Mes Chroniques »

Pour une mise hors la loi de l’islamisme politique

20/08/2017 – 8:15 | No Comment | 215 views

Mon dernier livre, « Prêches dans le désert[1] », paru au début de cette d’année, n’est pas vraiment constitué de prêches. Les différentes chroniques qui le composent constituent plutôt un cri. Un cri d’alarme, un cri d’indignation …

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L’hébreu, exemple pour le corse et les autres langues menacées de disparition*

Submitted by on 24/01/2012 – 10:45 2 Comments | 8 454 views

Le 4 février 2010, Madame Boa Senior est décédée. Elle était âgée de 85 ans. Cette mort passa presque totalement inaperçue, à l’époque. Pourtant, la disparition de cette dame fut un évènement marquant dans l’histoire de l’humanité. En effet, Boa Senior était la dernière locutrice de la langue bo. Avec elle, disparut donc tout un pan du patrimoine de l’humanité. Cette langue autochtone des îles Andaman était parlée par le peuple bo, sans doute originaire d’Afrique mais qui s’était installé dans cet archipel du golfe de Bengale voici au moins 65 000 ans. Après la mort de ses parents, Boa Senior demeura l’unique locutrice de cette langue pendant 3 ou 4 décennies. Toujours dans ces îles Andaman, il existe encore 6 autres langues autochtones qui, au total, rassemblent moins de 500 locuteurs. 250 d’entre eux s’expriment dans la plus « importante » de ces langues, le jarawa. Toutes sont aujourd’hui menacées de rapide disparition. En effet, cet archipel, qui appartient à l’Inde, compte à présent plus de 300 000 habitants, dont la plupart sont originaires du sous-continent. Les derniers autochtones, très marginalisés, sont menacés par l’importation de maladies qui leur étaient inconnues. Et surtout, ils souffrent du mépris de l’administration indienne.  Il y a quelques jours, V. Kishore Chandra Deo, le ministre indien des Affaires tribales,  est même allé jusqu’à qualifier de « bestial » le mode de vie des Jarawa.
« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », déclara un jour Amadou Hampâté Bâ (1). Qu’aurait dit ce grand écrivain et ethnologue malien du décès de Madame Boa Senior ? Avec elle, c’est une mémoire et un patrimoine culturel vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années qui disparurent. L’extinction de langues est-elle une fatalité, à l’heure de la mondialisation où un pauvre sabir anglo-étasunien mâtiné d’expressions et d’abréviations informatiques tend à devenir la lingua franca de l’humanité toute entière ? Pour se convaincre que tel n’est pas le cas, peut-être conviendrait-il de méditer l’exemple de la langue hébraïque.
A la fin du XIXᵉ siècle, plus personne ne parlait hébreu. C’était une langue morte depuis 25 siècles, aussi morte que pouvait l’être le latin. Certes, les Juifs n’avaient jamais totalement oublié la langue ancestrale. Ils continuaient à l’utiliser comme langue de prière. En outre, la compilation de la tradition orale, appelée « Mishna » (qui est la base du Talmud)  fut rédigée entre 140 et 240  de notre ère, en Galilée occupée par les Romains. La langue hébraïque utilisée mêle des centaines de mots techniques empruntés au grec.  Tout au long du Moyen-âge, des poètes juifs ont composé des œuvres en hébreu, des rabbins ont commenté le Talmud en hébreu et ils correspondaient même entre eux, à travers toute l’Europe, dans cette langue (2). Mais l’hébreu n’était plus utilisé depuis l’antiquité dans les foyers juifs, tant en Palestine que dans la diaspora. Déjà du temps de Jésus, c’était l’araméen qui était devenu la langue parlée en Palestine et dans tout le Proche-Orient. Ensuite, de nouvelles langues « juives » sont apparues, en fonction de la localisation géographique des diverses communautés juives. En Europe centrale et orientale, c’est le yiddish qui est devenu la lingua franca des Juifs.  Se souvient-on que, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, cette langue était parlée par onze millions de locuteurs, soit les deux tiers de la population juive mondiale ? Or, cette langue, même si elle s’écrit à l’aide de caractères hébreux, est avant tout une langue germanique, avec des apports slaves et hébreux (de 10 à 15 % seulement pour ces derniers). La Shoah et la disparition des dynamiques communautés juives d’Europe centrale ont malheureusement porté un coup fatal à cette langue, qui est aujourd’hui en voie de disparition (3). Les communautés juives d’autres régions du monde ont utilisé des parlers qui ont eux aussi largement emprunté aux langues majoritaires des contrées où elles vivaient. Le ladino, par exemple, est composé de mots issus de l’espagnol du XVᵉ siècle, auxquels s’est ajouté du vocabulaire d’origine turque et bulgare, en plus des mots religieux d’origine hébraïque. Cette langue est parlée par les descendants des Juifs chassés de l’Espagne d’Isabelle la Catholique qui trouvèrent refuge à Constantinople et dans l’empire Ottoman. Dans les pays arabes, divers dialectes judéo-arabes se développèrent. Tout en utilisant également des caractères hébraïques, l’essentiel de leur vocabulaire est d’origine arabe.
