ensemble, embarquons-nous vers un nouvel avenir ». Paroles fortes prononcées dans un immense stade, devant une foule énorme applaudissant à tout rompre à la fin de chaque phrase, alors qu’il y a moins d’un an le dirigeant nord-coréen assis à ses côtés se livrait à la démonstration des capacités nucléaires et balistiques de son régime avec des explosions sous-terraines et des tirs de missiles…

Kim Jong-un, Moon Jae-in, et leurs épouses au lac Cheon-ji (photo: présidence République de Corée)

La visite du président sud-coréen et de son entourage s’est achevée avec une étape hautement symbolique au Mont Paektu qui, avec ses 2 744 mètres d’altitude, est le point culminant de la péninsule coréenne. Il s’agit en fait d’un volcan situé à la frontière sino-coréenne, entre la province chinoise du Jilin et la province nord-coréenne de Ryanggang.  C’est un mont sacré tant pour les Coréens et que pour les Mandchous voisins. Les deux dirigeants coréens, accompagnés de leurs épouses et de leurs délégations se sont rendus au bord du splendide lac Cheon-ji, ou lac du Paradis, dont l’eau claire et limpide remplit partiellement la vaste caldeira de 5 kilomètres de diamètre et 850 mètres de profondeur qui occupe le sommet du volcan. Le président sud-coréen n’a pas caché son émotion en découvrant l’endroit, allant jusqu’à mouiller ses chaussures de ville pour remplir une bouteille en plastique avec l’eau claire du lac pour la ramener avec lui à Séoul. Il a raconté à Kim Jong-un comment il avait auparavant refusé de se rendre en ce lieu du côté chinois de la frontière, tenant à effectuer la visite du côté coréen. La montagne est en effet située juste sur la frontière, qui passe d’ailleurs au beau milieu du lac du Paradis. « J’ai fini par réaliser mon rêve », devait-il ajouter.

Après cette dernière étape, le Président Moon Jae-in a directement regagné Séoul, la capitale de Corée du Sud, où il a rendu compte aux Sud-Coréens des résultats de sa visite, lors d’une rencontre avec les médias. Depuis, il a depuis entrepris un autre voyage : il s’est rendu à New York afin de s’adresser à l’assemblée générale des Nations Unies le 26 septembre. Il devait également évoquer son voyage en Corée du Nord et ses efforts de paix avec le secrétaire-général des Nations Unies, le président des États-Unis, le premier ministre japonais et d’autres dirigeants de la planète.

Mais qui est donc ce président sud-coréen devenu artisan de paix, encore largement inconnu en Europe ? Il ne préside aux destinées de sa moitié de pays que depuis le 10 mai 2017. En si peu de temps, il est cependant parvenu à changer l’image de la Corée du Sud et à imprimer sa marque en politique internationale. En avril dernier, il avait déjà rencontré le leader nord-coréen à Panmunjom, sur la ligne de démarcation séparant le nord et le sud.

