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Qui ne rêve pas d’aller à Chypre ?

29/09/2017 – 12:31 | No Comment | 218 views

On ne compte plus les offres de voyages, toutes plus alléchantes les unes que les autres, que l’on reçoit chaque jour, que ce soit via internet ou par voie postale, ou même en annexe de …

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Réflexions sur la Birmanie et sur le problème rohingya

Submitted by on 19/09/2017 – 12:16 No Comment | 1 239 views

Depuis plusieurs semaines, l’opinion publique mondiale, à l’instigation de nos grands médias, feint de de découvrir le problème rohingya. Une campagne compassionnelle s’en est suivi, sous l’égide d’organisations internationales et de mouvements islamiques. Comme tout un chacun, j’ai été ému de voir des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants affluer au Bangladesh, un pays très pauvre déjà submergé par d’insolubles problèmes de surpopulation et de réchauffement climatique. Ces réfugiés arrivant à pied de Birmanie[1] ont tout perdu et ils dépendent pour leur survie de l’hospitalité des autorités et de la population bangladaise ainsi que de l’aide internationale. Des témoignages d’exactions commises par les forces armées birmanes contre ces civils sont insoutenables. Si ces horreurs sont avérées elles méritent d’être condamnées avec la plus grande énergie et tous les efforts internationaux doivent être déployés pour qu’il y soit mis fin sans délais. Mais la question de la Birmanie d’une manière générale et des Rohingyas en particulier est loin d’être aussi simple que l’on voudrait bien le croire. Il est nécessaire de s’y attarder un peu plus longuement que le temps d’un reportage au journal télévisé de 20 heures, si l’on souhaite vraiment comprendre ce qui s’est passé et ce qui est en train de se passer.

Il convient d’abord de rappeler que la Birmanie fut jadis un royaume puissant et dynamique et que ce pays résista avec la plus grande énergie à l’expansionnisme et au colonialisme. Au XIXe siècle, l’empire britannique a dû livrer trois guerres[2] avant de venir à bout de ce royaume et il ne s’est pas contenté de dominer le vaincu. Il a cherché à l’annihiler et à éliminer le souvenir du puissant royaume en l’intégrant de force dans son Empire des Indes puis en encourageant l’immigration bengalie tout en favorisant l’évangélisation des peuples non birmans vivant dans les zones périphériques. Il fallait dissoudre la nation birmane dans un ensemble centrifuge où affluaient de surcroit des migrants indiens non bouddhistes. En agissant de la sorte, les Britanniques ont fait pire que « diviser pour régner ». Ils ont créé toutes les conditions pour qu’une Birmanie indépendante n’existe jamais et que, le cas échéant, elle soit tout à fait ingouvernable. En cela, la Grande-Bretagne a parfaitement atteint ses objectifs, comme l’histoire de la Birmanie indépendante l’a montré à suffisance, et comme les derniers évènements le prouvent à nouveau.

Le Général Aung San (1915-1947)