En cette fin de XIXᵉ siècle, un homme de génie eut l’idée de « ressusciter » l’hébreu afin que cette ancienne langue devienne la lingua franca des Juifs de diverses origines  vivant  en Palestine. Cet homme, c’est Eliezer Ben-Yéhouda, né Éliézer Isaac Perelman Elianov. Il naquit en 1858 à Lujki, dans l’empire russe (cette ville se trouve dans l’actuel Belarus). Il est décédé à Jérusalem en 1922. Ses études religieuses juives lui permirent d’acquérir une excellente connaissance de la langue hébraïque, mais il prit ensuite ses distances avec la religion pour continuer ses études, d’abord à Dünabourg (dans l’actuelle Lettonie) puis, à partir de 1878, à Paris. C’est dans cette ville qu’il prit l’habitude, lorsqu’il s’adressait à des Juifs, de ne plus utiliser  que l’hébreu. Après ses fiançailles à Vienne, il se mit en demeure d’enseigner cette langue à Déborah, sa femme, une juive russe ignorant l’hébreu. La langue biblique et talmudique manquant sérieusement de vocabulaire, surtout pour décrire le monde moderne, il commença à former des mots nouveaux pour répondre aux besoins, en utilisant des racines hébraïques. Le premier néologisme qu’il forgea fut d’ailleurs le mot « milon », c’est-à-dire « dictionnaire ». Il devait ensuite consacrer le reste de sa vie à la réalisation d’un dictionnaire hébraïque.
Après avoir séjourné à Alger, à Vienne, en Egypte et à Constantinople, il finit par débarquer à Jaffa, en Palestine, en octobre 1881. Il s’installa aussitôt à Jérusalem, avec son épouse. Leur fils, Ben-Tsiyone Ben-Yéhouda, né dans cette ville en 1882, fut le premier enfant juif de l’ère moderne à avoir l’hébreu comme langue première.  L’hébreu, on l’a vu, étant une langue morte depuis longtemps, personne ne savait comment les anciens Hébreux le prononçaient (de la même manière, les latinistes ignorent avec certitude comment les anciens Romains prononçaient le latin). Eliezer Ben-Yéhouda prit une décision arbitraire mais pragmatique : bien qu’ashkénaze, il décida d’utiliser la prononciation séfarade, se disant que les Juifs issus du monde arabe, donc sémite, devaient être plus proches de la prononciation originelle que ceux de Pologne ou de Russie… C’est cette prononciation séfarade qui est utilisée de nos jours dans l’Etat d’Israël.
Depuis son installation à Jérusalem et jusqu’à son décès dans cette même ville 41 ans plus tard, Eliezer Ben-Yéhouda a inlassablement mené le combat linguistique et culturel pour faire renaître et surtout faire utiliser l’hébreu. Pour lui, ce combat constituait une partie intégrante, essentielle, de la lutte pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple juif et pour la « renaissance d’Israël et de sa langue sur la Terre des Pères ».  Cette tâche, faire revivre une langue morte depuis plus de deux mille ans, était un immense défi. Il eut du mal à faire accepter l’utilisation de l’hébreu à la population juive de Palestine, divisée en multiples communautés dont les membres préféraient parler leurs langues maternelles ou les langues de leurs pays d’origine. Certains Juifs européens pensaient même faire adopter l’allemand, le français ou l’anglais comme langue officielle du « Yishouv (4) ». Avec son mot d’ordre « rak ivrit » (« seulement en hébreu »), il mena inlassablement bataille et, peu à peu, l’hébreu gagna du terrain. Jusqu’à son dernier souffle, il travailla à l’élaboration de son dictionnaire. En 1890 il fonda ce qui allait devenir l’Académie de la Langue Hébraïque. Durant la Première Guerre mondiale, il s’exila aux Etats-Unis. A son retour en Palestine en 1919, il milita pour que l’hébreu soit reconnu comme langue officielle, dans la Palestine sous mandat britannique. Peu de temps avant sa mort, il fit partie du comité préparatoire dont le travail devait amener l’ouverture, en 1925, de l’Université Hébraïque de Jérusalem.
Eliezer Ben-Yéhouda, à force de travail et de volonté, a réalisé une œuvre immense. Depuis 1948, la langue qu’il a fait renaître est la langue officielle de l’Etat d’Israël (aux côtés de l’arabe). Elle est aujourd’hui parlée par 12 ou 13 millions de personne de par le monde, dont 7,5 millions de locuteurs premiers. Quel chemin parcouru depuis 1882, année de la naissance du fils d’Eliezer, le premier locuteur hébraïque natif!
