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Joyeux Noël !

07/11/2017 – 3:36 | No Comment | 179 views

Ma chronique d’aujourd’hui sera davantage une lettre ouverte qu’une véritable chronique. Cette lettre s’adresse à la municipalité de Bastia, ville d’où ces lignes sont écrites, mais aussi et très certainement à la plupart des municipalités …

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Vive Tintin, mille sabords !

Submitted by on 21/04/2015 – 2:11 2 Comments | 5 597 views

Tête Tintin MilouMon premier album des Aventures de Tintin me fut offert à l’occasion de mon cinquième anniversaire. Depuis lors, Tintin ne m’a plus quitté. C’est lui qui, le premier, me fit découvrir le vaste monde : grâce à lui, je suis allé au Congo Belge, trente ans avant de mettre les pieds au Zaïre, alors que ce dernier s’apprêtait à se transformer en République Démocratique du Congo. Au début de mes études secondaires, je me suis passionné pour les civilisations précolombiennes, en particulier pour celle des Incas, que Tintin m’avait permis de connaître dans « Le Temple du Soleil ». Je n’ai malheureusement pas encore foulé le sol péruvien (ça viendra peut-être un jour). Mon intérêt pour l’Egypte ancienne, ses momies et ses sarcophages est certainement né à la lecture des « Cigares du Pharaon ». Quant à ma passion pour les problèmes proche-orientaux, je la dois sans aucun doute au « Pays de l’or noir » et au « Crabe aux pinces d’Or ». « Le Lotus bleu » et « Tintin au Tibet » m’ont vraisemblablement orienté vers l’Asie, le continent où je passais le plus clair de mon temps dans les années 80. Je dois d’ailleurs très probablement mon vif intérêt pour le Bouddhisme et pour le Tibet à l’album « Tintin au Tibet ». Tintin m’a transmis l’amour de la justice, la détestation des dictatures et des dictateurs. D’Omar Hassan el-Béchir à Paul Kagame, j’ai croisé, dans ma vie itinérante, de nombreux dictateurs, tous bien plus féroces que le général Tapioca  l’adversaire du général Alcazar. Je n’ai eu de cesse de dénoncer, y compris dans mes propres livres, les esclavagistes modernes que sont les recruteurs d’enfants soldats et autres fabricants d’enfants sorciers, qui sont sans doute bien pires les trafiquants d’esclaves de « Coke en Stock ». Pour moi, le roi Muskar XII de Syldavie semble bien incarner le souverain idéal alors que le maréchal Plekszy-Gladz de Bordurie pourrait être le prototype de tous les dictateurs que connut le XXe siècle. Suivant l’exemple de Tintin qui prit d’énormes risques pour aider les Chinois à résister à l’occupation de leur pays par les Japonais, je n’ai pas eu de mots assez durs pour décrier l’occupation du Cambodge et du Laos par le Viêt Nam, ou celle du Congo/Zaïre par le Rwanda. Comme Tintin en Amérique, je n’ai guère de sympathie pour les multinationales et j’ai toujours détesté les mafias.

Je suis révolté lorsque j’entends certains bien-pensants accuser Tintin d’être colonialiste ou raciste, lui qui lutta contre les méchants Blancs au Congo belge, qui risqua sa vie pour sauver celle de Tchang l’orphelin chinois et qui prit la défense du Zorrino, le petit vendeur d’oranges amérindien. Tintin a vécu avec son temps et ses aventures sur les cinq continents (et même sur la Lune) reflètent les perceptions, les clichés et les préjugés des années 30, 40, 50 et 60, sans jamais cependant les cautionner.

