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Pour une mise hors la loi de l’islamisme politique

20/08/2017 – 8:15 | No Comment | 207 views

Mon dernier livre, « Prêches dans le désert[1] », paru au début de cette d’année, n’est pas vraiment constitué de prêches. Les différentes chroniques qui le composent constituent plutôt un cri. Un cri d’alarme, un cri d’indignation …

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L’Histoire aux historiens !

Submitted by on 21/12/2011 – 12:37 3 Comments | 8 958 views

Depuis plusieurs années, les politiciens ont pris la fâcheuse habitude de s’occuper d’un domaine qui ne devrait pourtant pas être de leur ressort : l’Histoire ! Sans doute y ont-ils été incités par différents groupes de pression militant pour une meilleure connaissance de telle ou telle cause historique : la shoah, l’esclavage, le colonialisme, le génocide arménien et bien d’autres encore. Toutes ces causes sont légitimes et respectables. Elles méritent effectivement de devenir davantage connues du grand public et d’être mieux documentées. C’est Jean-Claude Gayssot, député communiste, qui, en 1990, fut à l’origine de la première loi sur l’Histoire. Il est vrai qu’en matière d’histoire « officielle » et de réécriture de l’histoire, les disciples de Lénine ont une compétence et une expérience indiscutables !

Cependant les députés devraient s’abstenir de légiférer dans des domaines purement historiques. Le travail de recherche historique doit demeurer celui des historiens. Sans doute les travaux de ces derniers devraient-ils être mieux diffusés et rendus publics, en particulier ceux qui concernent des dossiers sensibles d’un passé douloureux.  Il est bon de dénoncer les thèses aux relents racistes et négationnistes. Mais cette dénonciation doit être faite par les historiens eux-mêmes, sur la base de leurs connaissances. L’incitation à la haine raciale doit être punie, mais pas en vertu de textes nuisant à l’esprit critique.

Les tentatives de législation dans le domaine historique ne peuvent que conduire à une forme de censure inacceptable. La recherche historique court le risque de passer sous le contrôle des politiciens. Certains sujets pourraient « bénéficier » d’une certaine forme de protection alors que d’autres, moins médiatisés, n’en bénéficieraient pas.  Ainsi, on s’exposerait aux foudres de la loi en défendant des thèses qui ne seraient pas conformes à l’histoire officielle telle qu’« adoptée » par l’Assemblée Nationale. Ce risque n’existerait pas pour des recherches relatives à des sujets n’ayant pas fait l’objet de l’attention de nos députés. Les historiens qui, par exemple, relativiseraient les malheurs subis par les Aborigènes d’Australie ou le génocide subi par les Indiens Caraïbes  (les autochtones des Antilles) n’auraient quant à eux rien à craindre. Ces peuples ne disposent pas de groupes de pression en France, et ils n’ont pas non plus de descendants devenus électeurs dont il faudrait ménager la susceptibilité.

Le 22 décembre, l’Assemblée Nationale va se prononcer sur une proposition de loi visant à punir ceux qui nieraient le génocide arménien. Déjà, cette même assemblée avait reconnu ledit génocide. Pourquoi en faire plus en votant une nouvelle loi ? La Turquie, par la voix de son président, de ses ministres et de ses députés, a réagi avec virulence à ce projet de loi. Certes, ce pays devrait être plus ouvert dans le domaine de la recherche historique. Il devrait aussi reconnaître la tragédie subie par les Arméniens il y a près d’un siècle et admettre le rôle néfaste joué par les autorités ottomanes de l’époque. Les programmes d’histoire, en Turquie et ailleurs, devraient aussi évoquer cette question, de la manière la plus objective possible. Cependant, ce n’est pas le vote d’une nouvelle loi en France qui favorisera une telle évolution du côté turc. Bien au contraire. Cette loi, si elle est votée, ne pourra que radicaliser le nationalisme turc et fermer la porte du dialogue serein entre historiens turcs, arméniens et autres. Elle ne fera en aucun cas avancer la recherche historique. Elle risque, en outre, d’affecter durablement les relations entre la France et la Turquie, partenaire incontournable dans de nombreux domaines, qu’ils soient de nature diplomatique ou économique.

Les députés français devraient plutôt se pencher sur les budgets de la recherche, y compris historique, toujours insuffisants. Peut-être pourraient-ils aussi envisager de prendre l’initiative d’organiser un séminaire sur le génocide arménien, auquel seraient invités des chercheurs turcs et arméniens. Cela permettrait d’approfondir les connaissances en ce domaine et de satisfaire aux exigences d’une communauté dont la mémoire est encore à vif, près de cent ans après la tragédie vécue par leurs aïeux.

Mais sans doute cette nouvelle loi va-t-elle rapporter quelques voix supplémentaires au parti qui l’aura proposée, lors des prochaines échéances électorales. C’est sans doute le but recherché par les députés à l’origine de ce projet de loi. Un but politique, donc, qui n’a rien à voir avec la recherche historique, et qui ne la fera pas avancer. C’est bien dommage.

Hervé Cheuzeville, 21 décembre 2011

3 Comments »

  • admin dit :

    En ce 22 décembre, cette loi aussi stupide qu’inutile a malheureusement été votée. La Turquie a aussitôt rappelé son ambassadeur en France. Cette évolution, qui était prévisible, est tout à fait regrettable et aurait pu être évitée si les députés français avaient été plus avisés et si le dialogue entre historiens avait prévalu.

    Hervé Cheuzeville

  • mongibeaux jean françois dit :

    Si j’en crois une vieille sentence qui sent le souffre, « l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs ». Ces vainqueurs, ou plutôt leurs héritiers et leurs législateurs, font donc le nécessaire pour protéger de toute remise en question leur Histoire « normalisée ». N’est-ce pas in fine de cela qu’il s’aqit le plus souvent ? Vous avez parfaitement raison d’estimer qu’il faut laisser l’Histoire aux historiens, et dénoncer ces lois liberticides – Gaissot, Pleven etc.. – qui veulent pétrifier l’Histoire et toute sa complexité dans un carcan répressif. Il n’y a rien de plus répugnant que de vouloir labeliser et dénoncer certains génocides tout en en oubliant d’autres au passage.

  • Miss Nicopéia dit :

    On parle depuis des décennies du même génocide…Faut-il pour autant devenir amnésique et oblier, par exemple , les chrétiens orthodoxes morts dans les camps de Staline? Est-ce moins respectable?

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