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Stop à l’incivisme !

18/08/2018 – 3:35 | No Comment | 488 views

Dans l’éditorial de la revue municipale « Bastiamag’ » de juillet-août, Pierre Savelli, Maire de Bastia, jette un gros pavé dans la mare. Il a osé s’en prendre à l’incivisme ambiant qui détruit notre environnement quotidien et …

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Taïwan face à la Chine populaire

Submitted by on 31/05/2018 – 12:40 No Comment | 462 views

Ambassade de la République de Chine (Taiwan) près le Saint-Siège

Dans les relations internationales, Taïwan, l’ancienne Formose, est un cas paradoxal. Cette grande île de 35 000 km2 (près de quatre fois la taille de la Corse) compte plus de 23 millions d’habitants. Elle est située en mer de Chine et est séparée de la Chine continentale par le détroit de Taïwan, dont la largeur, à l’endroit le plus étroit, n’est que de 130 kilomètres. A l’origine peuplée par des abrigènes (qui, de nos jours, ne représentent plus que 2 % de la population), l’île a reçu plusieurs vagues de peuplement Han, venues du continent, à partir du XVIIe siècle. De 1894 à 1945, elle a été colonisée par le Japon. Quatre ans après la capitulation japonaise, le gouvernement chinois de Tchang Kaï-chek s’y réfugia, après la victoire des troupes communistes de Mao Tsé Toung en Chine continentale. Jusqu’à nos jours, le nom officiel de Taïwan est « République de Chine » ; longtemps le gouvernement insulaire a en effet prétendu être le gouvernement légitime de toute la Chine. Mais, tout au long de la guerre froide et de l’après guerre froide, ses alliés l’ont peu à peu abandonné, préférant reconnaître la République Populaire de Chine, de plus en plus puissante, politiquement et économiquement.

Dès le 6 janvier 1950, le Royaume-Uni avait reconnu la République Populaire de Chine, soit quelques mois après sa proclamation. Cette décision était motivée par le souci de protéger les intérêts britanniques à Hong Kong, petite colonie jouxtant la Chine continentale. Un éventuel blocus chinois l’eut en effet rapidement asphyxiée !

Après une visite d’Edgar Faure en Chine, la République Française reconnut la République Populaire de Chine en janvier 1964. De Gaulle justifia cette initiative par le réalisme (était-il possible d’ignorer un régime qui gouverne le quart de l’humanité ?), tout en faisant la leçon à Washington qui s’obstinait à reconnaître, comme seule Chine, le gouvernement de Formose. Au même moment, de Gaulle prenait ses distances avec la politique indochinoise de la Maison Blanche. Les États-Unis, à l’époque, s’engageaient de plus en plus dans la guerre du Viêt Nam, envoyant au Sud-Viêt Nam des centaines de milliers d’hommes combattre les rebelles communistes soutenus par le Nord-Viêt Nam de Hô Chi Minh et l’URSS.

Le 25 octobre 1971, une résolution adoptée par un vote de 76 voix pour et 35 contre, avec 17 abstentions, permit à la République Populaire de Chine de joindre les rangs de l’Organisation des Nations unies. Cette annonce entraîna le départ de Taïwan qui représentait la Chine à l’ONU depuis la création de cette organisation. La Chine populaire devint également l’un des cinq membres  permanents du Conseil de Sécurité (avec droit de veto), toujours en remplacement de la Chine nationaliste de Taïwan. Le président Chiang Kai-chek, l’un des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale aux côtés des autres « Grands »,  Churchill, Staline et Truman, dénonça la décision de l’ONU.

