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Joyeux Noël !

07/11/2017 – 3:36 | No Comment | 197 views

Ma chronique d’aujourd’hui sera davantage une lettre ouverte qu’une véritable chronique. Cette lettre s’adresse à la municipalité de Bastia, ville d’où ces lignes sont écrites, mais aussi et très certainement à la plupart des municipalités …

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Monsieur le Président, nous attendons la vérité, toute la vérité !

Submitted by on 27/01/2017 – 9:37 No Comment | 643 views

En janvier 2013, alors que je vivais et travaillais encore au Tchad, j’ai salué, dans mes écrits, la courageuse décision de François Hollande d’envoyer des troupes françaises pour sauver le Mali de la barbarie islamiste, des atrocités perpétrées par des bandes armées de narco-djihadistes, de l’obscurantisme moyenâgeux imposé par des barbus incultes et féroces. Ces meurtriers, après avoir imposé pendant de longs mois leur ordre sanglant et aberrant, misogyne et rétrograde à tout le nord du pays, après avoir lapidé et amputé, après avoir détruit des mausolées islamiques multiséculaires, étaient en passe de conquérir l’ensemble du Mali. L’Opération Serval les en a empêché avant de les mettre en déroute et de libérer Gao, Tombouctou, Kidal et l’ensemble du Nord. Cette intervention et cette victoire, obtenue avec la participation efficace de l’armée tchadienne et le soutien d’alliés africains restera l’un des moments forts du quinquennat de François Hollande.  Depuis, le Mali est parvenu à organiser des élections et un nouveau président dirige le pays. Certes, tous les problèmes ne sont pas réglés, comme l’a encore montré le terrible attentat suicide  qui fit plus de 60 morts dans une caserne de Gao, il y a deux semaines. Mais la situation est certainement bien meilleure qu’elle ne l’était il y a exactement quatre ans.

Quelques mois plus tard, je me suis réjoui comme tout le monde de la libération des otages français d’Areva, retenus captifs durant trois longues années par les nazislamistes du désert. Mais, comme nombre d’observateurs, j’étais dubitatif quant à l’affirmation trop souvent répétée que la France n’avait pas payé de rançon.  Pourquoi un tel mensonge, qui ne trompait d’ailleurs personne, que ce soit chez nos alliés européens ou africains ou au sein de la population française ?

Puis, le 2 novembre, jour des Défunts, alors que j’étais encore au Tchad, j’appris l’enlèvement à Kidal de mon amie Ghislaine Dupont, courageuse journaliste de RFI, et de son collègue technicien Claude Verlon. Une heure plus tard, un bulletin d’informations de RFI lâchait la terrible nouvelle : Ghislaine et Claude avaient été retrouvés morts, à quelques kilomètres de Kidal. Ils avaient été abattus par les hommes armés qui les avaient kidnappés. D’abord, je n’ai pas voulu y croire. Mais il m’a bien fallu admettre la terrible vérité, et je passais une nuit sans sommeil à N’Djamena.

Je n’ai jamais oublié Ghislaine. Son souvenir ne m’a pas quitté. Je lui ai d’ailleurs écrit un article d’hommage, pour le premier anniversaire de sa mort. Comme tous ses amis, comme tous les amis de Claude Verlon, je souhaitais que les circonstances de ces assassinats soient éclaircies au plus vite et que les immondes auteurs de ces meurtres soient châtiés. Je me devais donc de regarder l’émission « Envoyé Spécial », diffusée jeudi 26 janvier sur France 2. J’ai regardé jusqu’au bout cette émission. Lorsque j’ai éteint la télévision, mon écœurement était total face à la pseudo « raison d’État », face aux conflits de personnes et aux rivalités entre services de l’État, face à la concurrence entre officines parallèles, face aux mensonges mille fois répétés, face à l’amateurisme et à l’aveuglement de certains, au plus haut niveau. C’est tout cela conjugué qui a prolongé la détention des otages et qui a fini par aboutir au brutal assassinat de la pauvre Ghislaine et à celui Claude Verlon. Cette émission de France  2  est le résultat de plusieurs mois de travail et d’investigation, en France, au Niger, au Mali et ailleurs. N’étant pas le dernier à me lamenter au sujet de la qualité souvent déplorable des journaux télévisés et du traitement de l’information partiel et partial, je me dois aujourd’hui de rendre un vibrant hommage pour la qualité du travail accompli par l’équipe d’Elise Lucet pour l’élaboration de ce dossier d’ « Envoyé Spécial ». L’enquête menée par ces journalistes a incontestablement apporté des éléments nouveaux. Un lien entre la libération des otages d’Areva et les meurtres de Kidal semble avoir été établi. La concurrence entre les émissaires envoyés au Mali et au Niger pour entrer en contact avec l’ « émir » des terroristes a été démontrée. Le fait que quelqu’un ait allumé l’ordinateur de Ghislaine Dupont dans son appartement parisien une demi-heure avant l’enlèvement à Kidal de la journaliste. Lequel ordinateur avait été piraté et espionné (par qui ?) depuis des semaines. Comment admettre que les journalistes de la 2 aient pu aller à Kidal, où l’armée française ne leur a pas facilité le travail, alors que le juge antiterroriste chargé de l’instruction n’a pas encore jugé bon de s’y rendre, plus de trois années après les meurtres de ces deux citoyens français ? Pourquoi la déclassification tant attendue des documents n’a-t-elle été que très partielle ? Pourquoi les documents fournis étaient-ils caviardés ?

Ces deux affaires, celle des otages d’Areva et celle de l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, n’en font peut être qu’une seule. En tout état de cause, elle est en passe de devenir une véritable affaire d’État, autrement plus importante que l’emploi, fictif ou non, de l’épouse d’un candidat à la prochaine élection présidentielle. François Hollande, qui n’a plus rien à perdre, puisqu’il ne se représente pas, s’honorerait en ordonnant la déclassification immédiate et totale des documents « secret-défense » concernant la mort des deux journalistes et en disant ce qu’il sait de cette lamentable affaire.

Pour Ghislaine Dupont, pour Claude Verlon, pour leur famille et leurs amis, pour tous les journalistes qui tentent de couvrir les conflits armés de par le monde, pour l’honneur de la France, il faut dire la vérité, toute la vérité, Monsieur le Président !

Hervé Cheuzeville, 27 janvier 2017

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