L’exemple de l’hébreu pourrait-il s’appliquer à d’autres langues, menacées de disparition ?  Aujourd’hui, seuls 70 000 Irlandais utilisent la langue irlandaise dans la vie quotidienne et à peine un demi-million en ont une bonne connaissance (sur une population totale, pour l’Eire, de près de cinq millions d’habitants). Tout le reste de la population ne parle qu’anglais, malgré 90 années d’indépendance. Sans doute les pères fondateurs de la République d’Irlande n’ont-ils pas eu la volonté politique d’imposer leur langue ancestrale. Sans doute aussi leur a-t-il manqué un Eliezer Ben-Yéhouda gaélique.
Depuis la fin des années 60, les Corses se sont engagés dans ce qu’il a été depuis convenu d’appeler le riacquistu, c’est-à-dire la ré-acquisition d’un patrimoine culturel menacé, minoré, rangé trop longtemps dans la catégorie dite « folklorique ».  Les 40 dernières années ont été fort riches, en Corse : floraison de livres en langue corse, couvrant des domaines les plus variés, renaissance de la poésie, de la chanson, de la création en langue corse. Cependant, le constat reste accablant quant à la connaissance et l’apprentissage de la langue. Rares sont les écoles bilingues et ce ne sont pas les quelques heures d’enseignement de cette langue dans les écoles primaires et secondaires de l’île qui permettront à la majorité des enfants d’aujourd’hui et de demain de posséder, de parler et de transmettre le parler de leurs ancêtres.  La moitié de la population de Corse vit dans les zones urbaines de Bastia et d’Aiacciu. L’intérieur de l’île continue à se dépeupler et les villages – où l’on continue à parler corse –  sont majoritairement peuplés par des personnes âgées.
La langue corse est présente dans l’espace public : les panneaux indiquant les noms de lieux et les directions sont tous bilingues. France 3 et Via Stella diffusent des émissions en corse, ainsi qu’un certain nombre de radios locales. Mais est-ce suffisant pour assurer la survie et le développement de la langue ? L’usage de cette langue n’est toujours pas officialisé, contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres régions d’Europe telles que la Catalogne, le Pays Basque du sud ou le Pays de Galles, pour n’en citer que quelques unes. Les blocages en France sont multiples, qu’ils soient institutionnels ou politiques. Ils existent aussi dans les mentalités, celles des gouvernants, certes, mais aussi dans celles des gouvernés. Le poids du passé jacobin continue à peser.
Face à ces blocages, il semble nécessaire d’inverser le problème. Au lieu de toujours attendre de nouvelles dispositions légales permettant l’officialisation et l’enseignement généralisés de la langue corse en Corse, il conviendrait que les Corses eux-mêmes imposent et s’imposent l’usage de leur langue au quotidien. Combien de parents parlent-ils corse à leurs enfants, à la maison ? Combien de jeunes corses utilisent-ils le corse pour communiquer entre eux ? Combien de « textos », de courriels ou de « posts » sur les réseaux sociaux sont-ils rédigés en corse, au quotidien ? Combien de personnes osent-elles utiliser cette langue pour faire leurs courses, pour effectuer des démarches à la banque, à la poste ou dans l’administration ? Tant que les Corses eux-mêmes, dans la vie de tous les jours, n’oseront pas utiliser la langue locale, les pouvoirs publics, qu’ils soient nationaux ou régionaux, ne ressentiront pas le besoin d’éliminer les blocages institutionnels ou légaux évoqués plus haut.
Certes, il existe, en Corse, des apôtres de la langue ancestrale, qui consacrent tout leur temps et toute leur énergie à la cause linguistique. Le collectif « Parlemu corsu (5) », par exemple, effectue un remarquable travail, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui effectué par Eliezer Ben-Yéhouda. Cependant, malgré la qualité de leur action, ces apôtres sont encore loin de toucher – et donc de rallier à leur lutte –  la majorité de la population insulaire. Même les organisations nationalistes, qui revendiquent pourtant avec insistance un bilinguisme intégral et officiel pour la Corse, continuent à utiliser le français pour l’essentiel de leurs communiqués et autres publications.  On est donc encore bien loin d’un « solu in corsu (6) »  qui, à l’instar du « rak ivrit » de Ben-Yehouda, aurait pu devenir le mot d’ordre du riacquistu corse.
Les Corses, comme les Irlandais, les Bretons et bien d’autres encore, s’ils veulent réellement assurer l’avenir de leur langue, devraient sans doute quelque peu s’inspirer du combat mené par Eliezer Ben-Yehouda, il y a plus d’un siècle…