Le président étasunien Richard Nixon indiqua, dans son discours inaugural de janvier 1969, que les États-Unis et la Chine de Pékin entraient dans une ère de négociation après une ère de confrontation. Nixon avait la réputation d’être très anti-communiste, mais il avait aussi une vision pragmatique, dictée par le soutien de l’URSS au Nord-Viêt Nam et à l’animosité croissante de la Chine populaire envers cette même URSS. Il estima donc qu’il était dans l’intérêt de son pays d’établir des liens avec la Chine de Mao. En juillet 1971, Henry Kissinger (conseiller à la sécurité nationale) feignit d’être malade, lors d’un voyage au Pakistan, et il demeura à l’abri des caméras pendant toute une journée. En fait, il s’était rendu secrètement à Pékin afin de négocier avec le Premier ministre Zhou Enlai. Le 15 juillet 1971, le président Nixon révéla qu’il avait accepté une invitation à visiter la République Populaire de Chine. Cette annonce provoqua un choc dans le monde entier.  C’est en février 1972 que le président Richard Nixon effectua son voyage historique en Chine. Au cours de cette visite il rencontra le président Mao Zedong et signa le Communiqué de Shanghai avec le Premier ministre Zhou Enlai. Ce communiqué ouvrait la voie à l’amélioration des relations sino-américaines. La visite n’aboutit pas à une reconnaissance immédiate de la République Populaire de Chine, mais des « bureaux de liaison » furent mis en place à Washington et à Pékin. Les États-Unis adoptèrent la position statuant que la République populaire était celle de tous les Chinois, soutenant qu’il n’y avait qu’une seule Chine et que Taïwan en était une partie intégrante. Cette politique fut poursuivie par les successeurs de Nixon, Gerald Ford et Jimmy Carter. Le président Ford visita à son tour la Chine en 1975 et il réaffirma l’intérêt américain pour une normalisation des relations avec Pékin. Après sa prise de fonction en 1977, le président Jimmy Carter indiqua qu’il souscrivait aux objectifs du communiqué de Shanghai. Le secrétaire d’État Cyrus Vance et le conseiller de sécurité nationale Zbigniew Brzezinski encouragèrent Carter à rechercher l’établissement de relations diplomatiques et commerciales avec la Chine populaire.  Ce fut finalement le 15 décembre 1978 que les États-Unis et la République Populaire de Chine annoncèrent que les deux gouvernements établiraient des relations diplomatiques à compter du 1er janvier 1979. Les USA abandonnaient donc, du moins officiellement, leur allié historique, la Chine nationaliste, c’est-à-dire Taïwan.

Le maréchal Tchang Kaï-chek mourut en 1975 sans avoir pu réaliser son rêve de reconquête de la Chine continentale. Son régime dictatorial céda progressivement la place à la démocratie. Lee Teng Hui, natif de Taïwan, devint président en 1988, succédant au fils de Tchang Kaï-chek. C’est sous sa direction que Taiwan se transforma en pays démocratique et que la nouvelle élite originaire de l’île arriva aux affaires, remplaçant peu à peu les vieux mandarins du Kuo Min Tang, arrivés de Chine continentale en 1949 avec Tchang Kaï-chek. Taïwan connut un développement économique spectaculaire. Aujourd’hui, l’île est la 22ème plus grande économie du monde et le niveau de vie y est plusieurs fois supérieur à celui de la Chine continentale. Le pays a même connu des alternances politiques. Depuis mai 2016, son président est une femme de 61 ans, Madame Tsai Ing-wen. Quel contraste avec la République Populaire de Chine où le pouvoir est monopolisé par le Parti Communiste Chinois depuis 1949, avec des dirigeants, tous des hommes, cooptés au sein de la même clique dirigeante ! Même si Taïwan s’appelle toujours « République de Chine », son gouvernement ne prétend plus depuis longtemps représenter l’ensemble de la Chine. Cependant, il s’agit d’une authentique démocratie en terre chinoise, contredisant ainsi ceux qui prétendaient que la tradition confucéenne était incompatible avec l’éclosion d’une démocratie véritable. N’est-il pas tristement ironique que cet État démocratique et prospère ne soit pas représenté à l’ONU et qu’il soit aussi isolé diplomatiquement ?

