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Vergogna!

04/08/2020 – 12:47 | 2 Comments | 1400 views

Dimanche 2 août 2020, je suis retourné à Pianellu, pour la quatrième édition de « in giru a l’arburu« , une rencontre co-organisée par l’association Terra-Eretz et le Foyer rural du village. Depuis la première année (2017), …

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La Guinée équatoriale, ou le scandale d’un pauvre pays riche!

Submitted by on 21/01/2020 – 5:27 No Comment | 746 views

Samedi 14 décembre, les Sud-soudanais du camp de réfugiés de Kiryandongo, en Ouganda, ont dansé et chanté en l’honneur d’un visiteur de marque. Ce jour-là, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée équatoriale, a passé quelques heures dans ce camp de réfugiés, durant la visite officielle qu’il effectuait en Ouganda. Il est fort probable que les milliers de réfugiés rassemblés pour cette mémorable visite  n’avaient jamais entendu parler de ce chef d’État et qu’ils ignoraient tout de son minuscule pays, la Guinée équatoriale ! Sans doute ne savaient-ils pas que cet homme âgé de 77 ans était le doyen des chefs d’État africains et probablement aussi le plus ancien dirigeant de la planète, en dehors, bien sûr, de quelques souverains. Montée sur le trône en 1952, Elizabeth II demeure la doyenne planétaire des chefs d’État.

Teodoro Obiang Nguema préside donc  aux destinées de la petite République de Guinée équatoriale depuis 3 août 1979, c’est-à-dire depuis le jour où il renversa son oncle, le dictateur fou Francisco Macías Nguema, premier président du pays qui était indépendant depuis 1968. Il n’hésita d’ailleurs pas à le faire fusiller deux mois plus tard, après un très expéditif procès pour génocide. C’était pourtant ce même oncle qui, en 1969, l’avait nommé général et placé à la tête de l’armée, avant d’en faire, trois ans plus tard, son ministre de la défense.  À ce titre, Teodoro Obiang Nguema était donc largement impliqué dans la répression sanglante de celui qui, dans sa folie paranoïaque, s’était proclamé président à vie.

Sans doute est-il nécessaire de décrire brièvement cet étrange pays, la Guinée équatoriale, qui est encore fort méconnu du grand public. Étrange, il l’est à plusieurs titres. D’abord parce que, sous le nom de Guinée espagnole, ce territoire fut l’unique colonie espagnole en Afrique subsaharienne et qu’il demeure le seul pays hispanophone du continent. Étrange aussi par sa forme, puisqu’il est composé du Rio Muni, un petit morceau rectangulaire d’Afrique équatoriale continentale, coincé entre le Gabon, au sud, et le Cameroun, au nord, et de cinq îles volcaniques éparpillées dans l’océan Atlantique. La plus grande de ces îles, Bioko, là où se trouve Malabo, la capitale, est fort éloignée de la partie continentale du pays. En effet, cette île de 2017 km² se trouve beaucoup plus au nord, dans le golfe du Biafra, à 33 kilomètres de la côte nord du Cameroun et non loin du sud-est du Nigéria. Bioko fut découverte en 1474 par le navigateur portugais, Fernão do Pó, qui la nomma « Formosa » (la belle). Mais l’île portera finalement le nom hispanisé de son découvreur : Fernando Poo. La seconde île du pays est Annobón, dont la superficie n’est que de de 17 km² ; elle se trouve à 640 km au large du Gabon, très loin au sud de la partie continentale de Guinée Équatoriale.  Annobón doit son nom au fait qu’elle fut découverte un 1er janvier. En effet, le 1er janvier 1471, les navigateurs portugais João de Santarém et Pedro Escobar aperçurent une île qu’ils appelèrent « Ilha do Ano Bom » (île de la bonne année) d’où le nom actuel d’Annobón, qui correspond à la phonétique espagnole du nom portugais. Dans l’océan Atlantique, entre les deux principales îles du pays et sa partie continentale,  se trouve un État insulaire composé de deux îles, la République de São Tomé e Príncipe, ancienne colonie portugaise. Enfin, au large de l’estuaire du Rio Muni, le fleuve qui a donné son nom à la partie continentale du pays et qui délimite la frontière entre la Guinée équatoriale et le Gabon, il y a trois toutes petites îles équato-guinéennes qui, avant l’indépendance, étaient administrées par l’Espagne de manière séparée et qui furent rattachées à la Guinée équatoriale lors de l’accession à indépendance. Il s’agit de l’île de Corisco, 14 km² seulement, et de deux îles encore plus petites, inhabitées, Elobey Grande et Elobey Chico. Ces trois îles sont revendiquées par le Gabon tout proche. La République de Guinée équatoriale est donc un bel exemple de l’absurdité de certaines frontières héritées du colonialisme. Une autre étrangeté de ce pays est le fait que le Guinée équatoriale soit le seul État au monde dont la capitale est située sur la partie insulaire du territoire, alors même que l’île où se trouve Malabo, Bioko, est bien plus petite que le Rio Muni, la partie continentale, et que l’élite politico-administrative soit en grande partie originaire du continent.

