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Joyeux Noël !

07/11/2017 – 3:36 | No Comment | 197 views

Ma chronique d’aujourd’hui sera davantage une lettre ouverte qu’une véritable chronique. Cette lettre s’adresse à la municipalité de Bastia, ville d’où ces lignes sont écrites, mais aussi et très certainement à la plupart des municipalités …

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Hommage à Ghislaine Dupont

Submitted by on 02/11/2014 – 3:16 No Comment | 2 060 views

GhislaineDans mes articles, dans mes chroniques et dans mes livres, je m’en suis souvent pris aux « grands médias ». Jour après jour, je continue à m’indigner sur le caractère de plus en plus réducteur de l’information véhiculée par ces grandes chaînes de télévision, ces grands journaux et ces grandes agences de presse. L’ignorance voulue ou feinte de certains présentateurs m’agace. Le parti pris et la déformation systématique de la vérité de certains correspondants ou envoyés spéciaux, concernant certains sujets, du Rwanda à Gaza, me font continuellement enrager. Je devrais pourtant reconnaître que je leur dois beaucoup, à tous ces journaleux : s’ils avaient été un peu plus objectifs, un peu plus professionnels, un peu plus cultivés, sans doute aurais-je eu beaucoup moins d’inspiration pour écrire et pour tenter de diffuser mes « coups de gueule » !

Je dois cependant reconnaître que j’ai connu de grands journalistes. Des gens qui vont sur le terrain, qui osent creuser un sujet, qui posent les questions qui dérangent, qui ne se contentent pas des apparences ou des vérités « officielles », qui réfutent les stéréotypes. Oui, j’ai souvent croisé le chemin de reporters honnêtes et courageux. Certains ont d’ailleurs payé de leur vie cette honnêteté et ce courage.

En cette fête de Toussaint, veille du jour des Défunts, j’ai une pensée toute particulière pour une grande dame du journalisme, assassinée au bord d’une route poussiéreuse du nord du Mali voici tout juste un an. J’avais bien connu Ghislaine Dupont, de Radio France Internationale. Je l’avais souvent rencontrée, dans les studios parisiens de RFI ou sur le terrain, comme par exemple à Bukavu en 2006. Ghislaine dérangeait souvent les puissants, qu’ils soient des présidents s’accrochant au pouvoir, des ministres corrompus, des « saigneurs » de la guerre sans scrupules ou des responsables de la rédaction de sa propre radio. C’est ainsi qu’en 2006, entre les deux tours de l’élection présidentielle, le ministre de l’intérieur de la République Démocratique du Congo l’expulsa du pays. C’est ainsi qu’en 2011 la direction de RFI de l’époque choisit de la mettre dans un placard, la trouvant sans doute trop indépendante. Pour l’avoir connue d’abord en tant qu’auditeur, puis en tant qu’ami, j’ai toujours apprécié sa rigueur professionnelle et la finesse de ses analyses. Son humanité et sa sensibilité en faisaient une journaliste attachante.

Agée de 57 ans lors de son assassinat, Ghislaine Dupont avait consacré l’essentiel de sa carrière à RFI, où elle avait débuté comme pigiste en 1986, ainsi qu’au continent africain. Mais c’est sans nul doute en RDC qu’elle se sera le plus investie. Elle y a même formé de nombreux journalistes congolais, lors du lancement de Radio Okapi, n’hésitant pas pour cela à prendre un long congé sabbatique. C’est en RDC qu’elle a laissé sa marque, son empreinte. Sa voix était connue par des millions de Congolais et c’est certainement dans ce pays que sa brutale disparition a causé la plus grande émotion.

Sa mort près de Kidal, au Nord-Mali, le 2 novembre 2013, et celle de son technicien de reportage Claude Verlon, enlevé et assassiné en même temps qu’elle, n’ont toujours pas été officiellement élucidées. Le 29 octobre dernier, à l’Assemblée Nationale, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, en réponse à la question d’un député, a déclaré que le chef des ravisseurs était bien identifié et qu’il s’agissait d’un « narcotrafiquant lié à AQMI ». Il a en outre assuré que le double assassinat de Ghislaine et de Claude ne resterait pas impuni. Cela avait déjà été dit, au lendemain des deux meurtres, voici un an. Espérons que, depuis, l’enquête ait réellement avancé et que les coupables seront effectivement punis. Un tel acte de justice est dû aux familles et à la mémoire des deux victimes. Ce serait aussi un grand service rendu au Mali et à la défense de la liberté de la presse sur le continent et dans le monde.

Un an après, ce drame n’a pas été oublié : le 30 octobre dernier, lors d’une émouvante cérémonie à Bamako, une association des amis de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon a même été créée au Mali. Puisse l’exemple de Ghislaine Dupont susciter de nouvelles vocations, en France comme en Afrique. En attendant, de Goma à Tombouctou, d’Abidjan à Djibouti, sa voix et sa conscience professionnelle manquent cruellement à des dizaines de millions d’auditeurs de RFI.

Hervé Cheuzeville, 1er novembre 2014

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