Cependant, le nationalisme birman n’a jamais été éradiqué. Bien au contraire. La présence britannique et la répression coloniale n’ont fait que le renforcer. En 1942, l’invasion japonaise et la débâcle des maîtres européens face à une armée asiatique fit irrémédiablement perdre la face aux Britanniques aux yeux des Birmans. Les nationalistes, un temps sensibles aux voix des sirènes de Tokyo, finirent par se ressaisir grâce à l’action d’un jeune leader, le général Aung San, qui conduisit la résistance antijaponaise, tout en demeurant vigilant en ce qui concernait les intentions de l’ancien colonisateur. En 1945, à la libération de la Birmanie par l’armée britannique soutenue par la guérilla birmane, Aung San et ses camarades firent rapidement comprendre à Londres qu’un retour au statu quo ante était inacceptable et qu’il fallait immédiatement engager des négociations pour amener le pays à l’indépendance. Malheureusement, le charismatique Aung San n’a pas vécu le jour tant attendu de la liberté retrouvée. Chef du gouvernement de transition après la victoire de son parti, la Ligue Antifasciste pour la Liberté des Peuples, en avril 1947, il avait été assassiné avec une partie de son cabinet le 19 juillet suivant, à l’instigation d’un politicien rival. On ne saura sans doute jamais si ce dernier avait été ou non manipulé par le pouvoir colonial. Toujours est-il que lorsque la Birmanie retrouva enfin son indépendance le 4 janvier 1948, elle était privée d’un leader qui aurait peut-être eu la capacité de sauvegarder l’unité du pays. La faible démocratie parlementaire birmane n’a pas été en mesure de faire face aux forces centrifuges incarnées dans de multiples insurrections soutenues en sous-main par les communistes (arrivés au pouvoir dans la Chine voisine en 1949). L’instabilité favorisa la prise de pouvoir par les militaires en 1962 et, depuis lors, ils n’ont jamais réellement abandonné ce pouvoir. En un demi-siècle, la caste des généraux birmans s’est constitué un véritable empire économique et financier, contrôlant directement ou indirectement toutes les activités du pays, y compris le narcotrafic[3]. La Birmanie est longtemps restée en autarcie, jalouse de son indépendance mais sombrant dans la misère tandis que les militaires et leurs familles s’enrichissaient toujours plus. Ces généraux n’ont eu aucun scrupule à écraser dans le sang le « printemps » birman, en 1988, faisant tirer à l’arme automatique sur les milliers de manifestants, principalement des étudiants, qui occupaient les rues de Rangoun et des grandes villes. C’est alors qu’apparut sur la scène politique la grande dame de Birmanie, Aung San Suu Kyi, digne fille de son père, le héros et martyr de l’indépendance, le général Aung San. En 1988, cette frêle femme de 43 ans venait de rentrer de Londres, où elle vivait, pour s’occuper de sa mère souffrante. Très vite, elle fut prise dans le tourbillon du soulèvement populaire et devint le leader de la Ligue Nationale pour la Démocratie, le parti qu’elle venait de créer, réminiscence du vieux parti de l’indépendance de son père. De 1988 à 2010, la « Dame de Rangoon » a passé l’essentiel de sa vie en détention, malgré la victoire de son parti aux élections organisées par la junte militaire en 1990. Ses partisans ont été persécutés, pourchassés, torturés, emprisonnés et tués sans merci. Aung San Suu Kyi a su résister à tout, faisant preuve d’une incroyable force morale. Plongée dans l’isolement absolu, sa foi bouddhiste et le recours à la méditation quotidienne lui ont permis de ne pas céder. Plusieurs fois, les militaires lui ont offert la liberté et le départ pour Londres, afin d’y retrouver son mari et ses enfants. Elle refusa toujours, sachant qu’on ne lui permettrait plus jamais de rentrer au pays. Son courage a fait d’elle l’icône et l’espoir du peuple birman, soumis à une féroce répression. Sa ténacité lui a valu le respect du monde entier et le Prix Nobel de la Paix en 1991. Son aura a fini par avoir raison des militaires, de plus en plus isolés et soumis à de fortes pressions internationales. D’ardues négociations s’engagèrent entre ces derniers et Aung San Suu Kyi et son parti. Des concessions durent être faites de part et d’autre. Des concessions qui purent être interprétées comme autant de compromissions. Mais que devait faire la Dame de Rangoun ? Devait-elle se montrer intransigeante, au risque de tout perdre et de laisser sa nation sous le joug de l’oppression et son peuple continuer à sombrer dans la misère pendant les décennies à venir, alors que les pays voisins d’Asie du Sud-Est décollaient économiquement ? Aung San Suu Kyi a choisi le pragmatisme, ce qui a permis la tenue d’élections et l’arrivée au pouvoir de la LND en mars 2016. Cependant, la constitution avait été élaborée par la junte militaire, avant que celle-ci ne consente à remettre le pouvoir aux civils. Ce texte fondamental assure l’immunité aux anciens dirigeants tout en pérennisant le contrôle de l’armée sur le ministère de la défense et sur toutes les questions de sécurité nationale. De plus, il interdit aux Birmans mariés à des étrangers de se présenter aux élections présidentielles ou de devenir chef du gouvernement. Cette clause vise de toute évidence Aung San Suu Kyi, veuve d’un citoyen britannique, qui n’a pu devenir présidente et qui n’a pas non plus pu occuper la fonction de premier ministre. Elle a dû se contenter d’être élue membre du Parlement en mai 2012. Depuis mars 2016, elle occupe différentes fonctions ministérielles ainsi que, depuis le 6 avril de la même année, un poste spécialement créé pour elle, celui de Conseillère spéciale de l’État et porte-parole de la Présidence de la République de l’Union de Birmanie. Nul ne doute que c’est bien elle le véritable « homme fort » du gouvernement actuel. À ceci près que ledit gouvernement ne contrôle pas le ministère de la Défense et les questions de sécurité intérieure. De cette anomalie fondamentale, née des compromis qui durent être acceptés afin de mettre fin au régime militaire, a surgi la controverse actuelle au sujet de la question des Rohingyas, question qui constitue en fait un héritage empoisonné de l’ancien pouvoir colonial.