La Chine populaire utilise sans vergogne son énorme poids économique et diplomatique pour éliminer l’identité internationale de Taïwan. Son agressivité envers l’île n’a pas diminué, malgré les investissements taïwanais en Chine continentale. La semaine dernière, Pékin a même réussi à imposer que les représentants de l’île n’assistent pas à l’assemblée annuelle de l’Organisation Mondiale de la Santé à Genève, malgré le statut d’observateur de Taïwan. Même les journalistes taïwanais n’ont pas eu le droit d’entrer dans le hall de conférence ! Joseph Wu, le ministre des affaires étrangères de Taïwan a alors déclaré que « Le gouvernement chinois prétend toujours qu’il veut gagner les cœurs et les esprits des Taïwanais, mais leurs menaces militaires et leurs assauts diplomatiques contre Taïwan ne vont pas dans ce sens ». Dans une rare interview, l’ancien président Lee Teng Hui, aujourd’hui âgé de 96 ans, n’a pas hésité à dire que « Le but de la Chine n’a jamais changé. Ce but est d’avaler la souveraineté de Taïwan, d’exterminer la démocratie taïwanaise et de parvenir à l’unification ». M. Lee réclame la tenue d’un référendum dans l’île afin de faire approuver par la population un changement d’appellation. Le pays pourrait alors abandonner le nom de « République de Chine » pour devenir, enfin, « Taïwan ».

Taïwan est longtemps parvenu à maintenir des relations diplomatiques avec un certain nombre de pays du Tiers-Monde, en Afrique, en Amérique latine, dans les Caraïbes et dans le Pacifique, grâce à une coopération de qualité. J’ai pu apprécier le travail accompli par les coopérants taïwanais lorsque que je vivais au Malaŵi. À mon arrivée au Malaŵi en 1990, j’avais été frappé par la politique étrangère originale de ce pays. L’un des aspects de cette politique avait été l’établissement de relations avec Taïwan, peu après l’indépendance, alors que la plupart des autres nations africaines nouvellement indépendantes se tournaient, déjà, vers Pékin. Certes, le président Kamuzu Banda n’avait certainement pas choisi Taïwan, à l’époque, pour des raisons philanthropiques. Son choix fut sans doute motivé par son profond anticommunisme ainsi que par ce qu’il pensait être l’intérêt de son pays.

Cette amitié entre le Malaŵi et Taïwan a longtemps survécu au président Banda, alors que certains pays d’Afrique n’hésitaient pas à faire des « allers et retours » diplomatiques entre la Chine populaire et son ennemi nationaliste, se vendant au plus offrant. Le Malaŵi est quant à lui resté fidèle à son ami de Taipeh pendant 42 années, bénéficiant largement de l’assistance taïwanaise et de sa coopération exemplaire, en particulier dans les domaines de l’agriculture et de la santé. Si le Malaŵi est devenu un pays producteur et exportateur de riz, c’est certainement grâce à l’expertise taïwanaise.

Pendant toutes ces années les autres pays du continent, qui firent le choix inverse, bénéficièrent de la coopération de la République Populaire de Chine. J’ai également vécu dans certains de ces pays. J’y ai vu les milliers de travailleurs chinois ne parlant que leur langue, envoyés par Pékin pour la réalisation de grands projets, alors que les travailleurs locaux n’étaient pas embauchés. J’ai pu constater que nombre de ces ouvriers de l’empire du Milieu ne rentraient pas chez eux. Une fois leur grand projet terminé, ils s’établissaient dans le pays et y ouvraient de petites boutiques vendant des textiles ou des chaussures bon marché ainsi que d’autres produits chinois, souvent de très mauvaise qualité. Ils créèrent ainsi une concurrence déloyale qui entraîna la fermeture de la plupart des usines textiles de ces pays. Des centaines de milliers de petits boutiquiers africains à travers le continent se retrouvèrent aussi au chômage. J’ai vu le gigantesque Mandela Stadium se construire près de Kampala, en Ouganda. Depuis son inauguration, il n’a pratiquement jamais été utilisé, et sa structure serait déjà gravement fissurée. J’ai été témoin de la destruction des forêts primaires de la partie orientale de la République Démocratique du Congo par des compagnies chinoises. Pire encore, je me souviens de ce qui s’est passé au Sud-Soudan. Là-bas, en l’an 2000, j’ai assisté à l’arrivée de milliers de femmes et d’enfants affamés et épuisés. Tous appartenaient à l’ethnie nuer. Ils avaient été chassés par l’armée soudanaise de la région de Bentiu afin que la compagnie pétrolière chinoise puisse y exploiter en toute tranquillité les gigantesques réserves de pétrole que recèle le sous-sol du Sud-Soudan. L’armée de Khartoum s’était livrée à un véritable nettoyage ethnique, n’hésitant pas à utiliser des hélicoptères de combat pour faire fuir la population locale qui vivait dans les parages des puits de pétrole.

