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07/11/2017 – 3:36 | No Comment | 179 views

Ma chronique d’aujourd’hui sera davantage une lettre ouverte qu’une véritable chronique. Cette lettre s’adresse à la municipalité de Bastia, ville d’où ces lignes sont écrites, mais aussi et très certainement à la plupart des municipalités …

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François Bayrou rend hommage à Pasquale Paoli

Submitted by on 01/04/2012 – 4:43 No Comment | 17 936 views

Aucun homme d’État français ne l’avait fait avant lui : aucun président, aucun chef de gouvernement et, à ma connaissance, aucun ministre. Pas même un responsable de haut niveau de l’opposition. Et ce, depuis sa ré-inhumation, dans son village natal, en  1889 !

François Bayrou, lui, a eu le courage de défier l’insupportable jacobinisme de l’État républicain et de ses représentants habituels, sans se soucier du qu’en dira-t-on du microcosme politicien de la capitale. Il l’a fait ! Il s’est rendu, hier, à Merusaglia[1], splendide village perché à 800 mètres d’altitude, dans la montagne corse, à une quarantaine de kilomètre de Bastia. Là, il s’est recueilli, d’abord devant la maison, puis dans la pièce du rez-de-chaussée, transformée en chapelle, devant la simple tombe de Filippu Antone Pasquale de Paoli, mort en exil à Londres en 1807.

Ce nom ne dira sans doute rien à l’immense majorité des Français. Sa mémoire est pourtant chère aux Corses  et sa notoriété s’étendait à l’ensemble de l’Europe et du Nouveau Monde, durant la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle ! Les philosophes de son temps l’admiraient, ainsi que les souverains éclairés tels que Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie. George III d’Angleterre l’honora et lui donna refuge, tandis que les « insurgents » d’Amérique s’inspirèrent de son combat pour la liberté. Aujourd’hui encore, des villes des États-Unis portent son nom. A Paris, les membres de l’Assemblée Constituante lui rendirent hommage, lorsqu’ils l’accueillirent triomphalement, reconnaissant en lui un glorieux précurseur.

En faisant un détour par Merusaglia, François Bayrou ne s’y est pas trompé. Il a su reconnaître en Pasquale Paoli un homme des lumières, un homme d’avant-garde qui osa mettre sur pied une démocratie sur son île, à une époque où la monarchie de droit divin semblait être la norme quasi universelle. Pour cela, il n’hésita pas à défier la plus grande puissance de son temps, la France, lorsqu’il sut que cette dernière avait secrètement négocié l’annexion de sa patrie. Il lui livra ensuite un combat aussi inégal que désespéré. La jeune démocratie corse fut noyée dans le sang en 1769.

Il fallait donc un certain courage à François Bayrou pour inclure un tel hommage dans le programme de sa courte visite en Corse. Car les jacobins de tous poils, de droite comme de gauche, n’ont jamais porté Pasquale Paoli dans leur cœur. Lors de la Grande Terreur, ils l’ont affublé du qualificatif de traître, lui qui, jamais, n’a trahi ses idéaux ou sa patrie. Ils l’ont ensuite banni de l’Histoire de France officielle et il fallut attendre 1889 pour que ses cendres soient rapatriées, grâce à une souscription publique organisée par les Corses eux-mêmes, et avec le soutien financier de la reine Victoria. Loin du folklore napoléonien, les insulaires, quelles que soient leurs obédiences politiques, sont, dans leur grande majorité, restés fidèles au souvenir du Babbu di a Patria [2].

Sans doute François Bayrou a-t-il médité cette phrase de Pasquale Paoli, lorsqu’il l’entendit, hier, à Merusaglia : « Notre administration doit être une maison de cristal, car toute obscurité entretient l’arbitraire et la méfiance du peuple ». Une telle phrase n’est-elle pas étonnement d’actualité ? Elle ne déparerait certainement pas dans l’un des discours de campagne du candidat humaniste qu’est François Bayrou. Ce dernier l’a d’ailleurs reconnu en déclarant à Merusaglia, au sujet de Paoli : «Il a bâti son œuvre au nom de la liberté, de la démocratie et de la modération ».

François Bayrou s’est en outre clairement prononcé pour la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales que le président sortant continue de refuser avec obstination et il n’est d’ailleurs pas le seul : Jean-Luc Mélenchon, jacobin d’un autre âge,   fait preuve du même aveuglement !

Merci, Monsieur Bayrou, pour votre courage et pour votre reconnaissance. Nul doute que votre hommage à Pasquale Paoli ira droit au cœur de tous les Corses et de tous les humanistes, et aussi sans doute à celui de tous les amoureux de l’Histoire.

Hervé Cheuzeville, 1er avril 2012

(Auteur de trois livres: “Kadogo, Enfants des guerres d’Afrique centrale“, l’Harmattan, 2003; “Chroniques africaines de guerres et d’espérance“, Éditions Persée, 2006; “Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé“, Éditions Persée, 2010)

 

 



[1] Ou « Morosaglia », selon l’orthographe officielle encore en vigueur, héritée de l’époque où la Corse était génoise.

[2] Père de la Patrie.

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