Moon Jae-in naquit en 1953 à Geoje, une île située au large de la côte méridionale de la péninsule, tout près de Pusan, la grande ville portuaire. Pendant la guerre de Corée, le gouvernement militaire du général MacArthur y avait établi un immense camp de prisonniers de guerre qui hébergea jusqu’à 170 000 détenus, principalement des soldats nord-coréens. Le père de Moon Jae-in, lui-même réfugié originaire de Hamhung, en Corée du Nord, avait fui le régime communiste et il avait trouvé un emploi dans ce camp. Malgré ses origines modestes, le futur président fit ses études secondaires dans l’une des écoles les plus prestigieuses de Corée du Sud, le lycée Kyungnam. Ensuite, il poursuivit ses études à l’université Kyung Hee, à Séoul, en faisant du droit. C’est durant cette période qu’il fit ses premières armes en politique, alors que la Corée du Sud était dirigée d’une poigne de fer par le dictateur Park Chung-hee[1], qui était arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire en 1961. En 1971, Moon Jae-in, alors âgé de 20 ans, tenta d’organiser une manifestation contre la constitution que l’homme fort allait faire approuver par référendum. Pour cela, il fut arrêté et exclu de l’université. Il parvint malgré tout à achever ses études, en sortant second de sa promotion, en 1980. Ne pouvant pas devenir juge du fait de sa participation au mouvement étudiant, il embrassa la carrière d’avocat. Quelques mois plus tôt, le 26 octobre 1979, le Président Park Chung-hee avait été assassiné par le chef de la KCIA, les services secrets sud-coréens. Tout espoir de démocratisation avait ensuite été réprimé lors du coup d’État militaire d’un autre général, Chun Doo-hwan[2], en décembre de la même année. Le nouveau régime militaire fut marqué par la poursuite du « miracle économique » sud-coréen, entamé durant l’ère Park Chung-hee et caractérisé par des taux de croissance économique élevés mais aussi par un fort endettement et par la répression des mouvements syndicaux. Durant cette période, Moon Jae-in ouvrit un cabinet à Pusan avec Roh Moo-hyun[3]. Il s’impliqua dans la défense des droits de l’homme et des droits civils, devenant l’une des figures du mouvement démocratique. En 1988, il fut l’un des membres fondateurs du Hankyoreh, le premier grand journal de gauche de Corée du Sud. Impulsées par les étudiants, de grandes manifestations eurent lieu, réclamant la démocratisation du régime, l’élection du président de la République au suffrage universel et le départ des troupes américaines. Face à l’ampleur des mouvements de contestation, le général Chun Doo-hwan accepta la tenue de l’élection présidentielle au suffrage universel direct en décembre 1987. Le candidat du pouvoir, le général Roh Tae-woo[4], fut élu à la faveur de la division de l’opposition. Cependant, l’ancien bras droit de Chun Doo-hwan rompit avec la politique de son prédécesseur en prenant des mesures de libéralisation politique qui permirent la démocratisation de la Corée du Sud. En 2002, Moon Jae-in s’occupa de la campagne électorale qui amena l’élection de son ami et confrère Roh Moo-hyun à la présidence de la République. Il travailla alors au cabinet présidentiel d’abord en tant que conseiller, puis de 2007 à 2008, en qualité de secrétaire général. C’est à ce titre qu’il fut, en 2007, le principal organisateur du deuxième sommet intercoréen. Lors de ce sommet, organisé à Pyongyang du 2 au 4 octobre 2007, le président Roh Moo-hyun fut l’hôte du leader nord-coréen Kim Jong-il[5], le père de l’actuel homme fort de Corée du Nord. Un document commun fut signé dans lequel les deux dirigeants s’engageaient déjà à promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule. Roo Moo-hyun acheva son mandat présidentiel en 2008. Le 23 mai 2009, les Sud-Coréens furent stupéfaits et choqués d’apprendre son suicide. Au centre d’une enquête anti-corruption sur le versement d’un million de dollars à son épouse de la part d’un riche fabricant de chaussures, il avait préféré se jeter dans le vide lors d’une excursion en montagne. Moon Jae-in fut chargé d’organiser ses funérailles et se retrouva ainsi sous les feux des projecteurs. Sa popularité grandit et le public commença à le considérer comme un candidat sérieux pour la présidence. Pour l’élection présidentielle de 2012, il fut désigné candidat par son parti, le PDU[6]. Lors du scrutin du 19 décembre, il obtint 48,02 % des voix mais fut battu par la candidate conservatrice, Park Geun-hye[7]. L’élection de fille du dictateur Park Chung-hee fut obtenue grâce à la nostalgie du régime d’ordre de son père et au souvenir de la forte croissance économique de l’époque. Son mandat fut marqué par une très nette dérive autoritaire et par un énorme scandale qui éclata en 2016 à la suite des révélations sur l’influence « inappropriée et malsaine » qu’avait sur elle Choi Soon-sil, fille de Choi Tae-min[8], un influent prédicateur religieux de Corée du Sud. Le 8 décembre 2016, les députés de l’opposition votèrent une motion de destitution à l’encontre de la présidente. Dès le lendemain, l’Assemblée nationale vota la destitution et suspendit les pouvoirs de Park Geun-hye. Encore fallait-il que cette destitution soit validée par la Cour constitutionnelle. Il fallut attendre que l’enquête diligentée par la Cour ait rendu ses conclusions pour que, le 10 mars 2017, la destitution de la présidente soit officiellement entérinée. Dans l’histoire de la Corée, il s’agissait de la première destitution d’un chef d’État. Le 6 avril 2018, Park Geun-hye fut reconnue coupable d’abus de pouvoir, de corruption et de coercition par un tribunal de Séoul et condamnée à 24 ans de prison. Le 24 août dernier, cette peine fut aggravée en appel et portée à 25 ans. L’ancienne présidente est donc depuis lors derrière les barreaux, de même que son ancienne conseillère Choi Soon-sil, condamnée quelques mois plus tôt à 20 ans de détention.