Tout cela a été épargné au Malaŵi. Par contre, Taïwan y a envoyé des centaines de techniciens hautement qualifiés et parlant bien l’anglais. Ces derniers ont formé des milliers d’étudiants ou de travailleurs malaŵiens. D’autres ont bénéficié de bourses, chaque année, pour aller étudier dans l’ancienne Formose.  Mais tout cela changea malheureusement le 14 janvier 2008, lorsque Madame Joyce Banda[1], ministre des affaires étrangères, lut un communiqué conjoint, signé par les gouvernements de la République du Malaŵi et de la République Populaire de Chine. On y annonçait que les deux gouvernements avaient décidé, à compter du 28 décembre 2007, d’établir des relations diplomatiques. Dans le même communiqué, le Malaŵi reconnaissait qu’il n’existait qu’une seule Chine et que Taïwan en était une partie intégrante. En cela, ce communiqué contredisait le discours prononcé par le président du Malaŵi quelques mois plus tôt à l’assemblée générale des Nations Unies. Dans cette allocution, le chef de l’État avait appelé la communauté internationale à reconnaître… Taïwan. La conséquence immédiate du communiqué conjoint fut la rupture immédiate des relations diplomatiques entre Lilongwe et Taïpeh. Le gouvernement donna un mois aux diplomates taïwanais pour quitter le pays. Après 42 années d’amitié et de présence, le drapeau de la Chine nationaliste fut amené et l’ambassade fermée.

C’est avec tristesse que je dis adieu à mon ami le docteur Daniel Lu, responsable de la coopération médicale taïwanaise en Afrique, basé à Lilongwe. Nous partageâmes un dernier dîner au « Bambou d’Émeraude », un restaurant … chinois de Lilongwe, la veille de son départ pour le royaume du Swaziland, sa nouvelle affectation. Très vite, un ambassadeur de Chine populaire arriva à Lilongwe et la bannière rouge étoilée y fit son apparition. Des délégations ministérielles et autres se multiplièrent, dans les deux sens. Le Malaŵi tout entier sembla être pris d’une soudaine « Chinamania ». On attendait des milliards de dollars de Pékin, ainsi qu’un grand stade à Lilongwe et toutes sortes d’autres projets. Le gouvernement chinois s’était engagé à terminer les projets laissés en plan par Taïwan. C’était notamment le cas du nouveau parlement de Lilongwe, dont la construction, financée par Taïwan, était encore en cours lors de la rupture avec Taïpeh. Le chantier resta longtemps abandonné après le départ des taïwanais et le nouvel édifice ne put être inauguré à la date prévue. Beaucoup d’espoirs avaient été mis dans ce nouvel allié. La nouvelle ambassade de Chine populaire recevait quotidiennement des files de quémandeurs de toutes sortes, tant gouvernementaux que du secteur privé ou des organisations non gouvernementales locales. À tel point que le nouvel ambassadeur de Pékin suscita l’indignation du public malaŵien lorsque, dans une interview à un journal du pays, il compara ces prospecteurs à des mendiants… Cette déclaration ramena certainement de nombreux Malaŵiens à la réalité.

Non, tout n’était pas à attendre de la grande Chine, malgré ses prouesses économiques, son incroyable taux de croissance et son statut de nouvelle grande puissance mondiale. Pour ma part, je me contentais de rappeler à certains amis malaŵiens que, même si le « gâteau » taïwanais était plus petit que celui de Pékin, il n’était à partager qu’entre cinq pays africains et que le Malaŵi était sans doute l’un des principaux convives. Alors que le « gâteau » chinois est à partager entre 50 invités et que, parmi ces derniers, le Malaŵi est loin d’être le plus important. C’est de plus, un nouveau venu… Le choix du gouvernement malaŵien fut certainement basé sur des considérations de « realpolitik » ainsi que sur des espérances disproportionnées. Je reste cependant convaincu que la majorité du peuple malaŵien n’a pas tardé à regretter le départ de l’ami taïwanais…

Au Tchad, où j’ai également vécu et travaillé, la même histoire se produisit à la même époque, lorsque le gouvernement rompit avec Taipeh et établit des relations diplomatiques avec la Chine populaire, peu après que, tout près de la capitale N’djamena, le long pont enjambant le Logone eut été inauguré. Il avait été financé par Taïwan. Les N’djaménois l’appellent toujours le « pont taïwanais » !