Les Rohingyas sont en effet les descendants des migrants bengalis arrivés durant la période coloniale. D’autres migrants sont venus du Pakistan Oriental puis du Bangladesh[4] durant les décennies qui suivirent l’indépendance, fuyant la misère de leur patrie d’origine et soucieux de trouver une vie meilleure auprès de leurs parents établis de longue date du côté birman de la frontière, dans le nord-ouest de l’État de Rakhine, autrefois connu sous le nom d’Arakan. La population arakanaise, qui s’élève aujourd’hui à plus de trois millions, est très largement adepte du bouddhisme theravāda, et elle parle une langue faisant partie du groupe dit « lolo-birman » de la branche tibéto-birmane des langues sino-tibétaines. La langue birmane appartient elle aussi à cette branche tibéto-birmane. Les Rohingya sont ultra minoritaires, ils parlent un dialecte bengali et ils sont tous de confession musulmane, comme la majorité des habitants du Bangladesh auxquels ils sont apparentés ainsi que nous l’avons vu. En 1962, le régime du dictateur Ne Win décréta que cette population n’était pas birmane et tous ceux qui possédaient la nationalité birmane l’ont donc perdue. Quant aux autorités du Pakistan puis du Bangladesh, elles ont toujours refusé de reconnaître la citoyenneté pakistanaise ou bangladaise à ces Bengalis vivant en Birmanie. C’est de cette situation ubuesque qu’est né le problème qui fait en ce moment la Une de l’actualité.

Le problème rohingya n’est donc pas nouveau. Il date au moins de 1962 et remonte en fait à la période coloniale. Mais il a été exacerbé par la montée de l’islamisme politique dans le monde entier. Perdant du terrain en Syrie et en Irak, la nébuleuse islamiste est depuis un ou deux ans en train de réorienter ses activités vers l’Asie du Sud-Est. Aux Philippines, où il existe une très ancienne insurrection musulmane dans le sud de l’archipel, on assiste depuis un an à une éruption de violence de la part d’un groupe armé islamiste qui a fait allégeance à l’État islamique en 2014. En mai 2017, ce groupe terroriste a tenté de prendre le contrôle de Marawi, une ville de deux cent mille habitants, située dans la grande île de Mindanao. Les combats ont été intenses. Les islamistes sont parvenus à s’emparer de la cathédrale et à y prendre des otages, dont un prêtre. Ils ont aussi exécuté sommairement de nombreux civils chrétiens. Ces exactions ont été commises alors que, depuis l’accord de paix de 2014, les zones à majorité musulmane constituent une région autonome. Mais ce statut ne suffisait sans doute pas aux plus extrémistes des djihadistes.

En Thaïlande aussi, il existe une très ancienne insurrection dans le sud du pays, dont trois provinces frontalières de la Malaisie sont majoritairement musulmanes. Depuis quelques années, on a, là encore, assisté à une recrudescence de la violence d’insurgés qui s’en prennent à tout ce qui symbolise à leurs yeux l’État et le bouddhisme :  de nombreux fonctionnaires, instituteurs et bonzes sont tombés sous les balles des terroristes. Des attentats à la voiture piégée ont également été commis. Même la capitale, Bangkok, a été la cible d’attentats à la bombe qui firent de nombreuses victimes.

Dans le monde, l’Indonésie est le pays comptant la plus grande population musulmane. Cet islam majoritaire a longtemps été considéré comme relativement ouvert et tolérant. L’archipel est composé d’îles très diverses dont certaines ne sont pas ou peu musulmanes (Bali, les Célèbes, Kalimatan[5], etc.) Mais cet islam indonésien est depuis longtemps infiltré par des groupes radicaux. Dans la grande île de Sumatra, afin de mettre un terme à une longue guerre civile, les autorités de Djakarta ont dû accorder un statut d’autonomie à la région d’Aceh, où la charia a été imposée. Des attentats à la bombe ont en outre été commis à Djakarta et à Bali et les minorités chrétiennes ont été visées par des destructions d’églises et par d’autres exactions. Récemment, l’ancien gouverneur de Djakarta, un chrétien, a été jugé pour un prétendu blasphème afin de l’empêcher de se représenter.

Le minuscule mais richissime Sultanat de Brunei, au nord de Bornéo, est depuis 2014 régi par la charia, à l’instigation de son tout puissant sultan, Hassanal Bolkiah, playboy flambeur devenu dévot.

