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Nouvel appel en faveur des enfants albinos d’Afrique

10/08/2018 – 11:25 | No Comment | 233 views

Ce ne sont pas les tragédies qui manquent, en Afrique. Dans mes livres et mes articles, j’en ai déjà évoqué un certain nombre. Je fus le témoin direct de certaines d’entre elles : guerres, rébellions, …

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Sauvons l’Organisation Internationale de la Francophonie !

Submitted by on 05/06/2018 – 6:51 3 Comments | 1 152 views

Dans mon article du 23 mai dernier, intitulé « Rwanda : devrons-nous vraiment boire le calice jusqu’à la lie ? [1] », je dénonçais la venue du sanglant dictateur rwandais Paul Kagame à Paris et sa réception à l’Élysée par Emmanuel Macron. Dans ce même article, je faisais état d’informations selon lesquelles le président français serait favorable à la candidature de la ministre des affaires étrangères de ce même Kagame au poste de secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, en remplacement de l’actuelle titulaire, la Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean. Depuis, ces informations ont malheureusement été confirmées par Emmanuel Macron lors de la conférence de presse commune qu’il a tenu avec l’homme fort de Kigali, ce même 23 mai, au palais présidentiel.

Je tiens à rappeler que, depuis sa prise de pouvoir par la force en juillet 1994, tout a été fait pour éradiquer la langue française du Rwanda, pays jadis largement francophone et certainement pas anglophone. Dans l’enseignement, le français a été remplacé par l’anglais. Paul Kagame a grandi en Ouganda, pays anglophone. Il parle donc le « Ugandan English » des boutiquiers et des chauffeurs de minibus des rues de Kampala, en plus du Swahili parlé par les militaires de son ancien pays d’adoption. Il ignore le Français et sa haine de la France s’est traduite par une profonde aversion pour la langue française. Le Centre Culturel Français, qui avait été construit et fonctionnait depuis des décennies à Kigali grâce à l’argent des contribuables français, a été purement et simplement rasé. Certes, Madame Louise Mushikiwabo, la ministre candidate, parle un français des plus corrects. Mais le régime dictatorial qu’elle sert avec tant de zèle est un ennemi déclaré de la langue et de la culture françaises. De plus, l’OIF affiche et défend des valeurs qui sont pour le moins incompatibles avec l’absence de démocratie et les violations massives des droits de l’Homme au Rwanda. Pour ces deux raisons fondamentales, la candidature de cette dame au poste de Secrétaire-général de l’OIF aurait dû être écartée d’emblée et certainement pas soutenue, voire même suscitée, par la diplomatie élyséenne !

Si le bilan de l’actuelle Secrétaire-générale n’est pas jugé satisfaisant, les pays francophones ne manquent pas d’écrivains et d’artistes de talent, ou d’anciens responsables respectables, pour la remplacer. Ne serait-il pas temps que l’OIF mette enfin en pratique les principes de démocratie qu’elle est censée promouvoir ? Ne pourrait-on pas demander l’avis des citoyens et citoyennes francophones de par le monde ? En tout état de cause, le choix de la personne amenée à diriger la Francophonie mondiale ne devrait certainement plus être laissé aux seuls chefs d’État. Pire, il ne devrait pas être le fruit de marchandages ou de calculs opaques, menés dans des bureaux de l’Élysée ou durant des apartés lors des rencontres internationales.

En ma qualité d’auteur et de citoyen francophone, je souhaiterais proposer un nom. Celui d’Alain Mabanckou, écrivain francophone renommé et enseignant franco-congolais né à Pointe-Noire en République du Congo en 1966. Il est l’auteur d’au moins onze romans, de huit recueils de poésies, de sept essais, de deux anthologies et de deux ouvrages pour enfants. En 1995, il a reçu le Prix de la Société des poètes français pour son recueil de nouvelles « L’Usure des lendemains ». En 1999, son premier roman, « Bleu-Blanc-Rouge » fut récompensé par le Grand prix littéraire d’Afrique noire. En 2006, son fameux roman « Mémoires de porc-épic » fut couronné par le prix Renaudot. En 2010, Alain Mabanckou a été fait Chevalier de la Légion d’honneur par décret du Président de la République française. En 2012, le Grand Prix de littérature Henri-Gal lui a été attribué par l’Institut de France et remis, sur proposition de l’Académie française, pour l’ensemble de son œuvre. En 2013, Mabanckou a reçu de la Principauté de Monaco le prix littéraire Prince Pierre de Monaco, toujours pour l’ensemble de son œuvre. Depuis 2006, il enseigne la littérature francophone à l’UCLA, l’Université de Californie à Los Angeles. En 2016, il est devenu le premier Africain à intégrer le Collège de France.  La même année, il a été fait Officier des Arts et Lettres. En 2017, son nom est entré officiellement dans le Petit Larousse des noms propres pour l’édition 2018.  Les œuvres d’Alain Mabanckou sont traduites dans une quinzaine de langues dont l’anglais, l’américain, l’hébreu, le coréen, l’espagnol, le polonais, le catalan et l’italien. Son roman « Verre cassé », qui avait eu le Prix des cinq continents de la francophonie en 2005 et le Prix franco-israélien Raymond Wallier en 2009 pour sa version hébreu, a fait l’objet de plusieurs adaptations théâtrales.

