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Joyeux Noël !

07/11/2017 – 3:36 | No Comment | 197 views

Ma chronique d’aujourd’hui sera davantage une lettre ouverte qu’une véritable chronique. Cette lettre s’adresse à la municipalité de Bastia, ville d’où ces lignes sont écrites, mais aussi et très certainement à la plupart des municipalités …

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La malédiction du destin pourrait-elle disparaître?

Submitted by on 23/11/2014 – 11:25 2 Comments | 3 203 views

Je ne suis pas l’auteur de cet article. Il a été rédigé par un jeune Congolais de Bukavu (Sud-Kivu), âgé de 21 ans. Lors de mon dernier séjour à Bukavu, en juin dernier, il m’a confié vouloir devenir journaliste. Je lui ai alors proposé de m’envoyer un article. Ce qu’il a fait. C’est bien volontiers que je lui cède aujourd’hui un peu d’espace sur mon site, afin de partager le contenu de son premier article avec mes lecteurs. Pour des raisons de sécurité personnelle, il préfère signer ce papier avec un pseudonyme: Guépard.

DSCF1879Le Sud-Kivu est l’une des onze provinces de la République Démocratique du Congo. Elle est située dans sa partie orientale. Son chef-lieu est Bukavu, jadis connu sous le nom de Costermansville. La province dispose d’un riche potentiel touristique, grâce à des sites naturels d’une exceptionnelle beauté, comme le parc national de Kahuzi-Biega, le lac Kivu, la rivière Ruzizi, les sites de Nyangezi et Lwiro, la réserve naturelle d’Itombwe, et bien d’autres endroits encore.
Son incomparable nature attirait autrefois beaucoup des visiteurs venus du monde entier. A leur retour chez eux, ces touristes ne tarissaient pas d’éloges au sujet des merveilles qu’ils avaient découvertes au Sud-Kivu, assurant ainsi la renommée mondiale de la région.
Outre son chef-lieu Bukavu, le Sud-Kivu compte huit territoires : Kabare, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kaziba, Ngweshe, Kalehe et l’île d’Idjwi, au milieu du lac Kivu. Cette partie de la RD Congo était connue comme un endroit calme, tranquille et stable avec une population essentiellement paysanne bien répartie dans ses campagnes ainsi qu’une zone urbanisée à Bukavu.
La paix prit fin lorsque le dirigeant du pays voisin décida d’envahir la région et même le pays tout entier, puisque Kinshasa fut prise par ses troupes et celles de l’AFDL, un mouvement rebelle congolais créé de toute pièce par le voisin. Le Sud-Kivu ainsi que bien d’autres provinces comme le Nord-Kivu par exemple, ont été assujettis et opprimé par des milices et différents groupes armés. La présence de l’APR sur le sol sud-kivutien était comme le mélange du salpêtre et du soufre et c’est la population locale qui fut victime de l’explosion.
Dès lors, l’histoire a tourné au tragique. Le paradis est devenu l’enfer. La région touristique de grande renommée s’est transformée capitale mondiale malfamée des viols et des meurtres de masse. Des massacres et des violences de toutes sortes ont été commis. L’injustice, l’impunité et la corruption régnaient en maîtres.
La situation s’est dégradée de jour en jour, en ville comme à la campagne. Les gens ont souffert de manière inimaginable. C’était pire à la campagne qu’en ville. Les insurgés s’introduisaient dans des maisons des paysans en toute impunité, sans témoins. Souvent, une dizaine d’hommes ou plus violait une mère de famille sous les yeux de sa famille rassemblée. La moindre plainte garantissait une mort certaine des uns et des autres. Les violences sexuelles n’épargnaient personne : bébé, enfants, adultes, vieillards, hommes et femmes. Après les séances de viols les gens mourraient étranglés, mutilés, éviscérés, brulés vifs, enterrés vivants, décapités, poignardés, tués par balle. Mourir sans souffrance était perçu comme une grâce !
Notre petit paradis sud-kivutien est devenu un terrain de manœuvres pour les groupes armés en tous genres comme le FDLR, le CNDP, le Mudundo 40, les mouvements Mai-Mai, l’ADF/NALU, etc. Tous, sans exception, ont tué, pillé, violé, enlevé des femmes et des filles dans la forêt pour en faire des esclaves sexuelles, recruté des enfants pour les transformer en « soldats. Tous ont été impitoyables et ont fait preuve de la plus extrême cruauté.