À la suite de la destitution de Park Geun-hye, une nouvelle élection présidentielle eut lieu le 9 mai 2017. Elle fut remportée par le grand favori, Moon Jae-in. Ce dernier entra donc à la Maison Bleue, le nom de la résidence des présidents sud-coréens, alors que la fonction présidentielle était totalement déconsidérée du fait des affaires du mandat précédent. Il était impératif que le nouveau président agisse vite afin de restaurer la confiance intérieure et l’image de son pays à l’extérieur.

En octobre 2017, Moon Jae-in annonça la sortie de la Corée du Sud du nucléaire pour 2060. Les projets de construction de six nouveaux réacteurs furent annulés et 24 autres actuellement en service ne seront pas prolongés. Le gouvernement publia en outre un calendrier projetant l’accroissement de la part des énergies renouvelables à 20 % d’ici à 2030 en augmentant les investissements dans la recherche et le développement. L’opinion publique sud-coréenne sembla approuver ces annonces, tant elle était inquiète depuis la catastrophe japonaise de Fukushima en 2011. Inquiétude renforcée par les scandales de contrefaçons et de trafics de certifications de pièces détachées de réacteurs qui avaient défrayé la chronique. Mais ces décisions provoquèrent l’hostilité des milieux d’affaires et des médias.

Partisan d’un rapprochement avec la Corée du Nord, Moon Jae-in se déclara prêt à se rendre à Pyongyang. Il accepta que les États-Unis déploient en Corée du Sud le système de missiles anti-balistiques THAAD, mais à la condition expresse que le président américain ne l’emploie pas sans le consulter. En revanche, il fit annuler des exercices militaires prévus avec les États-Unis sur le territoire sud-coréen. Ces manœuvres annuelles avaient été source de tension avec le voisin du nord, les années précédentes. Pour les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en février 2018, il invita Kim Yo-jong, la sœur de Kim Jong-un et une délégation sportive nord-coréenne y participa. Symbole fort, les sportifs nord et sud-coréens défilèrent ensemble, derrière un seul drapeau, celui de l’unification, lors des cérémonies d’ouverture et de clôture. Début mars 2018, Moon Jae-in transmit au président Donald Trump la demande du dirigeant nord-coréen de le rencontrer. Puis, le président rencontra Kim Jong-un à Panmunjom. Le but affiché de Moon Jae-in était de parvenir à signer un traité de paix avec le nord, afin de mettre officiellement fin à la Guerre de Corée, 65 ans après l’armistice de 1953. Ce rapprochement intercoréen a suscité un large enthousiasme au sein de la population sud-coréenne : en avril 2018, la popularité de Moon Jae-in a atteint 68 %.

Ajoutons enfin que Moon Jae-in est un Catholique, baptisé à l’âge adulte et qu’il est très attaché à la doctrine sociale de l’Église. Il est marié à Kim Jung-sook et est père de deux enfants. Son épouse l’a d’ailleurs accompagné en Corée du Nord et les relations qu’elle a su nouer durant cette visite historique avec Ri Sol-ju, la femme de Kim Jong-un, ont été très remarquées et fort commentées par les médias sud-coréens.