Alain Mabanckou, homme aux multiples talents, partage sa vie entre trois continents. Il me semble incarner à merveille une francophonie d’avenir, internationale, créative et dynamique. C’est aussi un homme de principes. Cette année, il a refusé de participer au projet francophone de réflexion autour de la langue française et de la francophonie d’Emmanuel Macron. Dans une lettre ouverture au président de la République, il n’a pas hésité à dénoncer des « régimes autocratiques, les élections truquées, le manque de liberté d’expression » qui prévalent dans le monde francophone. Cette prise de position courageuse me semble en faire le candidat idéal pour le poste de secrétaire-général de l’OIF. S’il devait être choisi, il est certain qu’il n’acceptera pas les compromissions et qu’il ne se laissera pas intimider par les autocrates et les dictateurs. Il ne cèdera pas non plus aux pressions, même à celles venant de l’Élysée. Il apportera un sang neuf à la Francophonie, qui en a bien besoin et il lui donnera une nouvelle vitalité.

Je suis bien conscient qu’une telle candidature ne plaira pas à nombre de chefs d’État et qu’elle contredira la stratégie élyséenne. Mais, si elle devait être portée par un fort mouvement d’opinion transfrontalier, transcontinental, citoyen et francophone, alors peut-être pourrait-elle l’emporter. J’en appelle donc à tous les amoureux de la langue et de la culture françaises pour qu’ils reprennent cette idée à leur compte et qu’ils en assurent la promotion, là où ils se trouvent dans le monde.

L’éventuelle arrivée de Louise Mushikiwabo marquerait indubitablement la fin de la francophonie et de ses idéaux. La victoire d’une candidature Mabanckou signalerait au contraire la fin des dérives du passé et un nouveau départ pour cette francophonie que nous aimons et que nous voulons défendre. J’ai lancé une pétition sur change.org pour dire non au choix odieux que l’on cherche à nous imposer et pour soutenir une éventuelle candidature d’Alain Mabanckou. En voici le lien: https://www.change.org/p/emmanuel-macron-sauvons-l-organisation-internationale-de-la-francophonie

Merci de la signer!

Hervé Cheuzeville, 4 juin 2018.

[1] http://cheuzeville.net/rwanda-devrons-nous-vraiment-boire-le-calice-jusqua-la-lie/

Hervé Cheuzeville est l’auteur de huit livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (Editions Vincentello d’Istria, 2018)  et « Prêches dans le désert » (Editions Riqueti,2017). Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: http://www.ecouterradioenligne.com/salve-bastia/ ). Depuis septembre 2017 il présente également une chronique mensuelle sur Radio Courtoisie).

 

3 Comments »

  • CYPRIEN MUTESI dit :

    Je suis content qu’il aie une alternative pour barrer la route à Mushikiwabo pour représenter la francophonie dans le monde. Elle est membre du gouvernement qui a tué les Français avant et pendant le Génocide,qui a détruit le centre culturel Franco -rwandais (un bâtiment flambaneuf )représentant sans doute les valeurs de la francophonie au Rwanda.
    Puis d’une façon continue et mensongère le Gouvernement Rwandais accuse l9
    a France de Génocide. p

  • Chanty Nyange dit :

    Très bonne idée, je confirme mon aide pour cette campagne car le Rwanda n’est pas apte pour la direction de L’OIF.

  • claudine rossiil dit :

    il faut que la francophonie que nous aimons soit defendue par des personnes de valeur comme mr alain mabanckou

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