C’est dans ce contexte géopolitique régional particulier qu’est apparue, vers la fin de 2016, un nouveau groupe rebelle nommé « Armée de Salvation de l’Arakan Rohingya », ou ARSA selon son sigle anglais. Ce groupe a été créé par un dénommé Ata Ullah, un Rohingya né à Karachi, au Pakistan, et qui a grandi à La Mecque, en Arabie Saoudite. Selon certaines sources, le but affiché par ce groupe est la création d’un État islamique démocratique pour les Rohingya de Birmanie et il serait financé par certains pays arabes du Golfe. Dans les années 70, il existait déjà des mouvements armés rohingya qui avaient pour but, eux, le rattachement de la partie nord-ouest de l’Arakan, où vivent les Rohingya, au Pakistan Oriental devenu ensuite le Bangladesh. L’ARSA a, depuis sa création, mené des attaques contre des postes militaires birmans ainsi que contre des villages bouddhistes, n’hésitant pas à profaner des statues du Bouddha et à brûler des temples. Ces actions auraient fait des dizaines de victimes civiles. Ce sont elles qui ont suscité la violente réaction de l’armée birmane qui se serait à son tour livrée à d’inadmissibles exactions contre les civils, musulmans, cette fois. C’est cette situation qui a provoqué l’exode des civils rohingyas vers le Bangladesh.

Mardi 19 septembre, Aung San Suu Kyi a fait une intervention solennelle devant le Parlement birman à Naypyidaw, la nouvelle capitale du pays créée par la junte militaire, loin de la frondeuse et populeuse Rangoun. La dirigeante a clairement condamné « toutes les violations des droits de l’homme » en Arakan et elle a exprimé sa compassion pour les civils « pris au piège » dans les affrontements entre l’armée et les rebelles. Elle a en outre assuré que des instructions très strictes avaient été données aux forces de sécurité afin que les opérations soient menées « avec toute la retenue nécessaire et à prendre toutes les mesures pour éviter des dommages collatéraux et blesser des civils innocents ». Elle a aussi affirmé son refus que la Birmanie « soit divisée par les croyances religieuses ». Elle a indiqué que « depuis le 5 septembre, il n’y a eu aucun combat armé et aucune opération antiterroriste » et s’est étonnée que les Rohingyas continuent à fuir au Bangladesh. Elle a enfin déclaré que la Birmanie était prête à recevoir les 410 000 civils qui avaient quitté le pays et que leurs identités seraient vérifiées afin de permettre ce retour.

Mon long exposé historico-politique n’a pas pour but de légitimer ou de relativiser les violences perpétrées à l’encontre des Rohingyas, bien au contraire. Toutes les exactions commises contre des civils, qu’ils soient musulmans ou bouddhistes, doivent être condamnées sans la moindre hésitation. Dans le même esprit, je me suis souvent fait l’écho de la répression subie par les Ouïghours musulmans dans le nord-ouest de la Chine. Cependant, mon but est aussi de mettre en garde l’opinion face à toute tentative de manipulation. Certains leaders islamistes tentent actuellement d’instrumentaliser le problème rohingya afin de parvenir à leurs buts politiques, en cherchant à faire croire à l’opinion publique internationale que les musulmans sont partout des victimes. Des photos terribles mais n’ayant rien à voir avec la Birmanie ont ainsi été sorties de leur contexte et présentées comme des « preuves » des atrocités commises par l’armée birmane[6]. Ces mêmes leaders islamistes se sont bien gardés de condamner les terribles persécutions subies par les chrétiens d’Orient, en Irak, en Syrie ou même en Égypte. En Arakan, les deux camps ont commis des crimes. Il convient donc de les dénoncer tous, tant ceux de l’armée birmane que ceux du groupe armé rohingya. C’est précisément ce qu’a fait Aung San Suu Kyi dans son discours d’aujourd’hui. Enfin, je pense qu’il faut demeurer très vigilant face à la montée du péril terroriste islamiste qui menace toute l’Asie du Sud-Est, du sud des Philippines à l’Arakan birman, en passant par le sud de la Thaïlande et par l’archipel indonésien. Les évènements qui ensanglantent en ce moment les confins de la Birmanie et du Bangladesh ne sont malheureusement qu’une facette de la stratégie islamiste dans cette région du monde.

Aung San Suu Kyi n’a aucune leçon de morale à recevoir des « bien-pensants » professionnels qui voudraient aujourd’hui lui donner des leçons de droits de l’Homme ou de courage politique. Dans ces deux domaines, peu d’hommes politiques à travers le monde ont fait autant leurs preuves que la Dame de Rangoun. Aujourd’hui, ce n’est pas de leçons ou de remontrances dont a besoin Madame Aung San Suu Kyi, mais de soutien. Elle en a bien besoin, tant au plan intérieur qu’extérieur. Rien ne serait pire, pour la Birmanie, pour l’Asie du Sud-Est et pour le monde qu’un retour au pouvoir des militaires birmans qui ont eux aussi fait leurs preuves, pour le pire, depuis 1962.