La population du pays est de moins d’un million d’habitants, dont 70% vivent au Rio Muni, c’est-à-dire dans la partie continentale du pays. Les Fang, originaires du Rio Muni, constituent, avec 85,7 % de la population, le principal groupe ethnique du pays. Les Bubi (6,5 % de la population totale) sont le peuple autochtone de l’île de Bioko. D’autres Équato-guinéens appartiennent à des groupes ethniques encore plus minoritaires, tels que les Mdowe (3,6%) et les Bujeba (1,1 %). Quant aux Annobón (1,6 %), ils peuplent l’île du même nom. Les Fang sont donc l’ethnie dominante, c’est d’elle qu’est issu le président Obiang Nguema et la quasi-totalité des responsables politiques du pays.

Les îles de Guinée Équatoriale, découvertes par les Portugais, demeurèrent longtemps contrôlées par le Portugal, qui les utilisait surtout comme îles de rafraîchissement pour leurs navires navigant entre leurs possessions d’Amérique et d’Orient et l’Europe. Mais, avec le traité de San Ildefonso de 1777 et celui du Pardo en 1778, le Portugal céda à l’Espagne les îles de Fernando Póo, Annobón et de Corisco, en échange de la colonie de Sacramento, en Amérique du Sud et d’autres territoires permettant de conforter les frontières du Brésil. Dans le même temps, l’Espagne se voyait accorder la liberté de commercer sur les côtes guinéennes depuis le delta du Niger jusqu’au cap Lopez, situé au Gabon actuel. En 1778, une expédition espagnole partit de Montevideo afin de prendre possession des îles nouvellement acquises. Mais le peuple de l’île d’Annobón se souleva, ne reconnaissant pas plus la domination de l’Espagne que celle du Portugal ; puis après le débarquement à Fernando Póo, l’actuelle Bioko, les membres de l’expédition furent décimés par les fièvres et attaqués par les Bubi, les insulaires de cette île qui ne reconnaissaient pas non plus la domination étrangère. Ces derniers événements provoquèrent une mutinerie au sein de l’expédition espagnole et son échec. Pendant de nombreuses années, la colonisation espagnole ne sera donc pas effective. Ces territoires insulaires continuèrent à n’être que des escales à rafraîchissement. Et si quelques navires en provenance de Buenos Aires ou de Montevideo s’y arrêtaient, c’étaient surtout les navires anglais, portugais, hollandais et français qui les fréquentaient.

Ce n’est qu’en 1856 que l’Espagne fonda officiellement la Guinée espagnole, initialement réduite au domaine maritime du golfe de Guinée et à son île principale. En 1858 elle envoya un premier gouverneur général à Santa Isabel, l’actuelle Malabo, dans l’île de Fernando Póo. L’île reçut un an plus tard le statut de colonie espagnole. L’Espagne rencontra bien des difficultés pour faire admettre ses droits de propriété auprès des autres puissances européennes qui, à la même époque s’installaient aussi dans la région : la France au Gabon, l’Allemagne au Cameroun et la Grande-Bretagne au Nigeria. L’Espagne envoya le géographe Manuel Iradier y Bulfy, qui s’employa à partir de 1884 à annexer les territoires du Rio Muni, en passant des traités avec les chefs locaux. La conférence de Berlin de 1884-1885 tourna au désavantage de l’Espagne, qui ne se vit octroyer que 180 000 km², sans compter les dépossessions dont elle fit l’objet sur le terrain de la part de la France. Face à ses récriminations, une commission franco-espagnole fut créée, qui aboutit au traité de Paris du 27 juin 1900. Ce traité ne laissa à l’Espagne qu’un petit territoire de 26 000 km² correspondant au Rio Muni, partie continentale de l’actuelle République de Guinée équatoriale.