Mon grand regret est que le père de Tintin, Georges Rémy alias Hergé n’ait jamais été élu à l’Académie Française. En effet, la langue française lui doit beaucoup. La liste des insultes et jurons du Capitaine Haddock n’est-elle pas d’une grande richesse ? Si ce n’est déjà fait, ne conviendrait-il de publier une anthologie de ses insultes et jurons? Quelques-uns font d’ailleurs partie, depuis longtemps, de mon propre vocabulaire, surtout lorsque mon chemin croise celui de certains moules à gaufres et autres bashi-bouzouks. Quel ne fut pas mon plaisir lorsque, durant mes séjours en Afrique anglophone, il m’a été donné de pouvoir relire, plusieurs fois, toutes les aventures de Tintin en langue anglaise. Je trouvais hilarante la découverte des insultes haddokiennes dans cette langue, comment, par exemple, « cornichon diplômé » était devenu « certified diplodocus ». J’ai même étendu ce plaisir à d’autres langues, lorsque je suis tombé sur « Le Secret de la Licorne » en thaï, ou, plus près de nous, sur « I Ghjuvelli di a Castafiora ». Au sujet de cette dernière, je me dois d’avouer avoir surnommé, au cours de ma vie, un certain nombre de mes connaissances féminines du nom de cette grande cantatrice milanaise.

Pour terminer cet éloge de mon ami de toujours, Tintin, il me faut vous confier que mon intérêt pour la bande dessinée n’a guère dépassé les aventures du petit reporter belge. Certes, j’apprécie Astérix le Gaulois et son gros compagnon Obélix, mais ces deux-là ne m’ont jamais autant fait rêver que Tintin, et surtout, ils n’ont jamais réellement influé sur le cours de ma vie d’adulte, contrairement à Tintin. Ma passion pour l’antiquité m’a plutôt fait aimer Alix, l’homologue gallo-romain de Tintin, créé par le grand Jacques Martin. L’exactitude historique, la recherche et la précision des dessins permettent sans nul doute aux jeunes et aux moins jeunes d’accomplir de fabuleux voyages dans le monde greco-romain.

Mon grand regret est que Tintin n’ait pas survécu à son auteur et que ses ultimes aventures, « Tintin chez les Picaros », datent de près de 40 ans déjà. Mais sans doute aurais-je été déçu à la lecture d’aventures écrites par d’autres qu’Hergé, comme je le suis souvent en lisant les albums d’Astérix publiés après la mort de Goscinny.

Pour avoir une idée du rayonnement et de l’influence de Tintin, il suffit de se rappeler que le Général de Gaulle le considérait comme son seul rival international. Tintin, le premier, m’a donné le goût de la lecture. Je souhaite que des millions d’enfants, de jeunes et de moins jeunes, à travers le monde, puissent aussi, grâce à lui, acquérir ce goût, que dis-je, cette passion ! Alors, tonnerre de Brest, plus que jamais, permettez-moi de conclure en m’exclamant « Vive Tintin, vive Milou, vive le Capitaine Haddock, vive le Professeur Tournesol et vivent les Dupond(t) », mille milliards de mille sabords !

Hervé Cheuzeville, 13 avril 2015.

NB: J’ai lu la version originale de ce texte lors d’un café littéraire consacré à la bande dessinée, organisé par l’association « Musanostra » à l’oenothèque, à Bastia, le 13 avril 2015: http://www.musanostra.fr/BD,%20illustration,%20imaginaire%202015.html

2 Comments »

  • Dr Garitte Claude dit :

    Bravo pour votre texte,auquel j’adhère à 150%,je dirai même plus,à 150% !
    Tintinophile depuis toujours,j’ai eu 77 ans en Octobre dernier,et la chance d’obtenir une dérogation à la  » Loi de 7 à 77 ans » par mail de Stéphane Steeman,peu avant son décès (mail que je garde précieusement en souvenir de l’ex-Président des ADH !!)

    Dr Claude Garitte
    Belgique

    • admin dit :

      Merci pour votre appréciation, Dr Garitte. Elle me va droit au coeur, surtout venant de la part d’un compatriote de Tintin. Pour ma part, j’ai commencé à 5 ans, deux ans avant l’âge requis et ce, sans dérogation. Devrais-en tenter d’en obtenir une rétroactivement? Merci de bien vouloir transmettre ma demande à qui de droit. Seilleurs mentiments, je dirais même plus, meilleurs sentiments. Hervé Cheuzeville, Bastia, Corse.

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