Hervé Cheuzeville, 19 septembre 2017.

(Diplômé de langues et civilisations orientales, l’auteur a effectué plusieurs séjours en Birmanie, durant les années 80; il est outre l’auteur de 7 livres dont le dernier est « Prêches dans le désert, paru aux Éditions Gabriel Riqueti en mars 2017).

PS: voir en bas de page les informations complémentaires ajoutées le 25 septembre 2017.

[1] Le lecteur notera que je me refuse à utiliser l’appellation « Myanmar » pour la Birmanie. Myanmar est le nom du pays en langue birmane, comme « Deutschland » est le nom de l’Allemagne en langue allemande. En français, ce pays d’Asie du Sud-Est est connu sous le nom de « Birmanie » depuis plusieurs siècles. C’est la junte militaire qui, à la fin des années 80, décréta que le pays devrait dorénavant être connu internationalement sous le nom de « Myanmar ». Par ailleurs, la transcription du nom birman en caractères latin pose également un problème aux francophones car c’est la phonétique anglaise qui a été utilisée. Dans le nom en caractères birmans, မြန်မာ, il n’y a pas d’équivalent de « r » final. Un « r » a été ajouté pour la transcription en caractères latin afin de rendre le son d’un « a » long final. Ce qui est tout à fait incongru si on lit le nom « Myanmar » à la française ! Pour la même raison, je continue de parler de Rangoun (la principale ville du pays) et non de Yangon comme l’aurait voulu les généraux birmans.

[2] En 1824 -1826, en 1852 et en 1885.

[3] La Birmanie est le deuxième producteur mondial d’opium, après l’Afghanistan. Il ne s’agit bien évidement pas d’une production légale. Le pavot est cultivé dans des zones montagneuses reculées du nord du pays, peuplées par des minorités ethniques.

[4] L’ancien empire des Indes fut divisé, lors de l’indépendance de 1947. Afin de donner une patrie distincte aux musulmans, toutes les zones où ces derniers étaient majoritaires constituèrent le Pakistan nouvellement créé. Ce nouveau pays était formé de deux morceaux de territoires séparés par près de 2000 km : le Pakistan occidental et le Pakistan oriental. Ce dernier correspondait au Bengale oriental, où les musulmans étaient majoritaires. Le Bengale occidental, dont la capitale est Calcutta, fait quant à lui partie de l’Inde. En 1975, après une atroce guerre civile et avec l’appui de l’Inde voisine, le Pakistan Oriental a arraché son indépendance et est devenu le Bangladesh, c’est-à-dire le Bengal libre, en langue bengalie.

[5] Nom indonésien de la partie indonésienne de l’île de Bornéo.

[6] C’est ainsi que Tariq Ramadan, le « penseur » islamiste bien connu, n’a pas hésité à tweeter la photo des victimes carbonisées lors de l’explosion d’un camion-citerne en République Démocratique du Congo il y a quelques années, en la faisant passer comme celle de victimes de l’armée birmane !

Informations complémentaires ajoutées le 25 septembre 2017

Voici quelques informations supplémentaires reçues depuis la rédaction de mon article.

Dimanche 24 septembre, l’armée birmane a annoncé la découverte d’une fosse commune contenant les corps de 28 Hindous, affirmant qu’ils avaient été tués par le groupe armé rohingya. Peu après, 17 nouveaux corps ont été découverts dans une autre fosse commune, près de Kha Maung Seik dans la région de Maungdaw (Arakan), théâtre des violences entre armée et rebelles rohingyas. Les recherches se poursuivent. Elles sont menées par des volontaires, par l’armée et par la police afin de tenter de retrouver d’autres corps, les témoins évoquant une centaine de civils emmenés de force par les rebelles rohingyas en dehors de ce village hindou. C’est la première fois que la découverte de charniers est signalée depuis le début de la crise actuelle, le 25 août, lorsque des rebelles rohingyas ont attaqué des postes des forces de l’ordre birmanes. Les hindous et les bouddhistes fuyant les violences entre rebelles musulmans et armée sont des milliers à avoir trouvé refuge dans un stade de football à l’abandon à Sittwe, la capitale régionale de l’Arakan. Ces informations confirment ce que j’écrivais dans mon article: des violences ont été commis des deux côtés, mais nos grands médias ne parlent que des violences que l’armée birmane aurait commises contre les civils rohingyas, sans jamais faire mention de celles commises par les rebelles armés rohingyas contre les Bouddhistes et contre les Hindous de l’Arakan.

HC, 25.09.17

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