Le même triste scenario vient de se dérouler au Burkina Faso. La semaine dernière, le gouvernement de l’ancienne Haute-Volta a rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan. Le ministre des Affaires étrangères expliqua que cette décision était guidée par la protection des intérêts du Burkina Faso.   Ce pays a donc rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan après avoir bénéficié de la coopération taïwanaise vingt-quatre années durant. « Le gouvernement du Burkina Faso, déclara le ministre, décide à compter de ce jour de rompre ses relations diplomatiques avec Taiwan. Cette décision est guidée par la ferme volonté du gouvernement de défendre les intérêts du Burkina Faso et son peuple dans le concert des nations et de nouer le meilleur partenariat afin de consolider les développements sociaux économiques de notre pays et de faciliter les projets régionaux et sous régionaux ». Le Royaume du Swaziland est désormais le dernier pays africain a entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan.

En avril dernier, lors d’une visite à Sainte-Lucie, j’ai été heureux de voir de nombreux projets agricoles taïwanais dans ce micro-État des Petites Antilles, qui entretient encore des relations diplomatiques avec Taïwan ! Pourvu que ça dure ! D’autant que, quelques semaines auparavant, non loin de là, la République Dominicaine avait rompu avec son allié taïwanais, succombant à son tour aux sirènes pékinoises.

Rome: ambassade de Taïwan près le Saint-Siège

La question de la reconnaissance de Taïwan par la communauté internationale n’a rien d’insignifiant. On l’a vu, Taïwan est un pays libre et démocratique.  Il est donc proprement scandaleux que cette communauté internationale ostracise à ce point un pays de plus de 23 millions d’habitants.  Aujourd’hui, il n’y a plus que 18 États qui entretiennent des relations diplomatiques avec Taïwan. Tous les autres reconnaissent la Chine populaire ainsi que la doctrine de Pékin de « Une Chine », qui considère Taïwan comme une province chinoise. La communauté internationale, lâchement, sacrifie Taïwan pour les beaux yeux (et les beaux contrats) de la dictature communiste de Pékin. Le dernier État européen entretenant des relations avec Taïpeh est le Saint-Siège. Cependant, des rumeurs persistantes indiquent que le Souverain Pontife serait désireux de parvenir à établir des relations avec Pékin, alors que les catholiques chinois et le clergé fidèles à Rome sont toujours persécutés. Les autorités communistes n’ont pas hésité à créer une « Église » officielle qui, seule a le droit de cité. Les 300 000 catholiques taïwanais jouissent quant à eux d’une totale liberté de culte. Il sera donc intéressant d’observer l’évolution de la diplomatie vaticane dans les mois et les années à venir.

Le fossé entre le continent et Taïwan ne cesse de s’agrandir. La Chine continentale et l’ancienne Formose sont devenues deux pays totalement différents. De nos jours les Taïwanais rêvent de moins en moins d’une réunification avec la Chine populaire qui les priverait de démocratie. Ils préfèrent conserver leur système démocratique et leur liberté, quitte à vivre dans l’isolement international.

Hervé Cheuzeville, 30 mai 2018.

(Hervé Cheuzeville est l’auteur de huit livres et de nombreux articles et chroniques. Ses derniers ouvrages sont « Rwanda – Vingt-cinq années de mensonges » (Editions Vincentello d’Istria, 2018)  et « Prêches dans le désert » (Editions Riqueti,2017). Basé à Bastia, il présente une chronique hebdomadaire sur les ondes de Radio Salve Regina que l’on peut suivre en direct dans le monde entier tous les jeudis à 9 heures et à 12h30 ainsi que tous les samedis à 17 heures grâce à ce site internet: http://www.ecouterradioenligne.com/salve-bastia/ ). Depuis septembre 2017 il présente également une chronique mensuelle sur Radio Courtoisie).

[1] Joyce Banda devait devenir, par la suite, présidente de la République du Malaŵi (de 2012 à 2014).

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