Cette enchaînement de guerres à répétition a semé la terreur et a déchiré cette partie du pays pendant des années, la souffrance de la population a été indicible et la majorité des Sud-kivutien a sombré dans une misère sans nom.
Parfois, la paix semblait revenir, après le départ d’un groupe armé, avant l’arrivée d’un autre. Mais ce n’était qu’illusion et le groupe armé suivant faisait pire que le précédent.
Ces guerres ont laissé dans la vie des gens des cicatrices indélébiles. Plus de 40 000 femmes et filles ont été violées. Les victimes emmenées dans la forêt revenaient enceintes, d’autres étaient contaminées par diverses maladies sexuellement transmissibles, ignorantes de l’identité des pères de leurs enfants et ne sachant quel avenir donner à ces enfants non désirés. Ces derniers devenaient la cause de conflits familiaux et provoquaient la dislocation de certains foyers. Afin d’échapper à une nouvelle vague de violences, beaucoup de familles ont préféré quitter leurs villages pour aller s’entasser dans les bidonvilles de la périphérie de Bukavu. Ces bidonvilles ont poussés comme des champignons. La pauvreté, l’insalubrité et la malnutrition en sont les caractères principaux. Quant aux paysans restés sur leurs terres, il leur revient de produire suffisamment de céréales et de légumes pour nourrir toute la population de la province. Le mauvais état des routes rend le transport de leurs produits vers les marchés très aléatoire.
La population déplacée autour des villes est sans occupation, vu la rareté des emplois. La natalité dans ces quartiers miséreux atteint des taux record. Nombre de jeunes filles s’adonnent au vagabondage sexuel et à la prostitution pour survivre. Les jeunes hommes sombrent bien souvent dans le vagabondage, le gangstérisme et la drogue. Tous ces jeunes ont pour unique préoccupation la recherche de l’argent, même s’ils doivent pour cela avoir recours à des procédés immoraux ou malhonnêtes. Le bruit des armes a peut-être cessé, mais la guerre a semé la dépravation des mœurs et bien d’autres maux qui ne sont pas prêts de disparaître.
Après tous ces soulèvements, insurrections et invasions, une ère de calme et de stabilité semble s’être installée, mais il est encore trop tôt pour pouvoir assurer qu’il ne s’agit pas d’une simple pause entre deux vagues de violence. Tant que le chef d’orchestre de ces guerres régionales demeurera à son poste, les Sud-Kivutiens continueront à vivre dans la crainte du lendemain.
Ces guerres ont décimé la population du Sud-Kivu et de toute la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Ces guerres ont trop longtemps chambardé la vie de ceux qui ont réussi à survivre. Mais les habitants de cette belle région gardent l’espoir, envers et contre tout. Tous croient que le Sud-Kivu aura la chance de se relever et de retrouver sa gloire passée. Seule une paix durable permettra au long fleuve de l’oubli de faire son œuvre et d’emporter avec lui tous les souvenirs d’horreurs sanglantes.

Guépard
Bukavu, le 25.10.2014

2 Comments »

  • Bienfait Manegabe dit :

    Très bon article mais déjà un problème sur le nombre et la désignation des territoires de la province du sud-kivu. En effet, Ngweshe et Kaziba ne sont pas des Territoires comme notre ami les présente. Toutes les deux localités se trouvent dans le Territoire de Walungu qui est l’un de territoires le plus vastes de la province. Les huit territoires du sud-kivu sont: Kalehe, Kabare, walungu, Idjwi, Mwenga, Fizi, Uvira et Shabunda. Courage futur journaliste.

  • Arthur FATAKI dit :

    La malédiction du destin pourra passer lorsqu’il y aura instauration de la vraie démocratie en RD-Congo et dans la sous région du grand lac c’est-à-dire le renouvellement de la classe politique par les élections crédibles. deuxièmement l’éradication des groupes par la création d’emploi.

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