Pendant la guerre hispano-américaine de 1898, l’occupation militaire américaine de la colonie espagnole fut très relative et éphémère, l’intérêt des Américains se portant davantage sur les colonies non africaines de l’Espagne vaincue : les Philippines, Guam, Cuba et Porto Rico. En 1899, les Américains renoncèrent définitivement à annexer la colonie espagnole du golfe de Guinée, qui avait à leurs yeux de trop mauvaises infrastructures, des pistes mal entretenues et des maladies tropicales endémiques.

Durant la période franquiste, la colonie espagnole demeura assez isolée. La métropole était bien loin et les échanges avec les colonies françaises ou anglaises voisines très limités. En 1939, l’Espagne proclama sa neutralité tout en étant plutôt favorable à l’Axe. Dès 1940, la France libre prit le contrôle de l’Afrique-Équatoriale française voisine de la Guinée espagnole. L’Espagne joua alors sur les deux tableaux : les ports de la colonie servaient de relais ou d’escale aux navires britanniques ou français libres, mais ils accueillaient aussi les sous-marins allemands, à condition que les uns comme les autres ne s’affrontent pas dans les eaux espagnoles. En cas de rixes entre marins allemands d’une part et britanniques ou français libres de l’autre, la police coloniale espagnole expulsait les fautifs dans les 24 heures. De 1940 à 1945, les marins allemands purent envoyer du courrier en Allemagne depuis la poste de Santa Isabel. Les déserteurs étaient expulsés et livrés à leurs armées respectives.

En 1958 le territoire obtint un statut d’autonomie. Dix ans plus tard, en 1968, l’ancienne dépendance autonome de Guinée espagnole accéda à une indépendance pleine et entière et prit le nom de Guinée équatoriale.

Après l’indépendance, le pays eut à subir les onze années de folie de la sanglante dictature de Francisco Macías Nguema, lequel avait pourtant été élu démocratiquement en 1968 avec 62,35 % des suffrages. Il ne tarda pas à s’autoproclamer président à vie puis « unique miracle de Guinée Équatoriale ». Il n’hésita pas à rebaptiser l’île de Bioko pour lui donner son propre nom. Il s’en prit particulièrement aux Bubi, les autochtones de l’île. À l’époque, la Guinée équatoriale était un pays sans ressources, exsangue et misérable. Sous le régime de Macías Nguema, 100 000 équato-guinéens se réfugièrent dans les pays voisins ainsi qu’en Espagne. 50 000 autres, surtout des Bubi, furent massacrés, tandis que 40 000 citoyens étaient soumis au travail forcé dans des camps de concentration.  Ces chiffres épouvantables sont énormes, surtout si l’on se souvient qu’à l’époque le pays ne comptait pas plus de quelques centaines de milliers d’habitants ! Macías Nguema put commettre ces horreurs dans l’indifférence de la communauté internationale. Les médias occidentaux préféraient se gausser des frasques du Centrafricain Bokassa et de l’Ougandais Idi Amin Dada, tous deux des dictateurs sanglants. Il était rarement fait mention du maître absolu de la petite Guinée Équatoriale, pourtant encore plus sanglant. Ces trois dictateurs perdirent le pouvoir (et la vie en ce qui concerne Francisco Macías Nguema) la même année, en 1979.