Cependant, l’optimisme suscité par les  trois jours du Président sud-coréen passés en Corée du Nord ne saurait faire oublier la réelle nature du régime de la Corée du Nord. Car si Moon Jae-in est un ancien défenseur des droits de l’Homme, devenu le président d’un État à la démocratie exemplaire, où même la destitution d’un chef de l’État est possible, la Corée du Nord, elle, n’a pas évolué politiquement. La réunification de la péninsule coréenne n’est pas pour demain et la dynastie Kim risque malheureusement de continuer encore longtemps à régner sur une moitié du Pays du matin calme. Il convient malgré tout de saluer les courageux efforts du Président Moon Jae-in. Son voyage au nord aura marqué une avancée significative dans les relations entre les deux Corée. Un accord militaire visant à réduire la tension dans la péninsule a été signé. Les deux dirigeants ont aussi conclu un accord prometteur de coopération économique dont la mise en œuvre dépendra de la levée des sanctions onusiennes, toujours en place. Certes, il ne saurait être question de réunification. Mais l’éventuelle signature d’un traité de paix, la coexistence pacifique entre le nord et le sud et la dénucléarisation progressive de la péninsule pourraient être considérés comme des pas de géant, bénéfiques non seulement pour les 80 millions de Coréens, mais aussi pour tous les peuples de la région et de l’ensemble de la planète. Rappelons-nous l’extrême tension qui régnait il y a peu, les insultes que s’échangeaient Donald Trump et Kim Jong-un et les provocations nucléaires et balistiques de ce dernier. Tout cela se passait il y a moins d’un an ! Rappelons-nous aussi les émouvantes scènes de retrouvailles du mois dernier de membres de familles divisées qui ne s’étaient pas revus depuis 70 ans. On ne peut qu’espérer que les initiatives de paix du président sud-coréen et la bonne volonté manifestée ces derniers temps par l’homme fort de Pyongyang permettent aux Coréens (des deux côtés de la ligne de démarcation) de renouer et d’apprendre à se connaître. Le 19 septembre dernier, sur les bords du lac du Paradis, le Président Moon Jae-in, très ému, a déclaré qu’il souhaitait que les Sud-Coréens puissent eux aussi découvrir cet endroit merveilleux. Kim Jong-un avait souri et semblé acquiescer. Si un tel objectif devait être atteint, alors, oui, je pense que Moon Jae-in ferait un excellent lauréat pour le Prix Nobel de la Paix !

Hervé Cheuzeville, 24 septembre 2018

NB: voir également mon article de mars 2016 « Ubu Roi… au Pays du Matin calme » : http://cheuzeville.net/ubu-roi-au-pays-du-matin-calme/

Hervé Cheuzeville est l’auteur de huit livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (Editions Vincentello d’Istria, 2018)  et « Prêches dans le désert » (Editions Riqueti,2017). Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: http://www.ecouterradioenligne.com/salve-bastia/ ).

[1] Park Chung-hee, né en 1917, assassiné en 1979, militaire et homme d’État sud-coréen, président de la République de 1962 à sa mort.

[2] Chun Doo-hwan, né en 1931, militaire et homme d’État sud-coréen, président de la République de 1979 à 1988.

[3] Roh Moo-hyun, né en 1946, mort en 2009, avocat et homme d’État sud-coréen, président de la République de 2003 à 2008.

[4] Roh Tae-woo, né en 1932, militaire et homme d’État sud-coréen, président de la République de 1988 à 1993.

[5] Kim Jong-il (1941 ? – 2011), fils et successeur du fondateur de la République Populaire Démocratique de Corée Kim Il Sung, il fut secrétaire général du Parti du Travail de Corée et dirigeant suprême de la Corée du Nord de 1997 à sa mort.

[6] Le Parti Démocrate Unifié est un ancien parti politique libéral sud-coréen devenu « Parti démocrate » en 2013.

[7] Park Geun-hye, née en 1952, femme d’État sud-coréenne et fille du président Park Chung-hee (voir note 1), présidente de la République de 2013 à 2017.

[8] Choi Tae-min (1912 – 1994) moine bouddhiste converti au catholicisme, il fonda un mouvement religieux nommé Yongsae-gyo (Église du Monde de l’Esprit) qui combine des éléments du bouddhisme, du christianisme et du chamanisme traditionnel coréen.

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