Hervé Cheuzeville,  22  janvier 2012

(Auteur de trois livres: « Kadogo, Enfants des guerres d’Afrique centrale », l’Harmattan, 2003; « Chroniques africaines de guerres et d’espérance », Editions Persée, 2006; « Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé », Editions Persée, 2010)

*Des amis d’Israël et de Corse ont bien voulu relire la première ébauche de cet article, avant d’avoir l’amabilité de me fournir certaines précisions qui me permirent de le compléter utilement. Qu’ils en soient ici sincèrement remerciés.

(1) Amadou Hampâté Bâ, né à Bandiagara en  1900 ou 1901, mort à Abidjan en 1991, est l’auteur, entre autre, de « Amkoullel l’enfant peu » et de « Oui mon commandant !»

(2) Signalons, en particulier, le grand Shlomo ben Itzhak HaTzarfati, plus connu sous le surnom de « Rachi de Troyes », qui naquit dans cette ville aux environs de 1040 et y mourut en 1105. Rabin, exégète, légiste et poète, il est l’auteur de commentaires de la Bible hébraïque et du Talmud de Babylone, d’une encyclopédie et de centaines de courriers, tous rédigés en hébreu. Pour cela, il n’hésita pas à forger près de 2500 nouveaux mots, toujours en utilisant des racines hébraïques.

(3) En Israël, des Juifs ashkénazes religieux continuent cependant à utiliser le yiddish, reniant l’hébreu tant que le messie ne sera pas venu purifier la langue hébraïque et le pays d’Israël.

(4) « implantation », en hébreu. Ce terme désigne la population juive vivant en Palestine avant la création de l’Etat d’Israël.

(5) « Parlons corse ». Ce  collectif regroupe des particuliers de tous horizons, issus de la société civile, ainsi que de nombreux groupes culturels et associations. Pour en savoir plus, on pourra visiter son site: www.parlemucorsu.com

(6) « seulement en corse»

2 Comments »

  • BARBIER dit :

    Juste un petit problème : en venant de Rue 89, il n’était pas évident qu’on ne parlait (!)que des langues courant un risque de disparition :
    Il y a quelques années un excellent article d’une revue de la mutualité française examinait la situation des langues régionales : « bingo » ! N°1 : l’Alsacien avec 600 000 locuteurs, autant que toutes les autres langues régionales réunies, et affichant cette information dans mon lycée, j’ajoutais : « sans détruire pour des centaines de milliers d’euros de biens publics, ni assassiner de préfet » ! Comme quoi !
    albarb

    • Cheuzeville Hervé dit :

      @Barbier: Merci pour ce commentaire. Rue 89 a changé le titre de mon article, ajouté des intertitres, a supprimé 2 paragraphes ainsi que mes notes de bas de page. Tout cela change effectivement quelque peu l’apparence de l’ensemble.
      Cependant, et pour vous répondre, il est difficile de comparer l’alsacien au corse ou au breton. L’alsacien n’a pas la même histoire. En 1918, l’Alsace n’avait pas encore subi le rouleau compresseur linguistique et culturel de la IIIe République, alors que cela était déjà le cas depuis plusieurs décennies dans les autres régions françaises. Il n’est donc pas surprenant que la langue alsacienne ait mieux survécu que les autres langues régionales de France. Enfin, attention aux chiffres. Il faut comparer ce qui est comparable. L’Alsace compte probablement plus d’un million d’habitants, alors que la Corse ne compte que 310 000 habitants, y compris une forte proportion de Continentaux, de Marocains et de Portugais. Le nombre de locuteurs corses est donc bien sûr très inférieur à celui de locuteurs alsaciens.
      Enfin, je ne suis pas d’accord avec votre allusion à la violence. On peut être locuteur corse, être amoureux de sa langue et de sa culture sans être un adepte de la violence politique (et inversement).

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