C’est le 3 août 1979 que le général Teodoro Obiang Nguema, diplômé de l’Académie générale militaire de Saragosse, se décida à renverser son oncle. Quarante années plus tard, il est toujours au pouvoir. Durant son long règne, la donne économique changea radicalement à partir des années 90, lorsque de très importants gisements de pétrole et de gaz furent découverts au large du pays, qui devint rapidement l’un des premiers producteurs de pétrole d’Afrique. Ces gisements, exploités par la multinationale étasunienne Exxon, mirent la Guinée Équatoriale sur la carte du monde et attirèrent bien des convoitises. Le pays changea complètement de visage, avec des infrastructures modernes et de belles routes et avenues. Si Santa Isabel, devenue Malabo en 1973, connue pour son architecture coloniale espagnole, est devenue une grande ville moderne d’au moins 200 000 habitants, c’est Bata qui est devenue la capitale économique et plus grande ville du pays.  Bata est le grand port du Rio Muni, sur le continent. Le pétrole constitue à lui seul 90 % des exportations équato-guinéennes. La balance commerciale du pays est, fait rare en Afrique, largement positive : près de cinq milliards de dollars de revenus annuels, contre moins d’un milliard d’importations. Notons que le principal produit importé est la bière. Avec un PIB de 21 441 dollars par habitant, le Guinée équatoriale est devenu le plus riche pays d’Afrique continentale : seules les Seychelles et l’île Maurice, deux États insulaires de l’océan Indien, ont un PIB supérieur. Cependant, malgré ces chiffres de cet apparent progrès, plus de la moitié de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, avec moins d’un euro par jour. L’espérance de vie n’atteint pas 60 ans. La Guinée équatoriale est le pays qui a le plus grand écart au monde entre sa richesse et son indice de développement humain. Comment expliquer une telle situation ? Selon un opposant au régime, qui vit en exil à Paris, « la misère est la stratégie politique du pouvoir ». Les immenses revenus pétroliers ont largement profité au président, à sa famille et à ses proches. Le fils du président, qui porte le même nom que son père mais qui est connu sous son diminutif, « Tedorin », a défrayé la chronique, en France, pour avoir été inculpé et condamné dans l’affaire des biens mal acquis. Obiang Nguema junior, aujourd’hui âgé de 50 ans, fut élève d’un pensionnat de Normandie avant d’étudier à l’Université de Paris Dauphine. Il obtint ensuite un diplôme d’une université de Malibu, alors qu’il n’y est resté que cinq mois seulement ! La justice française a découvert qu’entre 2004 et 2011, ce sont près de 110 millions d’euros qui ont été crédités sur le compte personnel de Teodorin. Certains de ses achats à l’étranger ont également été payés par des compagnies d’État, où il occupe de hautes fonctions. Teodorin possède un appartement de 5000 m² au numéro 42 de l’avenue Foch, à Paris. Ce petit pied-à-terre parisien comprend une discothèque et une salle à manger en corail. Cet appartement fut perquisitionné en février 2012 avant d’être saisi par la justice, ainsi que les onze voitures de collection et le yacht de Teodorin. Au Brésil, c’est sa collection de montres de luxe qui fut saisie par la justice. En mai 2012, afin de protéger son fils de la justice en lui faisant bénéficier de l’immunité diplomatique, le président le nomma vice-président. Teodorin est également devenu le numéro 2 du parti présidentiel. En octobre 2018, il obtint le grade de général. Le mois suivant, il présida son premier conseil des ministres. Tous ces faits prouvent qu’il se prépare à succéder, le moment venu, à son père, soutenu en cela par sa mère, la très influente Constancia. En octobre 2017, à Paris, Teodorin fut condamné  à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d’euros d’amende pour blanchiment, abus de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption. La justice française le condamna en outre à la confiscation de ses biens. Son procès en appel s’est ouvert, encore à Paris, le 9 décembre dernier.

Pour succéder à son père, Teodorin devra faire face à son demi-frère cadet, Gabriel Mbaga Obiang Lima, qui occupe le poste, ô combien important dans ce pays pétrolier, de ministre des mines, de l’industrie et de l’énergie. Il est le fils d’une maîtresse santoméenne du président.

On l’aura compris, la Guinée équatoriale est devenue le symbole de toutes les dérives des dictatures d’Afrique : tribalisme poussé à l’extrême, népotisme, gabegie financière, gaspillage de ses immenses ressources, alors que la majorité de la population croupit dans la misère. Tout cela sur fond de répression policière et d’assassinats ciblés d’opposants. Rappelons cependant que la longévité de ce lamentable régime et ses excès n’auraient sans doute pas été rendus possibles sans la complicité, voire les encouragements, de certaines multinationales et de gouvernements occidentaux et africains. Concernant les complicités africaines, il convient de signaler que Teodoro Obiang Nguema avait été choisi par ses pairs pour occuper la fonction de président de l’Union Africaine, de 2011 à 2012 ! Sa récente visite officielle en Ouganda n’est donc pas très surprenante, puisque le président Yoweri Museveni est lui-même arrivé au pouvoir en 1986, 7 ans après son homologue équato-guinéen. On murmure d’ailleurs à Kampala que le chef de l’État ougandais préparerait lui aussi son fils à prendre, le jour venu, la succession…

Hervé Cheuzeville 17 décembre 2019.

Hervé Cheuzeville est l’auteur de huit livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (Editions Vincentello d’Istria, 2018)  et « Prêches dans le désert » (Editions Riqueti, 2017). Il a en outre contribué à l’ouvrage collectif « Corses de la Diaspora », dirigé par le Professeur JP Castellani (Scudo Edition, 2018). En 2018, il a fondé les Edizione Vincentello d’Istria à Bastia. Il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: http://www.ecouterradioenligne.com/salve-bastia/ ).

 

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